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La pandémie plonge le Royaume-Uni en situation « d'urgence économique »

Vue éloignée de Londres.

Les Britanniques devront attendre au moins jusqu'en 2022 avant de retrouver les conditions économiques d'avant la pandémie, estime le gouvernement Johnson.

Photo : afp via getty images / BEN STANSALL

Agence France-Presse

Le Royaume-Uni traverse une période « d'urgence économique » et va subir une chute inédite de 11,3 % du produit intérieur brut en 2020 en raison de la pandémie de coronavirus, selon les prévisions officielles dévoilées mercredi par le ministre des Finances Rishi Sunak.

L'an prochain, la croissance devrait rebondir de 5,5 %, puis atteindre 6,6 % en 2022, selon ces prévisions dévoilées lors d'une allocution au Parlement.

Il faudra toutefois attendre fin 2022 pour que l'économie retrouve ses niveaux d'avant la crise sanitaire.

Notre urgence sanitaire est encore là et notre urgence économique ne fait que commencer. Donc notre priorité immédiate est de protéger les vies et les niveaux de vie, a déclaré le ministre, en présentant un vaste plan de dépenses.

Les dégâts économiques vont probablement durer à long terme, affaiblissant l'économie pour de nombreuses années, a-t-il dit.

M. Sunak, qui s'appuie sur les prévisions de l'organisme public OBR (Office for Budget Responsibility) indique que le taux de chômage va atteindre son pic au deuxième trimestre de 2021 à 7,5 %.

Au total, le gouvernement mobilise 280 milliards de livres pour aider l'économie à traverser la tempête.

Des piétons à Bradford passent devant un panneau de feux de circulation, qui leur conseille de ne pas toucher le bouton à cause de la COVID-19.

Au Royaume-Uni comme ailleurs dans le monde, la pandémie de COVID-19 provoque d'importants ralentissements de l'activité économique.

Photo : Getty Images / PAUL ELLIS

Les services publics recevront notamment au total 55 milliards de livres l'an prochain, que ce soit le système de santé NHS, les écoles ou la sécurité.

Le gouvernement promet que les dépenses courantes du pays vont progresser de 3,8 % cette année et l'an prochain, soit le taux le plus fort en 15 ans.

Ces mesures vont faire bondir le déficit public qui devrait atteindre 394 milliards de livres pour l'année budgétaire en cours, soit 19 % du PIB, à cause d'efforts sans précédent pour soutenir l'emploi face au choc de la pandémie.

M. Sunak, membre du Parti conservateur qui se veut le héraut de l'orthodoxie budgétaire, a toutefois averti que, pour tenter de limiter le gouffre des finances publiques, les salaires de la fonction publique seront gelés, sauf pour le NHS et pour les très bas revenus.

Le Royaume-Uni va en outre réduire fortement son aide au développement l'année prochaine à 0,5 % de son produit intérieur brut contre 0,7 % habituellement, ce qui a déclenché un flot de critiques, notamment de la part de la Nobel de la paix Malala Yousafzai.

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