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L’identité du tireur au cœur des plaidoiries au procès de Marc-Étienne Côté

Marc-Étienne Côté

Marc-Étienne Côté

Photo : Sûreté du Québec

Gilles Munger

Marc-Étienne Côté était-il bien l’homme qui a tiré deux coups de feu et tué Israël Gauthier-Nepton vers 3 h, dans la nuit du 20 novembre 2016? Cette question de l’identification du tireur est un point central des plaidoiries des avocates au procès de l’homme de 40 ans accusé de meurtre au second degré.

La représentante de la direction des poursuites criminelles et pénales, Nicole Ouellet, estime avoir fait la preuve hors de tout doute raisonnable , que Marc-Étienne Côté est bien le meurtrier d’Israël Gauthier-Nepton. Elle a évoqué un casse-tête un peu usé après quatre ans d’enquête, mais dont les pièces s’imbriquent parfaitement.

Pour Me Nicole Ouellet, il est clair que le tireur était Marc-Étienne Côté. Un ami de la victime, Dave Bussière, avait poussé l’accusé par terre avant les coups de feu, il a vu son visage, l’éclairage était suffisant et il a immédiatement identifié l’homme qu’il avait déjà rencontré quelques semaines auparavant.

Nicole Ouellet derrière des micros

La procureure aux poursuites criminelles et pénales, Nicole Ouellet. (archives)

Photo : Radio-Canada / Rémi Tremblay

L’avocate de la Couronne précise que deux témoins ont vu une arme à la ceinture de Marc-Étienne Côté dans la soirée précédant le meurtre. Elle ajoute que deux amis de l’accusé ont témoigné que ce dernier était sorti de l’appartement où il avait passé la soirée lorsque deux coups de feu ont été tirés.

La procureure souligne aussi que Marc-Étienne Côté s’est sauvé pendant neuf mois après le meurtre, ajoutant qu’il s’était fait pousser la barbe et les cheveux, en plus d’avoir pris la fuite lors de son arrestation.

Des versions invraisemblables

À l’inverse, l’avocate de Marc-Étienne Côté, Mélissa Gagnon, estime qu’il manque beaucoup trop de pièces dans le casse-tête de la Couronne pour prouver la culpabilité de son client. Elle soutient que le principal témoin, Dave Bussière, a livré des versions contradictoires au fil des interrogatoires qu’il a subis et qu’il était en état d’ébriété lors des événements.

Selon la défense, le témoin a affirmé lors du procès que Marc-Étienne Côté aurait sorti une arme de la poche d’un manteau de cuir brun alors qu’il avait parlé de la poche droite d’un pantalon et d’un chandail à manches longues dans des versions précédentes.

Le témoin s’est aussi contredit, selon l’avocate, sur le nombre de silhouettes comptées lors de sa fuite, les heures où il aurait utilisé son cellulaire et la quantité d’alcool consommée en soirée.

Il n’est même pas capable de se souvenir de ses menteries , conclut l’avocate Mélissa Gagnon, ajoutant que si on se fait attaquer comme ça dans la rue, on se souvient de l’événement .

Au sujet de la fusillade, elle parle d’une possible histoire de vente de drogue, peut-être d’autre chose , ajoutant qu’il n’y avait jamais eu de prélèvement sur Dave Bussière, sur le sang qu’il avait sur les mains, ni sur la possibilité qu’il puisse y avoir de la poudre d’arme à feu sur ses vêtements.

Jamais ils ne l’ont considéré comme suspect, jamais il n’a été suspecté , dit l’avocate, qui souligne aussi que lors de son arrestation, Marc-Étienne Côté a laissé entendre que Dave Bussière et la victime étaient armés durant la nuit du 20 novembre 2016.

Quant à Steeve Marquis, l’ami chez qui Marc-Étienne Côté a passé la soirée, l’avocate parle d’un témoignage qui ne fait aucun sens, soulignant que l’appartement de ce témoin n’a pas été analysé par les policiers-experts.

Elle met aussi en doute les témoignages du témoin du dépanneur et de Steeve Marquis qui disent avoir vu un étui noir avec une crosse d’arme à la ceinture de Marc-Étienne Côté. Elle n’a toutefois pas expliqué pourquoi les témoins avaient avantage à mentir à ce propos.

La défense a également remis en question le travail des policiers qui n’ont jamais trouvé l’arme du crime et qui n’ont pas fait fouiller un conteneur à déchets situé à proximité.

Par contre, ni la défense ni la direction des poursuites criminelles et pénales ont remis en question les éléments suivants : des coups de feu ont été tirés lors d’une altercation vers 3 h du matin sur la rue du Vieux Pont de Jonquière, le 20 novembre 2016; Israël Gauthier Nepton a été retrouvé plusieurs heures plus tard; il a été abattu d’une balle au bas du dos, une balle tirée d’un revolver à plus d’un mètre de distance.

Délibérations la semaine prochaine

Après les plaidoiries, le juge Carl Thibeault de la Cour supérieure a annoncé qu’il donnera ses directives au jury lundi matin, juste avant que ceux-ci soient séquestrés pour les délibérations.

Le juge prévoit réviser les points de droit en cause dans le procès de Marc-Étienne Côté pendant environ trois heures. Les jurés sont invités à ne pas parler de quoi que ce soit du dossier ni tenter chercher de l’information, tant dans les réseaux sociaux que sur les médias traditionnels.

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