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L’Alberta prévoit une récession un peu moins profonde, mais une reprise plus lente

Les experts du gouvernement croient que l’économie albertaine se contractera de 8,1 % cette année, plutôt que de 8,8 % comme ils le croyaient en août.

Travis Toews.

Le ministre des Finances de l'Alberta assure qu'il y a des signes encourageants qui montrent que l'économie se rétablit.

Photo : Radio-Canada / Craig Ryan

L’année 2020 -2021 pourrait être un peu moins dure pour les finances de l’Alberta que ce qui avait été annoncé en août, selon les dernières prévisions du gouvernement. Le retour à une croissance normale ne risque cependant pas d’arriver avant 2023.

Le gouvernement prévoit terminer l’année avec un déficit de 21,3 milliards de dollars. Bien qu’il s’agisse toujours d’un chiffre record, c’est 2 milliards de moins que ce qui était projeté il y a trois mois.

Des revenus moins anémiques que prévu ont plus que suffi à compenser la hausse des dépenses associées à la COVID-19.

Aide d’Ottawa

Les revenus totaux pour 2020-2021 sont maintenant projetés à 41,4 milliards de dollars, une hausse de 3 milliards par rapport aux prévisions du mois d’août.

Près de la moitié de ces 3 milliards vient de transferts fédéraux au gouvernement albertain, entre autres pour le programme de relance sécuritaire et pour le nettoyage des puits orphelins.

Un économiste de l’Université de Calgary, Trevor Tombe, remarque qu’au total, les transferts fédéraux au gouvernement albertain ont augmenté de 2,2 milliards de dollars, absorbant ainsi une bonne partie des coûts de la COVID-19.

Je crois qu’il y a un gros merci que les Albertains et les autres Canadiens doivent dire à Ottawa pour avoir soutenu non seulement les individus et les entreprises, mais aussi les gouvernements provinciaux directement.

Trevor Tombe, économiste, Université de Calgary

Les revenus provenant des ressources naturelles non renouvelables et des jeux de hasard ont également été revus légèrement à la hausse ces trois derniers mois.

Le total reste cependant loin des 50 milliards de dollars sur lesquels le gouvernement croyait pouvoir compter avant la pandémie.

Plus d’argent pour la COVID-19, moins pour le reste

Le gouvernement albertain prévoit maintenant de dépenser près de 63 milliards de dollars en 2020-2021.

C’est 5 milliards de plus que ce qui a été budgété en février, et quelque 500 millions de plus que ce qui était prévu en août.

Cette hausse est largement attribuable à la réponse à la COVID-19, qui devrait coûter 4,8 milliards de dollars.

Les dépenses pour tout le reste ont baissé de 156 millions de dollars par rapport à ce qui était prévu dans le budget de février.

Le gouvernement a d’ailleurs clairement signifié que les compressions dans le secteur public allaient continuer.

Le secteur public joue un rôle clé pour fournir des services, mais ne crée pas d’emplois et ne génère pas de revenus. Les activités du secteur public sont financées en retirant de l’argent de notre économie sous forme de taxes , peut-on lire dans la mise à jour fiscale.

Interrogé à ce sujet en conférence de presse, le ministre des Finances, Travis Toews, a reconnu que les employés du secteur public paient des impôts comme tout le monde, mais a maintenu que leurs activités représentent avant tout un coût qui doit être réduit.

Les coûts du secteur public représentent plus de la moitié de notre budget [...] Nous devons travailler de façon constructive avec ce secteur pour ramener ces coûts à quelque chose qui ressemble plus aux autres provinces, a-t-il dit.

Il faudra attendre le prochain budget pour chiffrer les compressions nécessaires, a-t-il précisé.

Le gouvernement promet de ramener les dépenses publiques par habitant à un niveau comparable à celui du Québec, de l’Ontario et de la Colombie-Britannique depuis son premier budget, en 2019.

Si cela avait pu suffire à équilibrer le budget en 2022-2023 avant la pandémie, ce n’est plus le cas, estime l’économiste de l’Université de Calgary, Trevor Tombe.

S’ils ne réduisent pas leurs dépenses plus que ça, ça va être extrêmement difficile [d'équilibrer] le budget avant 2027, croit-il.

Il soupçonne que le gouvernement pourrait se tourner vers une augmentation ou une restructuration des impôts pour compenser.

Le ministre des Finances assure que les décisions du gouvernement sont toujours guidées par un désir d’atteindre l’équilibre budgétaire, éventuellement. L’échéancier pour cela ne sera toutefois pas établi avant que nous soyons sortis de la COVID-19.

Une croissance normale, pas avant 2023

Les experts du gouvernement estiment que l’économie albertaine se contractera de 8,1 % cette année, plutôt que de 8,8 % comme ils le croyaient en août.

La reprise devrait toutefois être de seulement 4,4 % en 2021, plutôt que de 4,6 % comme cela était prévu en août.

Nous ne retrouverons pas [les taux d’emploi] que nous avions en 2019 l’an prochain. Nous nous attendons à les retrouver vers la fin de 2022, a dit Travis Toews.

Les experts du ministère des Finances ont déclaré qu’ils ne pensaient pas que la croissance allait revenir au niveau de 2019, ou même à celui de 2014, avant 2023.

Mais nous voyons des signes encourageants que l’économie commence à se rétablir, a affirmé Travis Toews, en ajoutant que les investissements avaient déjà commencé à revenir à Calgary.

Je ne peux pas dire si le pire est derrière nous, mais je peux dire qu’on commence à voir des signes de reprise économique

Travis Toews, ministre des Finances de l’Alberta

On voit des taux d’emplois qui commencent à se rétablir, pas seulement en Alberta, mais dans le monde [...]. La reprise semble commencer ici et ailleurs , croit aussi Trevor Tombe.

Où va l’argent?, demande le NPD

L’opposition officielle, toutefois, ne voit pas matière à se réjouir dans les plus récents chiffres présentés par la province. 

La différence entre [un déficit de] 24 et 21 millions de dollars est franchement minuscule, croit la porte-parole en matière de finances du Nouveau Parti démocratique, Shannon Phillips.

Elle affirme que si d’autres provinces et pays affichent également des déficits importants en temps de pandémie, c’est parce qu’ils ont dépensé davantage pour appuyer les écoles, les commerces et les particuliers qui sont durement touchés.

Nous voyons en Alberta que nous avons un déficit de plus de 20 milliards de dollars, mais les Albertains se demandent où sont les programmes en éducation, où sont les programmes pour les petites et moyennes entreprises?, dit-elle.

Selon Trevor Tombe, les indices d’emploi et d’investissements dévoilés dans la mise à jour économique sont encourageants, mais ils demeureront fragiles tant que la pandémie n’est pas maîtrisée.

Rien n’est plus important pour l’économie que de contrôler la propagation du virus, dit-il.

Le ministre des Finances assure que ses récentes prévisions prennent en compte le fait que nous continuerons de nous battre contre la COVID-19.

Le gouvernement a d’ailleurs mis 750 millions de dollars de côté pour répondre aux imprévus liés au coronavirus en 2020-21.

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