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Un concert d'éloges pour Marc-André Bédard de la part d'anciens premiers ministres

Marc-André Bédard

Marc-André Bédard a été candidat pour une première fois pour le Parti québécois dans la circonscription de Chicoutimi en 1970.

Photo : Radio-Canada

Les éloges étaient nombreux à la suite du décès de l'ancien ministre de la Justice, emporté par la COVID-19 mercredi matin à l'hôpital de Chicoutimi, allant des anciens premiers ministres du Québec, Lucien Bouchard et Pauline Marois, à l'actuel, François Legault.

Peu importe l'allégeance politique, tout le monde s'entend pour dire que la contribution de Marc-André Bédard a été immense tout au long de sa carrière politique, mais aussi tout au long de sa vie.

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Marc-André Bédard

Décès de l’ancien ministre péquiste Marc-André Bédard

Photo : Radio-Canada

Une force tranquille, selon Pauline Marois

L'ex-première ministre du Québec, Pauline Marois, qui est très proche de la famille Bédard, a parlé d'un homme intègre et d'un souverainiste convaincu jusqu'à son dernier souffle.

J'ai été marquée par, je dirais, cette espèce de grande force tranquille qu’il représentait. On savait qu’on pouvait compter sur lui, que lorsqu’une décision se prenait et qu’il la supportait, elle risquait d’avoir des assises solides, a raconté celle qui a été première ministre de 2012 à 2014.

Pauline Marois a réalisé un mandat complet à titre de députée avec M. Bédard, soit de 1981 à 1985. Elle se souvient du travail incessant qu'il faisait pour promouvoir la souveraineté. Il m’a dit toutes les semaines, quelques fois par semaine, je vais dans un café, je rencontre des gens, je vais au bureau de comté et je rencontre des gens, je leur explique comment on peut faire avancer le projet de souveraineté et d’indépendance. Il n’a jamais lâché, a continué celle qui était déjà présente au sein du gouvernement à titre d'attachée de presse de Jacques Parizeau alors qu'il était ministre des Finances.

Elle a aussi été proche collaboratrice de deux de ses fils, soit Stéphane et Éric. C’était un homme droit, un homme intègre, un homme très loyal, un homme de conviction. Il ne voulait pas prendre de décision trop rapide qui n’aurait pas été bien évaluée, mais une fois qu’il avait fait cette démarche-là, c’était formidable parce qu’on pouvait vraiment compter sur lui. Il défendait ses projets et il les mettait de l’avant, a conclu Mme Marois, qui avait nommé Stéphane Bédard au poste de président du Conseil du Trésor.

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Marc-André Bédard et Pauline Marois.

Pauline Marois réagit au décès de l’ancien ministre Marc-André Bédard

Photo : Radio-Canada

Lucien Bouchard perd un ami proche

Lui aussi un fils du Saguenay–Lac-Saint-Jean, un autre ancien premier ministre du Québec, Lucien Bouchard, était visiblement peiné par la mort d'un ami proche. Il y a un moment dans la vie où dans le cas de Marc-André on est obligé d’accepter que le rideau tombe sur 60 ans d’amitié, 60 ans de partage, a énoncé M. Bouchard.

L'ancien chef du Bloc québécois a même rappelé que c'est Marc-André Bédard, en pleine crise d'Octobre, qui lui a fait signer sa carte de membre du Parti québécois, alors qu'initialement il n'était pas souverainiste.

Il a dit justement se rappeler de tout le travail de terrain qu'a fait M. Bédard, pour notamment convaincre les gens un par un, ce qu'il préférait, de l'importance de la cause souverainiste. Marc-André est arrivé dans la politique par la grande porte, par la porte d’un engagement total envers la souveraineté. En réalité, c’est lui certainement qu’on peut dire, sans se tromper, sans exagération, que c’est lui qui a planté les premières bases du Parti québécois et de la souveraineté et de la cause souverainiste au Saguenay-Lac-Saint-Jean. C’était le premier, il a recruté les premiers membres, les premiers pionniers. Il a fait œuvre de fondateur, d’apôtre, de pionnier au début avec son bâton de pèlerin dans les années 60. Et donc M. Lévesque, quand il passait au Saguenay-Lac-Saint-Jean, il pensait d’abord à Marc-André, s'est rappelé l'avocat.

