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Les populations racialisées sont plus touchées par la COVID-19 à Ottawa

Un homme marche en portant un masque au centre-ville d'Ottawa.

Un rapport de Santé publique Ottawa révèle que la population noire est la plus touchée par la COVID-19. (Archives)

Photo : Radio-Canada / David Richard

Santé publique Ottawa (SPO) a publié mardi un rapport révélant que les personnes racialisées (Nouvelle fenêtre) représentaient plus de 60 % des personnes touchées par la COVID-19 dans la capitale fédérale.

Parmi ces groupes racialisés, la population noire est la plus touchée par le virus.

En effet, parmi les personnes qui ont contracté le coronavirus à Ottawa entre mars et août 2020, 37 % étaient des Noirs alors qu’ils ne représentent seulement que 7 % de la population à Ottawa.

Il y a eu un impact disproportionné de la COVID-19 sur les gens racialisés, surtout les personnes noires, a expliqué la médecin hygiéniste de SPO, la Dre Vera Etches.

Chez les personnes ayant reçu un diagnostic de COVID-19, plus de la moitié n’ont ni le français ni l’anglais comme langue maternelle et la plupart ne sont pas nées au Canada, selon le rapport.

Enfin, les statistiques collectées par SPO révèlent aussi que dans la plupart des groupes de populations, les femmes étaient plus susceptibles de contracter le virus.

Cette surreprésentation des populations racialisée et des femmes s’explique entre autres par leur emploi et leur situation économique, selon la Dre Vera Etches.

La COVID-19 met en évidence les différences dans les résultats de santé qui sont liés au revenu, au logement, à l'emploi, au statut et aux obstacles créés par le racisme et la discrimination.

La Dre Vera Etches, médecin hygiéniste de Santé publique Ottawa

Présente lors du point de presse de SPO, la présidente du Partenariat local pour l’immigration d’Ottawa (PLIO), Hindia Mohamoud, qui a mené un dialogue communautaire en octobre dernier en collaboration avec SPO et Équipe santé Ottawa (ESO), explique que la COVID-19 n’a fait qu’exposer les défis auxquelles font face les personnes racialisées, notamment les immigrants.

Ces populations font partie des travailleurs de première ligne, ils occupent des emplois de préposés aux bénéficiaires, d’employés d’épicerie, de livreurs, ce qui les expose plus au virus, selon Mme Mohamoud.

Les personnes racialisées ont permis à la ville de continuer à fonctionner et à faire les travaux essentiels qui les exposent à une forte infection.

Hindia Mohamoud, présidente du Partenariat local pour l’immigration d’Ottawa

L’autre raison qui expliquerait l’impact disproportionné de la COVID-19 sur les gens racialisés viendrait du fait que très souvent ces populations vivent en surnombre dans des logements précaires, ce qui rend difficile la distanciation physique.

Elles sont quatre fois plus susceptibles de vivre dans des maisons bondées, selon Hindia Mohamoud.

Où l’on travaille est une grande partie du problème, où l’on vit fait aussi partie de l’équation qui crée des chiffres disproportionnés, a souligné la présidente du PLIO.

Enfin, l’usage des transports en commun par ces populations est aussi une donnée qui expliquerait cette surreprésentation des immigrants chez ceux qui ont reçu un diagnostic de COVID-19 à Ottawa.

Des pistes de solutions

Lors du dialogue communautaire mené en octobre dernier par les organismes d'immigrants et de santé de la ville d’Ottawa, beaucoup de témoignages ont révélé les difficultés d’accès des immigrants et des personnes de couleurs à des soins de santé, notamment à un médecin de famille.

Ces populations ont aussi de la difficulté à recevoir de l’information sur le dépistage et sur l’aide offerte par les organismes communautaires et le gouvernement.

Pour soutenir des populations fortement touchées par le virus, plusieurs partenaires d'Équipe santé Ottawa (ESO) ont décidé de répondre aux besoins les plus urgents en offrant une réponse de proximité.

Une femme en entrevue.

Naini Cloutier est directrice générale du Centre de santé communautaire de Somerset Ouest.

Photo : Radio-Canada

Des membres d’Équipe santé sont partis faire du porte-à-porte auprès des gens dans le besoin pour leur offrir de la nourriture, des soins, du matériel de protection.

La réponse n'est pas seulement à grande échelle, a confié la directrice du Centre de santé communautaire de Somerset Ouest à Ottawa, Naini Cloutier, qui explique que beaucoup de ces personnes n’ont pas de proches et que leur situation se compliquait lorsqu’ils devaient s’isoler.

Pour Hindia Mohamoud, il est important que la réponse du gouvernement face aux enjeux des populations racialisées soit proportionnelle aux difficultés qu’ils rencontrent.

Ces populations sont beaucoup plus exposées au risque de contracter le virus, maintenant nous devons équilibrer cette disproportion en investissant directement sur eux et en planifiant de les protéger, a-t-elle assuré.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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