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Donald Trump gracie son ancien conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn

Plan rapproché de Michael Flynn, qui regarde devant lui.

Michael Flynn a reconnu avoir menti à l'équipe du procureur spécial Robert Mueller.

Photo : Reuters / Joshua Roberts

Le président américain Donald Trump a annoncé mercredi sur Twitter avoir gracié son ancien conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn, accusé d’avoir menti au FBI lors de l’enquête sur l'ingérence russe dans l'élection présidentielle de 2016. Son geste a rapidement été dénoncé par les démocrates.

Le site Axios, d'abord, suivi d'autres médias, avait rapporté mardi que le président Trump envisageait de le faire, mais la décision était prévisible depuis longtemps. Donald Trump avait lui-même évoqué cette possibilité.

Il en a fait l'annonce dans un tweet, affirmant que c'était pour lui un grand honneur de communiquer cette décision qui permettrait à son ancien collaborateur et à sa famille de passer une Action de grâces vraiment fantastique.

Sa décision apporte le point final à une des causes les plus importantes ayant découlé de l'enquête sur l'ingérence de la Russie dans la présidentielle de 2016 et une éventuelle coordination entre Moscou et le camp Trump.

Les élus démocrates n'ont pas tardé à critiquer le geste du président sortant, la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, allant jusqu'à dénoncer un acte grave de corruption et un abus de pouvoir éhonté.

Que Trump accorde sa grâce présidentielle n'efface pas la vérité, a souligné le président du Comité de la Chambre sur le Renseignement, Adam Schiff, rappelant que Michael Flynn avait lui-même reconnu sa culpabilité à deux reprises.

Donald Trump a abusé à plusieurs reprises du pouvoir de grâce pour récompenser ses amis et protéger ceux qui l'ont couvert, a-t-il aussi dénoncé.

Il n'est pas surprenant que Trump parte comme il est arrivé – corrompu jusqu'à la fin.

Adam Schiff, président du Comité de la Chambre des représentants sur le Renseignement

Cette grâce est imméritée et immorale. Elle entache encore plus l'héritage du président Trump, qui s'estompe rapidement, a de son côté estimé le président du Comité judiciaire de la Chambre des représentants, Jerry Nadler.

Dans un communiqué, la porte-parole de la Maison-Blanche, Kayleigh McEnany, a soutenu que cela mettait un terme à la poursuite partisane et implacable d'un homme innocent.

Sur Twitter, Michael Flynn a pour sa part fait référence à des passages de la Bible, dont l'un dit : Ils te feront la guerre, mais ils ne te vaincront pas, car je suis avec toi pour te délivrer.

Dans un communiqué, sa famille a célébré une victoire pour la Constitution, condamnant ce qu'elle a appelé la corruption vicieuse et profondément enracinée des institutions gouvernementales et les individus vengeurs qui voulaient détruire Michael Flynn et notre pays dans un mépris honteux de la justice et de la règle de droit.

Les médias américains s'attendent que cette grâce présidentielle soit la première d'une longue série avant le départ de Donald Trump de la Maison-Blanche, dans une cinquantaine de jours.

Michael Flynn n'est pas le premier collaborateur de Donald Trump à bénéficier de sa clémence, après avoir été accusé dans le dossier russe.

En juillet dernier, le président avait commué la peine de son ancien conseiller Roger Stone, condamné à 40 mois de prison pour avoir tenté de faire dérailler des enquêtes du Congrès et du FBI sur les liens entre Moscou et l'équipe de campagne présidentielle du candidat républicain.

Une longue saga judiciaire

Accusé d'avoir menti au FBI au sujet de ses conversations avec l’ambassadeur russe à Washington, Sergueï Kisliak, peu avant l'entrée en fonction du président Trump, Michael Flynn avait reconnu sa culpabilité à deux reprises : une fois en décembre 2017 en cour fédérale, puis l'année suivante, au cours d'une audition sur sentence qui avait avorté.

Au cours de l'enquête sur la Russie, il avait accepté de collaborer avec le FBI, et le procureur spécial Robert Mueller n'avait sollicité aucune peine d'emprisonnement pour l'ancien collaborateur du président, invoquant son aide considérable dans l'investigation.

Mais Michael Flynn s'était ensuite rétracté après avoir embauché de nouveaux avocats, qui l'avaient présenté comme la victime d'un complot partisan. Il comptait parmi ses nouveaux avocats Sidney Powell, l'une des membres de l'équipe judiciaire de la campagne Trump liée aux contestations judiciaires de la présidentielle de 2020, mais avec laquelle le camp du président a été contraint de prendre ses distances.

Michael Flynn avançait que les procureurs du FBI avaient violé ses droits, inventé les accusations portées contre lui et dissimulé des preuves et qu'ils l'avaient contraint à signer une reconnaissance de culpabilité.

En mai 2020, dans un geste exceptionnel, le département de la Justice dirigé par William Barr avait laissé tomber les accusations de parjure qui pesaient contre lui, une mesure extrêmement inhabituelle lorsqu'un accusé a déjà reconnu sa culpabilité.

Le juge chargé du dossier avait pourtant souligné que Michael Flynn avait commis un crime très grave, pour lequel il risquait une peine d'emprisonnement de cinq ans.

Il n'avait pas encore statué sur la requête du département de la Justice, qui a elle-même fait l'objet d'une bataille judiciaire.

Même si son ancien conseiller avait initialement reconnu sa culpabilité, Donald Trump avait défendu un homme innocent et pourfendu les procureurs.

Premier conseiller à la sécurité nationale du président Trump, Michael Flynn avait été congédié à peine trois semaines après son entrée en fonction, parce qu'il avait menti au FBI et au vice-président Mike Pence à propos de ses contacts avec Moscou.

Le niveau de confiance entre le président Trump et le général Flynn s'est érodé à un point où il a senti qu'il devait faire un changement, avait alors expliqué le porte-parole de la Maison-Blanche de l'époque, Sean Spicer.

Le président Trump avait de son côté dit dans un tweet devoir lui montrer la porte, en criant du même souffle à l'injustice.

J'ai dû congédier le général Flynn parce qu'il a menti au vice-président et au FBI. Il a reconnu sa culpabilité.

Donald Trump, le 12 février 2017

C'est une honte, parce que ses actions pendant la transition étaient légales. Il n'y avait rien à cacher! avait-il ajouté.

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