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Joe Biden se fait rassembleur et rassurant à l'occasion de l'Action de grâces

Entouré de deux drapeaux, Joe Biden, sous des projecteurs, regarde la caméra.

Le président américain désigné Joe Biden a livré un discours sur la pandémie à Wilmington, au Delaware.

Photo : Reuters / JOSHUA ROBERTS

Adoptant un ton rassembleur tranchant avec celui du président à qui il succédera, Joe Biden a profité d'un discours sur l'Action de grâces pour assurer aux Américains qu'ils traverseraient la pandémie « ensemble ».

Prenant la parole depuis son fief de Wilmington, au Delaware, et regardant directement la caméra, le président désigné les a invités à garder espoir, mais sans baisser leur garde, à l'aube d'un hiver qui s'annonce difficile.

À l'approche de l'Action de grâces, qui aura lieu jeudi, Joe Biden a souligné les sacrifices auxquels consentissent les Américains, pour qui cette fête revêt une très grande importance. Une bonne partie d'entre eux ont renoncé aux festivités familiales traditionnelles en raison de la pandémie.

Les experts en santé publique ont averti que les grands rassemblements familiaux risquaient d'intensifier la flambée de cas qui s'observe déjà et appelé la population à ne pas voyager pendant le congé.

Au cours de la dernière fin de semaine, l'affluence dans les aéroports a été réduite par plus de la moitié en comparaison avec l'an dernier. Mais les autorités du transport aérien ont rapporté près de 5 millions de voyageurs au cours des cinq derniers jours, dont plus d'un million dimanche, le jour le plus achalandé depuis la mi-mars.

Celui qui sera le 46e président des États-Unis a voulu prêcher par l'exemple, précisant que sa propre famille s'était résolue à tenir des rassemblements distincts.

Nous sommes tous là-dedans ensemble, a-t-il déclaré, invitant ses concitoyens à se serrer les coudes.

Nous devons nous souvenir que nous sommes en guerre contre le virus, pas les uns contre les autres.

Une citation de :Joe Biden, président désigné des États-Unis

Il y a de l’espoir, accrochez-vous. Je sais que nous pouvons et allons triompher de ce virus, a affirmé M. Biden, promettant que la situation reviendrait à la normale.

S'adressant aux proches des quelque 260 000 victimes de la COVID-19, Joe Biden, qui a perdu sa première femme et sa fille dans les années 1970, puis son fils Beau au cours des dernières années, a dit comprendre l'épreuve d'une première Action de grâces avec un être cher en moins.

Je me souviens de cette première Action de grâces, de la chaise vide, du silence. Cela vous coupe le souffle. C'est vraiment difficile de s'y intéresser. C'est difficile de rendre grâce. C'est difficile de penser à l'avenir. C'est si difficile d'espérer. Je comprends.

Une citation de :Joe Biden

Évoquant l'élection du 3 novembre, Joe Biden s'est en outre réjoui d'un taux de participation qui ne s'était pas vu depuis le début du siècle dernier. Soyons reconnaissants pour la démocratie elle-même. Notre démocratie a été mise à l'épreuve cette année, et voici ce que nous avons appris : le peuple américain est à la hauteur de la tâche, a-t-il affirmé.

C'était le premier discours du président désigné depuis le déclenchement officiel du processus de transition, lundi, mais il avait tenu une conférence de presse mardi pour présenter son équipe de sécurité nationale.

Une crise qui reste grave

Des employés en sarrau transfèrent un corps d'une civière à l'arrière d'un autobus.

Le corps d'une personne décédée de la COVID-19 est transféré dans une morgue mobile, le 16 novembre, à El Paso, au Texas.

Photo : Reuters / Ivan Pierre Aguirre

Pour l'instant, la situation liée à la COVID-19 reste hautement préoccupante : le nombre d'hospitalisations, de morts et de tests positifs sont tous en forte hausse.

Les États-Unis ont recensé mercredi plus de 2400 morts liés à la COVID-19 en 24 heures, la journée la plus meurtrière en plus de six mois, selon les données de l'Université Johns Hopkins. Le seuil quotidien des 2000 morts a ainsi été franchi pour un deuxième jour consécutif.

Le pays a également enregistré près de 200 000 nouveaux cas.

S'engageant à recourir aux vastes pouvoirs du gouvernement fédéral quand il serait au pouvoir, par exemple en multipliant les tests de dépistage, en fournissant davantage d'équipements de protection et en donnant des directives plus claires aux entreprises et aux écoles, M. Biden a assuré que les États-Unis allaient changer le cours de la maladie.

Il n'en a pas moins martelé que tout le monde avait une responsabilité pour freiner la propagation du virus.

Se démarquant de son prédécesseur, il a plaidé pour le respect des mesures recommandées par les autorités sanitaires américaines, comme la distanciation physique, la limitation de la taille des rassemblements et le port du masque. En attendant la distribution des vaccins, ce sont nos outils les plus efficaces pour combattre le virus, a-t-il rappelé.

Aucune de ces mesures que nous demandons aux gens de prendre n'est une déclaration politique. Chacune d'entre elles est basée sur la science, la science véritable, a martelé Joe Biden.

Le président Trump, qui a lui-même contracté le coronavirus en octobre, a souvent ridiculisé le port du masque, au point de faire d'un simple bout de tissu une ligne de fracture politique, a tenu de grands rassemblements et a rapidement pressé les États à rouvrir leur économie.

Pendant que Joe Biden en appelait à l'unité, l'occupant actuel du bureau ovale contestait à peu près au même moment le verdict des urnes pour une énième fois, insistant sur la nécessité de renverser l'élection. Donald Trump participait par voie téléphonique à un événement qui réunissait en Pennsylvanie son avocat Rudy Giuliani et plusieurs républicains de l'État.

Symbole de la différence d'approche des deux camps, la réunion se tenait sans distanciation sociale, et la plupart des participants ne portaient pas de masque. Rudy Giuliani, qui a lui-même été exposé à deux personnes ayant reçu un diagnostic positif au cours des derniers jours, n'a pas renoncé à s'y présenter.

Depuis le début de la pandémie, que Donald Trump n'a cessé de minimiser, le pays totalise près de 12,7 millions de cas connus.

Peu avant l'élection, il avait affirmé que la crise touchait à sa fin.

Avec les informations de Reuters, Associated Press, et Washington Post

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