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Biden et son équipe de sécurité nationale entendent « guider le monde »

Joe Biden s'adresse aux journalistes en compagnie de ses nouveaux collaborateurs, Antony Blinken, Jake Sullivan, Alejandro Mayorkas, Avril Haines et John Kerry ainsi que la vice-présidente désignée, Kamala Harris, qui portent tous un masque.

Le président désigné, Joe Biden, a présenté quelques-uns des membres de son équipe de sécurité nationale au Queen Theater de Wilmington, au Delaware.

Photo : Reuters / JOSHUA ROBERTS

Au lendemain du déclenchement officiel du processus de transition, le président désigné, Joe Biden, a fait sa première apparition publique avec quelques-uns des nouveaux visages liés à la sécurité nationale au sein de son administration, en martelant un message clair : les États-Unis sont « de retour ».

Après avoir annoncé lundi la nomination de six de ses collaborateurs, l'ancien vice-président les a présentés formellement, mardi, dans sa ville de Wilmington, au Delaware.

Avec eux, les États-Unis sont prêts à reprendre leur place dans le monde, a-t-il assuré, entouré de collaborateurs aux parcours et aux profils illustrant le changement de cap qu'il entend effectuer.

Misant sur l'expérience, M. Biden a pour l'instant arrêté son choix sur d'anciens responsables qui ont notamment œuvré au sein de l'administration de Barack Obama : Antony Blinken (58 ans), nommé à la tête du département d'État, Alejandro Mayorkas (60 ans) à la Sécurité intérieure, Avril Haines (51 ans) au Renseignement national, Jake Sullivan (43 ans), nommé conseiller à la Sécurité nationale, John Kerry (76 ans), émissaire spécial du président sur le climat, et Linda Thomas-Greenfield (68 ans), ambassadrice des États-Unis à l'ONU.

L'identité de la personne qui héritera du département de la Défense n'a pas encore été révélée.

Joe Biden avait déjà indiqué que les personnes choisies seraient prêtes à gouverner dès le premier jour. Elles vont réimaginer la politique étrangère et la sécurité nationale américaine pour la prochaine génération, a-t-il soutenu.

C'est une équipe qui reflète le fait que les États-Unis sont de retour, prêts à guider le monde, pas à s'en retirer, à s'asseoir de nouveau au bout de la table, prêts à affronter nos adversaires et non à rejeter nos alliés, prêts à se tenir debout pour défendre nos valeurs, a affirmé celui qui sera le 46e prochain président des États-Unis.

Je dis depuis longtemps que les États-Unis ne guident pas seulement par l'exemple de notre puissance, mais par la puissance de notre exemple, a-t-il ajouté, avant de laisser ses collaborateurs prendre un à un la parole.

Incarnant le changement de ton et de substance annoncé, le secrétaire d'État pressenti Antony Blinken, conseiller de longue date du prochain président américain, a insisté sur la collaboration internationale.

Antony Blinken, s'adressant aux journalistes

Antony Blinken était secrétaire d’État adjoint sous la présidence de Barack Obama.

Photo : Reuters / JOSHUA ROBERTS

Nous devons travailler avec d'autres pays, nous avons besoin de leur coopération. Nous avons besoin de leur partenariat, a insisté celui qui a exercé la fonction de numéro deux du département qu'il dirigera.

Le choix de Linda Thomas-Greenfield, une diplomate de carrière, comme ambassadrice à l'ONU, illustre aussi l'intention du président désigné de revenir à une autre dynamique dans les relations diplomatiques.

Mike Pompeo, le secrétaire d'État actuel, a été accusé d'avoir politisé le département d'État.

Joe Biden a par ailleurs indiqué le retour à la table du Cabinet de la titulaire du poste. Donald Trump avait retiré ce droit à ceux qui ont occupé ce rôle.

Linda Thomas-Greenfield, portant des lunettes, s'adressant aux reporters

Linda Thomas-Greenfield a œuvré au sein de la diplomatie américaine pendant 35 ans.

Photo : Reuters / JOSHUA ROBERTS

Signe de l'importance que revêt l'enjeu environnemental pour le successeur de Donald Trump, c'est par ailleurs la première fois que le Conseil de sécurité aura en son sein un responsable dont le rôle est entièrement consacré à la lutte contre les changements climatiques.

John Kerry, un ancien secrétaire d'État sous Barack Obama, avait signé l'accord de Paris sur le climat au nom des États-Unis, en 2015, avant que Donald Trump ne renie la signature des États-Unis, deux ans plus tard. Il a pour sa part appelé la communauté internationale à faire preuve d'une plus grande ambition dans la lutte contre les changements climatiques.

Sans nommer le président Trump, Joe Biden a au passage pris soin de marquer un contraste avec son prédécesseur, qui a la réputation de s'entourer de collaborateurs qui n'osent pas le contredire.

« Ils me diront ce que je dois savoir, pas ce que je veux savoir. »

— Une citation de  Joe Biden, président désigné des États-Unis

Avril Haines, une ancienne directrice adjointe de la CIA, a d'ailleurs fait écho à ces propos, assurant qu'elle n'avait jamais hésité à dire la vérité [aux détenteurs du] pouvoir.

J'accepte cette nomination en sachant que vous ne voudriez jamais que je fasse autrement, a-t-elle dit au prochain locataire de la Maison-Blanche.

