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Des agences de voyages de l’Abitibi-Témiscamingue « sur le respirateur artificiel »

L'océan dans toute sa splendeur aux Bahamas. Great Exuma Island.

Les touristes choisissent normalement des destinations soleil comme les Bahamas (archives).

Photo : Radio-Canada / Julie McNicoll

L’approche de la période des Fêtes et l’arrivée de l’hiver coïncident généralement avec une hausse des réservations dans les agences de voyages, plus particulièrement pour les destinations soleil. Durement touchée par la pandémie depuis le mois de mars, l’industrie doit se résigner à perdre d’importants revenus qui sont normalement acquis à cette période de l’année.

Des palmiers surplombent une plage ensoleillée.

Une plage des Caraïbes.

Photo : Reuters / Charles Platiau

Conseiller en voyages chez Voyage Globallia de Rouyn-Noranda, André Gélinas indique que le désir des gens de voyager est bien présent, mais que la quarantaine de 14 jours imposée au retour au Canada représente un frein pour la grande majorité des clients.

Habituellement, on a un gros bassin de clients qui voyagent un petit peu avant Noël, dans des températures assez clémentes, comme celles des Caraïbes. Malheureusement, à cause de la COVID et de la quarantaine qu’on doit subir au retour, les gens sont un petit peu plus réticents à voyager. L’engouement est là pour voyager, mais à cause de ces détails-là, les gens ne veulent pas prendre de chances , affirme M. Gélinas.

Le propriétaire de l’agence Voyage Vasco des Eskers, Éric St-Cyr, abonde dans le même sens au sujet de la quarantaine, et ajoute qu’une aide gouvernementale, en plus de la subvention au loyer commercial, est requise.

Eric St-Cyr prend un autoportrait devant un plan d'eau.

Eric St-Cyr, copropriétaire de l’Agence de voyage Vasco des Eskers (archives)

Photo : Radio-Canada / Gracieuseté

La vérité? C’est difficile, très très difficile. En plus de ne pas avoir nécessairement d’aide gouvernementale, je dirais que les gens n’ont pas nécessairement la tête à voyager. Ils veulent voyager, mais n’ont pas la tête à ça à cause de la quarantaine. Donc malheureusement, nous, les agences, on écope à plus de 100% , se désole M. St-Cyr.

Il y a l’aide au loyer, mais tous les autres frais fixes, on doit les payer. Ça ne couvre même pas le minimum pour rester en vie. En bon français, on est sur le respirateur artificiel.

Éric St-Cyr

Alors que le premier ministre François Legault demande aux Québécois d’éviter les voyages dans le Sud jusqu’à l’arrivée d’un vaccin, Éric St-Cyr croit pour sa part que les chances de contracter la COVID-19 sont plus élevées à bien des endroits au Québec que dans les établissements hôteliers des Caraïbes.

Une cliente qui est revenue il y a deux semaines m’expliquait que pour entrer dans le restaurant, ils désinfectaient même ses souliers. On est rendu loin dans la désinfection. Que M. Legault dise que les voyages rapportent le virus, quant à moi, c’est non , considère-t-il.

Du côté de La Sarre, la copropriétaire du Club Voyages Excellence, Jacynthe Goulet, explique que l’achalandage a baissé de plus de 95% par rapport à la même période les années précédentes. Alors qu’une cinquantaine de réservations par semaine pouvaient être effectuées dans les deux mois précédant les fêtes, ce chiffre a diminué cette année à environ deux réservations par semaine.

D’après Mme Goulet, la faible demande qui subsiste est largement due à la flexibilité des transporteurs quant aux annulations de dernière minute. On a encore des demandes de voyages, parce que les compagnies, les fournisseurs de voyages, ont de belles politiques pour les annulations pour la COVID. Que les gens puissent annuler jusqu’à très peu de jours avant le départ sans pénalité, ça aide beaucoup , soutient-elle.

Vue d'un avion sur les collines de Madagascar.

Vue sur les collines de Madagascar (archives).

Photo : Radio-Canada / Chloé Dioré de Périgny

Pour favoriser une relance progressive de l’industrie, Jacynthe Goulet aimerait que le gouvernement fédéral accorde une plus grande importance à la réalité des Canadiens en ce qui a trait aux mesures imposées lors du retour au pays.

Ce que les gens attendent, c’est que le fédéral ouvre les frontières à nouveau. Qu’il nous permette, du moins, de voyager sans avoir la quarantaine de 14 jours. C’est ça qui fait mal aux voyageurs. Vous prenez 7 jours de vacances à l’étranger, et vous devez vous absenter du travail 21 jours , rappelle-t-elle.

Un constat émerge chez l’ensemble des agences de voyages contactées, l’arrivée d’un vaccin contre la COVID-19 fera un très grand bien à l’industrie, qui peine présentement à garder la tête hors de l’eau.

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