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Des proches de victimes de surdose appuient la décriminalisation à Vancouver

Une note accrochée à une paire de souliers féminins indique : « Amy Hiebert, la fille de quelqu'un. »

À l'occasion de la Journée internationale de sensibilisation aux surdoses, le 31 août dernier, des proches de personnes mortes de surdose de drogues illicites ont accroché des souliers sur le pont Burrard, à Vancouver.

Photo : ben nelms/cbc / Ben Nelms

Plusieurs familles endeuillées par le décès d’un proche à la suite d’une surdose d’opioïde appuient le maire de Vancouver, Kennedy Stewart, qui veut décriminaliser la possession simple de drogue sur le territoire de la municipalité.

Ola Bailey avait 21 ans lorsqu'elle est a succombé à une surdose quelques jours avant Noël, en 2015. Jeune femme vive et déterminée, selon sa mère, Deb Bailey, c'était également une adepte du hockey et une cadette de haut rang.

Toutefois, depuis son adolescence, elle souffrait d'une dépendance à l’héroïne.

Elle a essayé à plusieurs reprises d’arrêter de consommer et pleuré sur le fait qu’elle était devenue dépendante, elle n’était absolument pas préparée à ça. Elle ne comprenait pas pourquoi elle n’arrivait pas à arrêter alors qu’elle était tellement déterminée à le faire, se rappelle sa mère.

Ola Bailey.

Ola Bailey est morte seule, le 23 décembre 2015, d'une surdose d'opioïde. Elle souffrait de dépendance depuis plusieurs années.

Photo : Soumise par Deb Bailey

Après la mort tragique de sa fille, Deb Bailey est devenue membre de l’organisation Moms Stop the Harm (Mamans qui arrêtent le mal ) dont la mission est de mettre fin à la stigmatisation des personnes qui consomment de la drogue et aux morts liées à l’utilisation de substances.

L’organisation incite les membres du conseil municipal de Vancouver à appuyer la motion de Kennedy Stewart afin d’exiger du gouvernement fédéral une exemption qui permettrait de décriminaliser la possession simple de drogues illicites dans la municipalité.

Même si Isabelle Fortier habite au Québec, loin de la ville de Vancouver, elle appuie également la démarche de Kennedy Stewart dans la lutte contre la crise des opioïdes.

La crise des surdoses touche toutes les provinces maintenant, c’est d’est en ouest […] et il est urgent de mettre fin à cette crise-là par différents moyens, souligne-t-elle.

Sara-Jane Béliveau.

Sara-Jane a succombé à une surdose le 17 mai 2019. Sa mère, Isabelle Fortier, se demande si les choses auraient pu être différentes si sa fille avait pu tester sa drogue avant de la consommer.

Photo : Soumise par Isabelle Fortier

En mai 2019, Isabelle Fortier a retrouvé sa fille, Sara-Jane Béliveau, morte dans sa chambre dans une résidence de l’Université d’Ottawa. Elle avait succombé à une surdose de fentanyl et de sertraline à l’âge de 24 ans.

Sa mort nous est arrivée comme un choc, on ne s’attend jamais à perdre un enfant.

Isabelle Fortier

Aujourd’hui, Isabelle Fortier milite, elle aussi, auprès de l’organisation Moms Stop the Harm, notamment pour qu’un accès à des substances sécuritaires soit offert aux personnes qui souffrent de dépendance.

Je dis souvent que c’est un peu le passage du flambeau qu’elle m’a donné pour essayer de faire une différence, puisque c’est ce qu’elle aurait voulu faire dans sa vie, explique Isabelle Fortier, la voix brisée par l’émotion.

Peu d’espoir du côté d’Ottawa

L’ancienne ministre fédérale de la Santé dans le gouvernement de Justin Trudeau Jane Philpott se dit peu optimiste de voir les choses changer à court terme dans la lutte contre les opioïdes et doute qu’Ottawa accepte la requête éventuelle de la Ville de Vancouver.

Je pense que [la décriminalisation] devra finir par se faire, mais le gouvernement doit gérer plusieurs dossiers importants et celui-là demande une énorme volonté politique, affirme-t-elle.

Elle aimerait toutefois que Vancouver devienne la première ville à instaurer une telle mesure.

Nous avons besoin de plus de discussions sur la place publique pour que les politiciens réalisent qu’ils doivent agir et faire la bonne chose, mais les gens ont encore peur du mot décriminalisation, dit-elle.

Selon Deb Bailey, la lutte contre la crise des opioïdes passe aussi par l’utilisation de mots qui ne stigmatisent pas les personnes qui ont une dépendance et par la compréhension qu’il ne s’agit pas non plus d’un choix.

Ces gens ne vont pas bien et voudraient l’être. Ma fille aurait vraiment voulu aller mieux, assure-t-elle.

Avec la collaboration de Dominique Lévesque et des informations de The Early Edition

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