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Des policiers du SPVQ encore incapables de demander des renforts

Un nouvel incident remet en cause les explications du chef de police concernant les ratés de leur système de radiocommunication

Un terminal radio portatif du Service de police de la Ville de Québec

Un terminal radio portatif du Service de police de la Ville de Québec

Photo : Radio-Canada / Alexandre DUVAL

Un événement survenu lundi dans un hôpital illustre une fois de plus les limites du nouveau système de radiocommunication de la police de Québec. Selon la Fraternité des policiers, ce nouvel incident démontre que les ratés du SÉRAQ n'ont rien à voir avec la formation des agents, quoi qu'en dise le chef Robert Pigeon.

Dans la matinée du 23 novembre, des policiers sont intervenus au CHUL sur le boulevard Laurier à la suite d'un appel d'urgence.

Sachant que le signal du nouveau Service évolué de radiocommunication pour l'agglomération de Québec (SÉRAQ) avait de la difficulté à passer à travers les murs de l'hôpital, les policiers ont activé la passerelle dès leur arrivée dans le stationnement.

Grossièrement résumée, la passerelle est une fonction du SÉRAQ qui permet d'utiliser une autopatrouille pour améliorer la puissance des ondes radio à l'intérieur de certains édifices.

Selon la présidente de la Fraternité des policiers, Martine Fortier, les agents ont suivi toutes les étapes apprises lors de leur formation au printemps dernier afin de déployer correctement cette passerelle.

La communication a même été établie avec succès avec la centrale 911. Or, une fois qu'ils sont entrés dans l'hôpital, les agents ont perdu tout contact avec l'extérieur.

Ils ont essayé à plusieurs reprises d'émettre et il n'y avait pas de signal. Ils voyaient par leur radio qu'il y avait des conversations sur les ondes, mais ils n'entendaient rien non plus.

Martine Fortier, présidente de la Fraternité des policiers et policières de la Ville de Québec

Comme le 9 septembre dernier, c'est un agent de sécurité de l'hôpital qui a dû demander des renforts pour les policiers en service.

Un manque de formation ?

Vendredi dernier, lors d'une conférence de presse, le chef du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) Robert Pigeon a nié que le SÉRAQ ait connu des problèmes techniques, ces derniers mois.

Il a plutôt affirmé que les problèmes rapportés dans les médias, notamment lors de l'attaque dans le Vieux-Québec le soir de l'Halloween, étaient dus à un manque de formation des policiers, qui ne savent pas tous comment utiliser la passerelle.

Considérant l'événement de lundi au CHUL, cet argument ne tient pas la route selon Mme Fortier.

Je ne suis pas une spécialiste en technologies de l'information, sauf que quand mes policiers appliquent à la lettre ce qui était inscrit dans la formation pour établir une passerelle et que ça fonctionne à l'extérieur, mais que ça ne fonctionne plus à l'intérieur du bâtiment, j'ai un problème.

Martine Fortier, présidente de la Fraternité des policiers et policières de la Ville de Québec

Radio-Canada a d'ailleurs mis la main sur un document concernant cette formation, daté de mars dernier. À l'intérieur du fichier, le SPVQ reconnaît clairement que la passerelle a une efficacité aléatoire.

Le positionnement de l'autopatrouille, la distance de la passerelle avec le bâtiment problématique ou encore la présence de neige peuvent affecter la performance de l'outil, peut-on lire.

Mme Fortier y voit la preuve que l'employeur connaît depuis longtemps les limites du SÉRAQ. On propose d'ajouter de la formation alors que ç'a été spécifié dans la formation initiale que le mode passerelle n'est pas une panacée.

Martine Fortier, présidente de la Fraternité des policiers et policières de la Ville de Québec

Martine Fortier, présidente de la Fraternité des policiers et policières de la Ville de Québec

Photo : Radio-Canada / Alexandre DUVAL

Pas d'explications au SPVQ

Malgré les questions de Radio-Canada, le SPVQ n'a pas voulu dire pourquoi la passerelle n'a pas fonctionné au CHUL le 23 novembre, ni commenter les limites de la passerelle inscrites dans le document de formation.

Les différentes parties prenantes travaillent présentement à améliorer et à corriger les irritants reliés au système SÉRAQ en continu , a indiqué la porte-parole Sandra Dion dans un courriel.

Pour cette raison, nous ne commenterons donc pas chaque intervention se déroulant sur le terrain.

Sandra Dion, porte-parole du SPVQ

À la Fraternité des policiers, on estime que la vraie solution serait d'installer rapidement des antennes ainsi que des amplificateurs sur les bâtiments problématiques.

La présidente ne comprend d'ailleurs pas pourquoi ce n'est pas encore fait au CHUL, alors que le SPVQ sait depuis environ un an que le signal passe mal dans cet hôpital.

Pour quelle raison on a déployé le SÉRAQ en sachant ça et sans avoir installé les répéteurs et les tours nécessaires au bon fonctionnement ?, demande Mme Fortier.

Négociations au cas par cas

La réponse se trouve peut-être dans le fait qu'avant d'installer ces outils, la Ville doit d'abord s'entendre avec les propriétaires des lieux, entre autres sur le partage des coûts. Des discussions sont d'ailleurs en cours avec le CHUL.

Le coût et l’installation des antennes et des amplificateurs de signaux pour la couverture intérieure de radiocommunication font l’objet d’ententes et de négociations au cas par cas selon l’emplacement.

Sandra Dion, porte-parole du SPVQ

Outre le CHUL, l'Université Laval a confirmé à Radio-Canada qu'elle devra aussi installer des amplificateurs à l'hiver 2021 pour mieux couvrir les niveaux inférieurs de certains bâtiments, des segments de tunnels et des stationnements souterrains.

L'Université Laval assumera les coûts liés aux aménagements visant l’utilisation de ce système sur le campus, indique par courriel le porte-parole de l'Université, Simon La Terreur.

Le déploiement du SÉRAQ a commencé en juillet 2019 à Québec, mais ce n'est qu'au printemps dernier que les policiers ont commencé à l'utiliser sur le terrain. La Ville a investi 30 millions de dollars dans ce nouveau système d'ondes policières.

Parallèlement, la Ville a aussi implanté un nouveau système de Répartition assistée par ordinateur (RAO) au coût de 7 millions de dollars.

La RAO permet notamment aux policiers de consulter en temps réel les plus récentes informations sur un incident à partir de l'écran de leur autopatrouille. Contrairement au SÉRAQ, le chef de police Robert Pigeon a reconnu que la RAO connaissait des ratés.

Avec la collaboration de David Rémillard

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