Toujours selon M. Bouchard, ce n'est pas par hasard que Marc-André Bédard a été nommé ministre de la Justice en 1976 lors du premier mandat du PQ, mais parce que le premier ministre René Lévesque avait bien décelé ses qualités. Quand Marc-André est arrivé au gouvernement en 1976, comme ministre de la Justice, ce n’est pas comme quelqu’un qui a décidé de se présenter une bonne journée en politique et puis ah, il est élu. Je respecte ceux à qui ça arrive, mais Marc-André, ça faisait longtemps qu’il se préparait, pas pour être ministre, pas pour se promener en limousine, mais pour se battre pour la cause de la souveraineté. Une bonne journée, le Parti québécois est élu, monsieur Lévesque forme son premier cabinet. Bien sûr, à qui va-t-il confier un ministère fondamental, un ministère si important pour l’intégrité et la loyauté du cabinet? Marc-André, donc, devient ministre de la Justice, a poursuivi celui qui a dirigé le camp du Oui à la fin de la campagne du deuxième référendum sur l'indépendance du Québec en 1995.

René Lévesque et Marc-André Bédard

Marc-André Bédard était très proche de René Lévesque.

Photo : Radio-Canada

D'une intégrité absolue, d'après Gérard Bouchard

Marc-André Bédard était également un ami de longue date du frère de Lucien Bouchard, l'historien et sociologue Gérard Bouchard.

Il estime que le Québec vient de perdre une figure importante. En politique, c'était un modèle. C’était un homme d’une intégrité absolue, c’était un homme d’entente, de concorde, un homme de jugement aussi. On sait que M. Lévesque le consultait quand il avait des décisions délicates à prendre. Et c’était quelqu’un qui ne jurait que par la souveraineté. Ça remplissait sa vie, il ne vivait que pour la souveraineté. Il en était extrêmement convaincant, mais à sa manière, toujours sur un ton amical, très doux, très respectueux. Quelqu’un qui n’était pas souverainiste prenait des risques à parler avec Marc-André Bédard, s'est rappelé M. Bouchard.

Marc-André Bédard en compagnie de René Lévesque

Marc-André Bédard a participé à la fondation du Parti québécois aux côtés de René Lévesque.

Photo : Radio-Canada

Un défenseur des régions, dit François Legault

Le premier ministre actuel du Québec, François Legault, a tenu à lui rendre hommage et s'est souvenu d'un homme qui se portait à la défense des régions. Il me disait, même si moi je viens de Montréal, "Oublie pas les régions François", même si évidemment il défendait toujours son Royaume, le Saguenay-Lac-Saint-Jean, a mentionné M. Legault lors de son point de presse sur l'état de la COVID-19 au Québec.

L'ancien ministre péquiste a souligné l'excellent travail de l'ancien député de Chicoutimi. Marc-André a été un excellent ministre de la Justice, il avait même réussi à faire innocenter deux personnes qui étaient accusées et qui auraient pu avoir la peine de mort. Je pense que c’est unique au Québec, a ajouté le premier ministre.

François Legault a aussi dit qu'il a toujours aimé parler avec Marc-André. C’est un homme qui était un grand amoureux du Québec. On perd un grand homme. Je veux juste dire un énorme merci à Marc-André Bédard pour tout ce qu’il a fait pour le Québec, a-t-il conclu.

Un homme de causes sociales, pour Dominique Anglade

Même si elle ne partage pas les mêmes idéologies politiques, la cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, a souligné l'apport indéniable de M. Bédard à l'avancement du Québec et de plusieurs causes sociales. Je pense que sa contribution est marquante. Évidemment, les postes qu’il a occupés au niveau politique, mais aussi pour sa contribution aux causes sociales, son engagement dans des domaines évidemment qui interpellent toute la région du Saguenay-Lac-Saint-jean. On pense à la forêt, on pense à l'aluminium, on pense à des causes sociales, on pense à l’homophobie, il y a beaucoup de choses dans lesquelles il s’est impliqué socialement et je pense que c’est ce que les gens vont retenir. Oui, il a été ministre de la Justice, oui il a été vice-premier ministre, mais il a surtout été un homme d’engagement et de cœur, a fait savoir Mme Anglade.

Avec Jean-François Coulombe, Priscilla Plamondon Lalancette et Chantale Desbiens

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