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La préparation de la campagne de vaccination bat son plein, assurent les spécialistes

Une femme âgée reçoit un vaccin.

Les personnes vivant dans les CHSLD seront certainement parmi les premiers groupes de personnes vaccinées.

Photo : iStock

Plusieurs experts de la santé considèrent qu’il est normal que le gouvernement ne puisse pas être très précis sur le moment où les Canadiens pourront commencer à se faire vacciner pour la COVID-19. Ils insistent sur le fait qu’au stade actuel, il n’y a aucune raison d’être inquiet à ce sujet, car la préparation de la campagne vaccinale va bon train.

Ces spécialistes rappellent que Pfizer et Moderna, qui ont toutes les deux annoncé la distribution prochaine d'un vaccin, ne sont même pas encore arrivées au bout de leurs essais cliniques.

On est en train d’essayer de concevoir les plans. Mais de vous dire que le vaccin va arriver le 15 janvier, donc on va commencer à vacciner le 20, c’est impossible, parce qu’on n'en a aucune nouvelle. […] Mais on se prépare tous à une campagne de vaccination entre janvier et mars.

La Dre Caroline Quach microbiologiste-infectiologue et membre du Comité consultatif national de l'immunisation.

À 24/60, la Dre Quach, qui est membre du Comité consultatif national de l'immunisation, a mentionné que, selon les informations préliminaires qu’elle a reçues, ce sont au total 6 millions de doses des vaccins distribués par Pfizer et Moderna qui sont attendues au Canada entre janvier et mars prochains.

Maintenant, de savoir si les compagnies vont livrer [les doses] tel que promis, j’ose espérer que oui, dit-elle.

La spécialiste indique que son comité, qui doit faire ses recommandations finales sur les vaccins à l’Agence de la santé publique du Canada après leur homologation par Santé Canada, s’attend à avoir en main les données des études de phases 3 des deux compagnies dans le prochain mois.

La mise en place de divers scénarios concernant la conservation du vaccin et sa distribution sont en cours au Québec, souligne pour sa part à Tout un matin Alex Carignan, microbiologiste-infectiologue et membre du Comité sur l’immunisation de la province, qui se dit lui aussi très optimiste sur la suite des choses.

Je dirais que la machine est prête au niveau de la distribution des vaccins dans les provinces. […] Une fois que les approbations réglementaires vont être faites, je peux vous garantir qu’on va être prêts à distribuer le vaccin, et rapidement, assure-t-il.

Il souligne que la campagne de vaccination contre la H1N1 menée rondement en 2009 montre que nous avons la capacité de distribuer un très grand nombre de doses de vaccin en peu de temps.

Vaccinés après les Américains, les Allemands et les Britanniques

Aux États-Unis, en Allemagne et au Royaume-Uni, les gouvernements assurent avoir déjà des plans très concrets pour leurs futures campagnes de vaccination, qui pourraient déjà commencer d'ici un mois. En revanche, au Canada, le premier ministre Justin Trudeau n'a pas voulu se prononcer sur le moment où les Canadiens pourront avoir accès au vaccin.

Il est prématuré […] d’encercler des dates sur le calendrier pour dire que les vaccins vont arriver en telle quantité, telle journée, dans telle communauté, a-t-il dit mardi, assurant que les doses arriveront au pays début 2021, sans donner de date précise.

Cela ne surprend pas Alain Lamarre, titulaire de la Chaire Jeanne et J.-Louis Lévesque en immunovirologie du Centre Armand-Frappier, qui considère qu’il n’y a rien d’étonnant à ce que les pays producteurs de vaccin favorisent leur propre population avant de l'exporter.

C’est une réflexion que le Canada doit avoir pour les pandémies futures, si on veut avoir notre propre capacité de production et d’approvisionnement [de vaccins], pense-t-il, même s’il ne croit pas lui non plus qu’il y ait des raisons d’être préoccupés ou alarmés par la situation actuelle.

Je pense que tous les signaux qu’on entend sont quand même positifs. On devrait avoir une bonne quantité de doses dès le début de l’année prochaine, a-t-il estimé sur RDI.

M. Lamarre explique que quelques usines canadiennes produisent des doses de vaccin, entre autres la compagnie GSK à Québec. Cette compagnie est cependant spécialisée dans le vaccin contre la grippe, dit-il, et ne pourrait pas s’adapter du jour au lendemain pour produire un vaccin provenant d’une autre technologie. C’est trop spécialisé.

Quant à Alex Carignan, il souligne que le Canada a déjà eu de plus grandes capacités de production de vaccins, mais que plusieurs usines ont été redirigées vers d’autres endroits du monde.

Le Dr Carignan déplore de son côté que le Canada ait peu participé aux grands essais cliniques qui ont eu lieu un peu partout dans le monde, jugeant que ça a certainement contribué au fait qu’on va peut-être avoir un petit peu de retard dans le début de la vaccination.

Parfois, il y a des raisons logistiques, parfois les compagnies décident d’elles-mêmes d’éviter certains pays. Parfois, c’est plus complexe au niveau de la législation. Il y a plusieurs éléments qui peuvent entrer en ligne de compte, tente-t-il d'expliquer.

Un vaccin rapidement conçu peut-il être sécuritaire?

Bien que les vaccins contre la COVID-19 soient attendus avec impatience, Alex Carignan insiste sur l’importance de passer à travers tout leur processus d’approbation, pour s’assurer qu’ils soient sécuritaires avant leur distribution.

Il souligne toutefois qu’il ne faut pas s’inquiéter du fait que ces vaccins aient été développés à vitesse grand V.

Tous les chercheurs en maladies infectieuses ou en microbiologie s’intéressent de près ou de loin à la COVID, alors c’est normal que ça aille plus vite. Tout le monde rame dans le même sens, que ce soit en traitement, en prévention ou en développement.

Alex Carignan, microbiologiste-infectiologue

Il note également que certains procédés de production des vaccins étaient déjà connus et ont été réutilisés, alors que d’autres, plus novateurs, ont permis une production plus rapide qu’à l’habitude.

Les premiers Canadiens vaccinés

Les Drs Carignan et Quach ont tous les deux travaillé sur la priorisation des groupes qui recevront le vaccin en premier.

Le Dr Carignan se limite à dire qu’au Québec, les personnes vivant dans les CHSLD seront certainement parmi les premiers groupes de gens visés et qu’un document à ce sujet sera publié sous peu par l’Institut national de santé publique du Québec.

Pour sa part, la Dre Quach, signale que son comité a lui aussi recommandé de commencer à vacciner les résidents des CHSLD.

Devraient ensuite suivre les personnes âgées de 80 ans et plus, puis celles de 75 ans et plus, et ensuite celles de 70 ans et plus. Le comité suggère d’organiser cette vaccination en parallèle avec celle concernant les travailleurs de la santé et ceux vivant dans les communautés éloignées.

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