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Éliminer 3000 cas du système de traçage des contacts : « La bonne chose à faire »

En Alberta, 85 % des cas actifs sont d'origine inconnue.

Du personnel hospitalier autour d'un lit où un patient est allongé recouvert d'un drap.

Pour être efficace, le traçage des contacts doit se faire en moins de 72 heures.

Photo : Services de santé Alberta/Leah Hennel

L'explosion du nombre de cas de COVID-19 force la santé publique albertaine à abandonner le suivi des contacts pour 3000 cas qui sont en attente d'une enquête de traçage depuis plus de 10 jours. Cette décision, comme celle de prioriser les cas les plus récents, est bien accueillie par plusieurs experts.

L’abandon des enquêtes épidémiologiques n’aidera pas la collecte d’information sur l’origine des cas de COVID-19 dans la province. Lundi, Services de santé Alberta était incapable de déterminer comment 85 % des personnes représentant des cas actifs avaient contracté le SRAS-CoV-2.

Il est pourtant essentiel de pouvoir retrouver rapidement les personnes qui ont été en contact avec une personne porteuse du virus, rappelle la professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal Roxane Borgès Da Silva.

C’est sûr que d’avoir des cas qu’on perd comme ça dans la nature, ça peut être inquiétant parce qu’on pourrait voir des éclosions sur lesquelles on n'a pas eu de contrôle, explique-t-elle.

Elle pense cependant que le risque peut être restreint si les personnes touchées respectent les consignes d’isolement.

Son collègue Benoît Masse, lui aussi professeur à l'École de santé publique de l'Université de Montréal, croit que les décisions prises par Services de Santé Alberta s'imposaient.

Pour être efficace, le traçage des contacts doit se faire en moins de 72 heures et, idéalement, plus rapidement que ça.

Une citation de :Benoît Masse, professeur, École de santé publique, Université de Montréal

Après 10 jours, plusieurs des personnes potentiellement infectées ne sont probablement plus contagieuses et celles qui ont des symptômes plus graves sont pour la plupart déjà en isolement.

Benoît Msse.

Benoît Masse, épidémiologiste et professeur à l’École de Santé publique de l’Université de Montréal.

Photo : Radio-Canada / Jean-Francois Michaud

Les problèmes qu'a connus l'Alberta ne surprennent d'ailleurs pas Benoît Masse. Vous avez eu une première vague vraiment petite en Alberta, souligne-t-il. Quand il arrive vraiment beaucoup plus d'infections, on n’a pas vraiment testé nos opérations pour savoir si on était vraiment robuste.

Le spécialiste en santé publique est d'avis qu'un court confinement est nécessaire pour permettre au système de santé de reprendre son souffle.

Selon le professeur adjoint d'immunologie et d'infectiologie à l'Université de Calgary Craig Jenne, un tel confinement limiterait le nombre de contacts à retrouver pour chaque cas positif. Cela rendrait le système beaucoup plus efficace, même si le nombre de nouveaux cas reste le même. Cela pourrait avoir un effet positif exponentiel sur le système de traçage des contacts.

Il s’inquiète cependant de voir l’Alberta retomber dans la même situation dans quelques semaines.

Il ne faut pas que ça devienne quelque chose de cyclique.

Une citation de :Craig Jenne, professeur adjoint, immunologie et infectiologie, Université de Calgary

Benoît Masse croit que des mesures comme un court confinement ou une réinitialisation du système de traçage des contacts ne sont vraiment utiles que si la santé publique engage davantage de personnel ou améliore ses outils.

Craig Jenne ajoute que les ratés du système montrent les limites du traçage manuel et le besoin d’adopter des solutions technologiques comme les applications de suivi des contacts.

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