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Analyse

Le projet de mur anticrue pour la rivière Lorette toujours sur la table

La rivière Lorette

La rivière Lorette

Photo : Radio-Canada / Bruno Giguère

La Ville de Québec confirme qu'elle négocie depuis deux ans avec le ministère de l'Environnement pour trouver une solution permanente pour contrôler les débordements de la rivière Lorette, dont la construction d'un mur anticrue.

En effet, le mur anticrue fait toujours partie des scénarios envisagés selon ce qui est inscrit dans le plan d'investissement quinquennal (PIQ) dévoilé en début de semaine par l'administration Labeaume. Le mur avait complètement disparu des projets d'investissements de la Ville.

Lors de l'étude du PIQ mardi, le directeur de la division de la réalisation des projets d'état, Guy Laliberté, a confirmé que les discussions en cours pourraient déboucher sur une entente. On est condamné à s'entendre, a-t-il simplement résumé.

L'administration municipale a réservé 35 millions de dollars pour les cinq prochaines années pour réaliser des travaux permanents. Ce montant représente ce que la Ville estime être mesure de débourser pour boucler une fois pour toutes le dossier des inondations qui traîne depuis 15
ans.

Les inondations près de la rivière Lorette

Les inondations près de la rivière Lorette en 2013 (archives)

Photo : Radio-Canada

Une somme de 3,4 millions pourrait être utilisée dès l'an prochain, notamment pour acquérir des servitudes et des terrains le long de la rivière Lorette.

Abandon du mur anticrue

Il y a trois ans, la Ville avait mis fin au projet de mur anticrue à la suite de la publication du rapport du BAPE. L'organisme avait émis 36 recommandations en plus de poser 13 nouvelles questions. Les ajustements proposés représentaient une dépense supplémentaire de plus de 100 millions de dollars. L'administration Labeaume avait abandonné le projet, jugé trop dispendieux.

Le maire Labeaume avait également critiqué la décision du ministère de l'Environnement de ne pas reconnaître qu'une fois les travaux complétés, la zone touchée ne serait plus considérée comme inondable.

Ç'a toujours été un prérequis pour la Ville de Québec d'investir des sommes importantes pour la rivière Lorette à la condition que les gens soient exclus de la zone inondable, a rappelé Guy Laliberté.

Reprise du dialogue

Il avait été alors convenu de trouver une façon sécuritaire de rendre permanentes les digues de sable qui protègent les riverains depuis 2013.

Le directeur général de la Ville, Luc Monty, explique qu'une première rencontre avec le sous-ministre de l'environnement a eu lieu l'an dernier. Il a été décidé de réaliser les travaux par phase. On chemine bien depuis deux ans, estime-t-il.

Les équipes de la Ville et du ministère ont revu une à une les recommandations du BAPE. La Ville a convenu de certains travaux. Il reste encore à négocier l'infrastructure finale. Le directeur de la division de la réalisation des projets d'état ne veut pas confirmer que le mur anticrue est le seul scénario sur la table. On va établir un concept qu'on rendra public lorsqu'on sera suffisamment avancé.

L'administration Labeaume doit d'abord vérifier si les ouvrages déjà en place sont récupérables, avant d'opter pour un autre scénario. Guy Laliberté confirme toutefois que certaines digues temporaires devront être reconstruites si la Ville veut les maintenir.

Première pelletée de terre

Le regroupement des sinistrés de la rivière Lorette savait que la Ville de Québec n'avait pas complètement abandonné le projet de mur anticrue. « Ça fait du bien de voir les montants dans le PIQ » se réjouit Denis Lavoie, porte-parole des sinistrés.

Il souligne cependant que si le mur lève de terre selon les dernières prévisions, il se sera écoulé 20 ans depuis la première inondation en 2005.

« On va sabrer le champagne quand le projet va être en marche », précise Denis Lavoie. Il ajoute que les digues temporaires installées depuis 7 ans tiennent le coup pour l'instant, mais il est temps de mettre en place une solution permanente.

Le maire Régis Labeaume estime pour sa part que la Ville de Québec en fait beaucoup pour les sinistrés. Si l'agglomération n'existait pas, la Ville de L'Ancienne-Lorette serait ruinée. Elle n'aurait pas eu les moyens de faire ce qu'on fait là, a-t-il martelé.

Déjà 40 millions de dollars ont été investis par l'agglomération pour construire deux barrages, quatre postes de pompage et trois ponts dans le secteur touché par les inondations.

L'opposition officielle à la Ville de Québec invite le maire à cesser de faire du surplace dans le dossier. « À ce rythme-là, les riverains vont devoir léguer ce problème comme héritage ! » estime le chef, Jean-François Gosselin.

Il demande un plénier au printemps pour faire le point.

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