•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Comment l'Australie a réduit à près de zéro le nombre de cas de COVID-19

Des gens jouent au volleyball sur une plage de Sydney.

L'Australie est un des rares pays au monde à avoir brisé la deuxième vague de la COVID-19.

Photo : Reuters / LOREN ELLIOTT

Radio-Canada

Contrairement à d’autres pays, dont le Canada, qui visent à maintenir les nouvelles infections de COVID-19 à un niveau qui ne submergera pas le réseau de la santé, l’Australie a entrepris d'éliminer pratiquement le virus de son territoire.

Quand l'Australie a été frappée par une augmentation majeure du nombre de nouveaux cas de COVID-19 à la fin du mois de juillet, quelques semaines après avoir vaincu la première vague, elle a imposé un des plus longs confinements au monde à Melbourne, par exemple, obligeant la fermeture de presque tout établissement, à l’exception des épiceries et des hôpitaux, pour environ quatre mois.

Dans plusieurs villes, des barrages routiers ont été aménagés pour contrôler les déplacements et s’assurer que les gens restent à la maison. Quand les restrictions ont été assouplies, il y avait un couvre-feu nocturne que les citoyens devaient respecter.

Pendant le confinement, les gens n’étaient pas autorisés à se trouver à plus de cinq kilomètres de chez eux dans certaines régions du pays. Contrevenir à cette règle pouvait entraîner une amende de 1300 $ CAN.

Les policiers vérifient les lieux de résidence des automobilistes sur leur permis de conduire dans un barrage routier en banlieue de Melbourne au mois de juillet.

Les policiers vérifient les lieux de résidence des automobilistes sur leur permis de conduire dans un barrage routier en banlieue de Melbourne au mois de juillet.

Photo : Getty Images / Wiliam West

Au début, le réseau de l’éducation a bénéficié d'un congé prolongé, puis l’enseignement s’est fait entièrement en ligne dans bien des cas. Les restrictions étaient parfois si draconiennes dans certaines zones qu’il devenait illégal de promener son chien sur sa propre rue.

Ce ne sont pas des règles qui sont contre vous, ce sont des règles pour vous, a dit le premier ministre de l’État de Victoria, Daniel Andrews, dans une déclaration le 8 novembre, rappelant à la population l’objectif poursuivi par ces contraintes.

C’est à propos de votre sécurité, votre emploi, votre communauté, votre famille, votre État, a-t-il ajouté.

Les Australiens arrivant au pays en provenance de l’étranger devaient préalablement remplir une demande de retour. Il y avait un maximum d’entrées permises par jour. Toute personne rentrant au pays était obligée de se placer en quarantaine dans des hôtels désignés par le gouvernement et parfois surveillés par des militaires.

Le premier ministre d'Australie-Méridionale, Steven Marshall, l'a dit sans ambiguïté lors d'un discours public prononcé le 17 novembre : Il n'y a pas de deuxième chance pour arrêter une seconde vague.

Un homme promène son chien.

Un homme promène son chien le long de Bondi Beach, à Sydney. Dans certaines localités, il était interdit de sortir avec son animal pour faire une balade.

Photo : Reuters / Loren Elliott

Le coût à payer

La stratégie australienne a fonctionné en grande partie. Le nombre de nouveaux cas nationaux a atteint un sommet le 5 août dernier avec 739 personnes contaminées mais, depuis, le nombre de victimes n'a cessé de diminuer. La plupart des municipalités n’ont pas enregistré de nouveaux cas d’infection pendant des semaines.

Cette réduction substantielle du nombre de cas s’est faite au prix de la perte d’un million d’emplois au pays et de milliers d’entreprises qui ont fait faillite. Or cela en valait la peine, selon la Dre Nancy Baxter, qui dirige la faculté de santé publique de l’Université de Melbourne.

On ne peut pas avoir une économie qui fonctionne bien avec une pandémie qui fait rage. Ce n’est pas l’économie contre des vies, a-t-elle affirmé à CBC News.

La Dre Nancy Baxter, d'origine canadienne, a déménagé à Melbourne juste avant que la ville ne débute son premier confinement. Elle dit s’inquiéter pour ses amis au Canada, où la stratégie pour combattre la pandémie est très différente.

Nancy Baxter devant un mur blanc.

Nancy Baxter est une médecin d'origine canadienne qui dirige la faculté de santé publique de l’Université de Melbourne.

Photo : CBC News

C'est assez choquant d’apprendre ce qui se passe en ce moment en Ontario. On dirait que les responsables de la santé publique disent une chose au gouvernement, qui n’est pas celle qu’il désire entendre, dit-elle, déplorant le fait que le gouvernement n’intervient pas pour stopper la propagation de l’épidémie.

Mme Baxter s’exprimait ainsi avant que l’Ontario ne décrète un confinement dans la grande région de Toronto le 23 novembre. Pourtant, alors que le nombre de cas déclarés de coronavirus bat des records dans certaines provinces, nulle part au Canada un gouvernement n'a imposé des mesures comme l’a fait l'Australie.

Les Australiens ont dans l'ensemble accepté la décision du gouvernement et suivi les directives, respectant les restrictions les plus sévères au monde en matière de lutte contre la pandémie.

Parce qu'elle est entourée d'eau, l'Australie a la possibilité de limiter radicalement l'entrée de visiteurs au pays.

Le Canada, quant à lui, est très dépendant des chauffeurs de camions de livraison pour acheminer denrées alimentaires et autres biens de nécessité des États-Unis au pays. D’ailleurs, ils font partie des travailleurs jugés essentiels et sont donc exemptés des exigences de quarantaine par les autorités sanitaires.

Jason Dutton pose devant des rideaux fermés.

Jason Dutton est un professeur de chimie d'origine canadienne vivant à Melbourne.

Photo : CBC News

L’Australie est unique en ce sens que nous pouvons vraiment contrôler qui entre et qui sort du pays, affirme Jason Dutton, un professeur de chimie vivant à Melbourne.

Nous avons choisi la bonne voie, celle de la suppression agressive jusqu'à zéro, estime cet autre expatrié canadien. Jason Dutton remarque que la fatigue liée à la pandémie ne s’est pas manifestée en Australie comme on peut le constater ailleurs sur la planète.

Lorsque le gouvernement a tranché et qu'il a rendu les masques obligatoires au cours de la première semaine d'août, il y a eu à peu près 20 secondes de chialage et, par la suite, tout le monde s’est montré avec un masque assorti à sa chemise, souligne-t-il.

Le vrai test

L’heure du vrai test a sonné en Australie. Les mesures restrictives ont été assouplies et les bars et restaurants ont rouvert après une longue fermeture. Le pays attend de voir si cela conduira à une flambée des infections. Cet enjeu est très sensible, car il y a une volonté générale d'éradiquer rapidement toute réapparition du virus.

À Adélaïde, où aucun cas actif de COVID-19 n’a été détecté en septembre, une seule toux diagnostiquée dans un hôpital de la ville a automatiquement déclenché un confinement de six jours pour briser toute propagation.

Une femme âgée avait bel et bien contracté la COVID-19. Le travail de traçage a permis de repérer une trentaine d’autres cas d’infections.

Des milliers d'habitants de la ville ont été invités à subir un test de dépistage. Un confinement généralisé a été décrété pour éradiquer la présence du coronavirus.

Un habitant d’Adélaïde a résumé l’état d’esprit de la population à un média local : C'est logique, n'est-ce pas? Nous ne voulons pas finir comme d'autres parties du monde.

D’après un reportage de David Common de CBC News

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !