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La destruction d’un chemin forestier en Haute-Gaspésie critiquée

Un chemin forestier détruit.

La situation met en évidence les difficultés de jumeler le développement économique aux efforts de protection du caribou de la Gaspésie, une espèce menacée.

Photo : Gracieuseté de Jean-Louis Arsenault

Radio-Canada

Des voix s'élèvent en Haute-Gaspésie pour dénoncer la destruction d’un chemin forestier dans la réserve faunique des Chic-Chocs.

Un total de 50 kilomètres de chemins forestiers inutilisés ont été démantelés dans la réserve faunique des Chic-Chocs cet été.

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) explique vouloir restaurer l'habitat du caribou de la Gaspésie, menacé de disparition. En effet, défaire les chemins pour permettre à la nature de reprendre sa place nuirait aux prédateurs du cervidé.

Parmi ces sentiers démantelés, il y a un chemin situé au pied du mont Vallières-de-Saint-Réal, dans la réserve faunique des Chic-Chocs. Il faisait partie d'un vaste projet en récréotourisme sur le territoire de la Haute-Gaspésie.

Au mont Vallières, les touristes seraient invités à faire de la randonnée pédestre, du ski hors-piste et du vélo.

Levée de boucliers

Ils sont nombreux à être remontés contre l’initiative du MFFP. Ils affirment ne pas avoir été consultés.

Personne n'a été consulté et je trouve ça vraiment décevant, déplore Jean-Louis Arsenault, membre du comité consultatif en récréotourisme.

Le préfet de la MRC de La Haute-Gaspésie, Allen Cormier, ne décolère pas.

On vient détruire un chemin qui avait une vocation qui était quand même intéressante et prometteuse, explique-t-il, furieux. On s’aperçoit avec stupeur comme ça, du jour au lendemain, que tout a été démoli et que personne ne nous a avisés, exprime le préfet, qui demande la réparation du chemin.

Le directeur de la Société d'aide au développement de la collectivité (SADC) de la Haute-Gaspésie, Richard Marin, souligne que le projet de récréotourisme est en préparation.

On n’a pas de plan déposé encore, le plan est en développement, explique-t-il. Moi, je pense qu’il faut juste travailler pour améliorer les communications pour ne pas défaire les choses qui seraient potentiellement utilisables.

Le MFFP indique n’avoir jamais eu vent d’un projet touristique à cet endroit, même après avoir mené plusieurs consultations.

On a rejoint 80 autres intervenants qui sont dans le territoire, on a écrit aux municipalités, on a un comité de liaison avec les élus municipaux et notre projet a été présenté, se défend Paul Saint-Laurent, directeur général du MFFP pour les régions du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine.

Ça fait qu’on a fait quand même un bon tour de roue pour s’assurer de capter tout le monde, explique-t-il. Là, je comprends qu’on a un petit tour de roue supplémentaire à faire.

Une citation de :Paul Saint-Laurent, directeur général du MFFP pour les régions du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine
Des caribous montagnards de la Gaspésie.

L'inventaire aérien de 2018 estime qu'il ne reste plus que 70 caribous montagnards en Gaspésie.

Photo : Radio-Canada

Protéger le caribou

En 2018, la population de caribou de la Gaspésie était réduite à seulement 70 individus. Si rien n’est fait pour les protéger, ils auront disparu dans une trentaine d'années, selon Martin-Hugues Saint-Laurent, professeur titulaire en écologie animale à l’Université du Québec à Rimouski.

On vient de passer plusieurs décennies à profiter de l’ouverture du territoire que nous a offert l’aménagement forestier, qui a causé énormément d’impacts [négatifs] sur plusieurs espèces ou processus naturels, estime M. Saint-Laurent. C’est sûr qu’il y aura toujours des gens qui vont se retrouver à être pénalisés par une quelconque forme de restauration.

C’est sûr qu’il va y avoir des mécontents.

Une citation de :Martin-Hugues Saint-Laurent, professeur titulaire en écologie animale à l’Université du Québec à Rimouski

Un travail de collaboration avec le milieu doit être mené pour essayer de trouver des solutions, croit le professeur.

L'année prochaine, 50 kilomètres de chemins forestiers seront démantelés dans la réserve faunique des Chic-Chocs et 42 kilomètres dans celle de Matane.

Avant d’aller de l’avant, le ministère promet de consulter tous les intervenants.

Avec les informations de Jean-François Deschênes

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