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Opioïdes : Purdue Pharma plaide coupable à des accusations criminelles

L'OxyContin a permis à la société pharmaceutique d'engranger des ventes de plus de 30 milliards de dollars américains au fil des ans.

Une bouteille contenant des pilules.

Une bouteille contenant des pilules de l’opiacé OxyContin, produit par Purdue Pharma.

Photo : Reuters / George Frey

Radio-Canada

La société Purdue Pharma a plaidé coupable mardi à des accusations criminelles aux États-Unis pour sa gestion de l’analgésique OxyContin, qui crée une forte dépendance. Ce plaidoyer vient conclure une enquête fédérale sur le rôle de Purdue, qui s’est protégée l’an dernier de ses créanciers, dans la crise des opioïdes.

C’est au cours d’une audience tenue en visioconférence, devant la juge fédérale Madeline Cox Arleo, dans le New Jersey, que la pharmaceutique a plaidé coupable à trois chefs couvrant une inconduite généralisée.

Dans le détail, les infractions pénales comprennent une conspiration visant à frauder des officiels américains et à verser des pots-de-vin illégaux à des médecins et à un vendeur de dossiers médicaux électroniques afin de maintenir le flux de prescription de l’opiacé OxyContin.

Les membres de la famille Sackler, qui ont déjà été propriétaires et administrateurs de Purdue Pharma avant qu’elle se protège de ses créanciers en septembre 2019, ne faisaient pas partie de la procédure de mardi et n’ont jamais été accusés au criminel.

Le procureur J. Stephen Ferketic a affirmé que les fonctionnaires se réservent le droit de poursuivre les personnes associées à Purdue, y compris les propriétaires, les dirigeants et les administrateurs. La famille Sackler soutient avoir agi de manière éthique et responsable lorsqu’elle était à la tête de Purdue Pharma.

C’est le président Steve Miller qui a plaidé coupable au nom de l'entreprise.

Cet accord vient avec des pénalités de 5,5 milliards de dollars américains, dont la plupart resteront impayées, puisque la société s’est protégée de ses créanciers. Ces amendes pénales s’ajoutent aux milliards de dollars de créances non garanties dans le cadre de la procédure de faillite.

Toutefois, Purdue a accepté de verser 225 millions d’une saisie criminelle de 2 milliards de dollars américains si l’entreprise se réorganise de sa faillite, se dissout et transfère ses actifs vers une société d’intérêt public qui dirigera les 1,775 milliard de dollars américains impayés à des milliers de communautés américaines qui la poursuivent en justice dans le sillage de la crise des opioïdes.

La décision concernant ces pénalités sera connue à partir du moment où la réorganisation de Purdue Pharma recevra l’aval du tribunal.

Purdue a engrangé des ventes de plus de 30 milliards provenant de l’OxyContin au fil des ans, enrichissant au passage la famille Sackler, selon des officiels américains. Depuis 1999, environ 450 000 personnes sont mortes aux États-Unis de surdoses liées aux opioïdes, selon des données américaines.

En faillite depuis septembre 2019

Dans ce croquis de cour, un homme, qui témoigne par visioconférence, lève la main droite.

C'est le président de Purdue Pharma, Steve Miller, qui a plaidé coupable au nom de l'entreprise.

Photo : Reuters / JANE ROSENBERG

Purdue Pharma s’est protégée de ses créanciers en septembre 2019 et a proposé de se réorganiser en fiducie dans l’espoir de régler l’avalanche de ses litiges.

Le plan prévoit que la famille Sackler, propriétaire de Purdue, en abandonne tout contrôle, et donne au moins 3 milliards de dollars de ses propres fonds aux victimes.

Les gouvernements provinciaux et territoriaux du Canada réclament 85,5 milliards à Purdue Pharma et à une quarantaine d’autres entreprises pharmaceutiques pour les coûts liés à la gestion de la crise des opioïdes au pays.

Le recours a été lancé en 2018 par la Colombie-Britannique, mais on ne connaissait pas jusqu’ici les montants en jeu. Les demandes des gouvernements canadiens s’inscrivent maintenant parmi plus de 600 000 réclamations faites dans le cadre des procédures de faillite de Purdue Pharma.

Les gouvernements canadiens accusent ces entreprises d’avoir été négligentes et d’avoir proféré des déclarations frauduleuses. Ils allèguent notamment que Purdue Pharma et les autres défendeurs ont minimisé les risques que posaient leurs médicaments lorsqu’elles en ont fait la publicité auprès des médecins, en particulier en ce qui concerne leur potentiel de dépendance.

Des audiences pour cette affaire sont prévues jusqu’en juin 2021.

Avec les informations de Reuters

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