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Un biochimiste francophone reconnu pour son influence à Calgary

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Antoine Dufour dans un couloir de l'Université de Calgary.

À 39 ans, Antoine Dufour, docteur en biochimie, fait parti du palmarès 2020 du magazine Avenue qui dresse chaque année la liste des 40 personnes de moins de 40 ans qui “font avancer Calgary”.

Photo : Radio-Canada

Chaque année le magazine Avenue dresse une liste des 40 personnes de moins de 40 ans qui font, selon eux, avancer Calgary. Cette année le biochimiste francophone Antoine Dufour en fait partie.

Des protéases, des ciseaux moléculaires, voilà sur quoi se concentrent les études d'Antoine Dufour et de son équipe de chercheurs.

Ils sont au nombre de 473 dans notre organisme et on ne connaît le mécanisme que de peut-être 150 ou 200 d’entre eux seulement, explique le biochimiste. Ces ciseaux moléculaires sont aussi présents dans les bactéries et les virus et ceux-ci sont encore moins connus.

Jour après jour, le scientifique et son équipe tentent de comprendre l'infiniment petit qui nous compose.

Au quotidien, dans leur laboratoire, ils s’attaquent au cancer, à la dystrophie musculaire, à l'arthrite rhumatoïde, à la maladie de Crohn, entre autres, avec pour but de comprendre pourquoi une personne répond de manière positive à un médicament contrairement à une autre.

Visualisation au microscope de différentes cellules et bactéries.

Antoine Dufour travaille dans le monde de l'infiniment petit qui nous compose. Ici, des cellules immunitaires (macrophages) engouffre des bactéries. Un procédé qui s’appelle la phagocytose. En bleu, on peut voir le noyaux des cellules.

Photo : Courtesy of Antoine Dufour

Antoine Dufour est docteur en chimie et biochimie, assistant professeur au département de physiologie et de pharmacologie et au département de biochimie et biologie moléculaire à l’école de médecine de Cummings et directeur scientifique du centre de spectrométrie de masse du sud de l'Alberta à l'Université de Calgary.

Un titre bien long qu'il résume ainsi : Je suis un enfant qui vient au boulot jouer tous les jours en essayant de découvrir de nouveaux trucs en science.

Pourtant cet enfant de 39 ans se destinait à écumer les patinoires plus que les laboratoires. Avant les protéases, il y avait la rondelle et le hockey.

En science comme au hockey, surprendre l’adversaire

À 17 ans, le Québécois est recruté pour jouer dans la ligue de hockey junior de l’Ouest (WHL) avant de prendre la direction des États-Unis où il combine sa passion du hockey avec sa soif de savoir en étudiant la science.

Mon amour de la science est devenu plus grand que mon amour du hockey, confie-t-il.

Il se lance alors dans de longues études qui le mèneront jusque dans un laboratoire de recherche de l'Université de Calgary.

Au hockey, on essaye tout le temps de trouver des stratégies qui peuvent déjouer l’adversaire, en science c’est la même chose.

Dr Antoine Dufour, biochimiste

Son adversaire du moment, comme pour la quasi-totalité du monde de la recherche médicale, est la COVID-19. Un adversaire sournois, qui a surpris la planète au complet, et très intelligent car le virus a plusieurs stratégies pour infecter, dit-il.

C’est là que son laboratoire entre en jeu. Son équipe tente de trouver des points communs et des différences dans le sang de patients atteints de la maladie, de patients qui en sont guéris, mais aussi de gens sous respirateur qui n'ont pas la COVID-19.

Laurent Brechenmacher (à gauche) et Antoine Dufour) à droite) discute dans un laboratoire.

Antoine Dufour (à droite) en compagnie de son collègue Laurent Brechenmacher (à gauche).

Photo : Radio-Canada

En tant que scientifique on devient humble très rapidement parce qu’on se rend compte à quel point on ne comprend pas beaucoup de choses sur une maladie même si un médicament est disponible. Ça peut prendre des années, des décennies avant de mieux comprendre comment la maladie marche, explique Antoine Dufour.

C’est vraiment dans notre ADN de scientifique de ne pas comprendre les choses au début (...) mais ce n’est pas dans l’ADN de l’opinion publique qui attend une réponse rapide.

Dr Antoine Dufour, biochimiste

Antoine Dufour rappelle qu'il mène de longues batailles, mais qu'à l'inverse du joueur de hockey, le scientifique accepte la défaite quotidienne, celle de ne pas trouver toutes les réponses, le poussant à chercher encore et encore.

Pour lui, faire partie du palmarès du magazine Avenue représente une chance de partager son travail et celui de son équipe, car il rappelle que c’est avant tout le travail de dizaines de chercheurs qu’il porte et représente.

C’est une bonne plateforme pour illustrer des gens qui ne sont pas connus de tout le monde, mais qui ont un effet important sur la société, croit-il.

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