Selon les médias américains, le bureau du directeur du Renseignement national a par ailleurs indiqué que la Maison-Blanche avait approuvé en après-midi la transmission au président désigné des comptes rendus quotidiens hautement confidentiels liés à la sécurité du pays.

Jake Sullivan, s'adressant aux reporters

Jake Sullivan a servi comme conseiller à la sécurité nationale de Joe Biden lorsque ce dernier a été vice-président.

Photo : Associated Press / Carolyn Kaster

Dans une entrevue diffusée en soirée sur les ondes de NBC News, Joe Biden a déclaré qu'il pourrait les recevoir dès mercredi.

Une série de premières

Alejandro Mayorkas, regardant vers la gauche, devant des micros avec en arrière-plan un écran où est écrit « Bureau du président désigné »

Avocat de formation, Alejandro Mayorkas avait déjà été secrétaire adjoint à la Sécurité intérieure.

Photo : Reuters / JOSHUA ROBERTS

Pendant la campagne présidentielle, Joe Biden avait promis une administration diversifiée, à l'image du pays.

Certains membres de son Cabinet feront figure de pionniers s'ils obtiennent l'aval du Sénat, ce que n'a pas manqué de souligner M. Biden.

D'origine cubaine et arrivé au pays enfant comme réfugié politique, Alejandro Mayorkas sera le premier hispanophone, mais aussi le premier immigrant à diriger le département de la Sécurité intérieure.

Avril Haines deviendra pour sa part la première femme à diriger le Renseignement national.

Avril Haines s'adresse aux reporters

Avril Haines a été la première femme à assumer le rôle de conseillère adjointe à la sécurité nationale et aussi la première comme directrice adjointe de la CIA.

Photo : Reuters / JOSHUA ROBERTS

Lundi, plusieurs médias américains ont en outre rapporté que Joe Biden fera de l'ancienne patronne de la Réserve fédérale Janet Yellen sa secrétaire au Trésor. L'économiste de 74 ans serait elle aussi la première femme à occuper cette fonction.

Fille d'immigrants, Kamala Harris sera quant à elle la première femme, la première Noire et la première personne d'origine asiatique à accéder à la vice-présidence.

D'autres candidats considérés pour occuper les nombreux postes encore à pourvoir briseraient des plafonds de verre.

Selon plusieurs médias américains, la représentante Deb Haaland, par exemple, fait partie des candidats en lice pour diriger le département de l'Intérieur. Membre de la nation Laguna Pueblo, elle serait la première Autochtone à être à la tête d'un département.

Les membres du Cabinet Biden devront obtenir l'assentiment d'une majorité de sénateurs. Or, le Sénat pourrait rester sous contrôle républicain en janvier prochain, après les deux élections sénatoriales de la Georgie, dont le deuxième tour se jouera au début de l'an prochain.

En attendant l'issue de ces deux courses, le Sénat compte 50 républicains et 48 démocrates élus.

Deux victoires démocrates additionnelles permettraient à la vice-présidente élue, Kamala Harris, en sa capacité de présidente du Sénat, d'enregistrer au besoin le vote décisif lors des votes et ainsi de faire avancer les priorités politiques de l'administration Biden.

Seul John Kerry, ancien chef de la diplomatie américaine, n'aura pas besoin de voir sa nomination confirmée par le Sénat.

John Kerry, devant des micros et un lutrin au-dessus duquel est écrit « Bureau du président désigné.

John Kerry a été secrétaire d'État dans l'administration Obama.

Photo : Associated Press / Carolyn Kaster

Avant de commencer à communiquer les noms des membres de son Cabinet, Joe Biden avait lancé le processus, il y a une douzaine de jours, en annonçant ceux de ses collaborateurs à la Maison-Blanche, notamment son chef de cabinet, Ron Klain.

Le processus se déroule fort différemment de celui mené par Donald Trump, en 2016. Après son élection, la vedette de téléréalité avait au fil des jours fait défiler chez lui les candidats aux différents postes gouvernementaux, tentant d'insuffler du suspense à la démarche.

Tout au long des quatre années de son unique mandat, son Cabinet, majoritairement formé d'hommes blancs souvent milliardaires, a été l'un des moins diversifiés des dernières décennies.

Feu vert à la transition

Dans la foulée de la reconnaissance officielle de la responsable de l'Administration des services généraux (GSA), Emily Murphy, lundi soir, la transition gouvernementale a formellement commencé.

Selon CNN, l’équipe de transition de Joe Biden a amorcé ses rencontres avec des responsables des départements d’État, de la Défense et de la Sécurité intérieure pour prendre connaissance des informations confidentielles essentielles au bon fonctionnement de l'administration qui tiendra les rênes du pays le 20 janvier prochain.

Le président désigné a par ailleurs indiqué que des membres de son équipe avaient eu des contacts avec l'épidémiologiste en chef de la Maison-Blanche, Anthony Fauci, précisant qu'il ne lui avait pas lui-même parlé.

Joe Biden avait déjà posé plusieurs gestes liés à la transition, mais la décision de Mme Murphy de signer les documents requis, 16 jours après la victoire du candidat démocrate, fournira aux membres de son équipe les ressources budgétaires et logistiques pour mener à bien le processus.

Ils pourront ainsi disposer d'un budget de 6,3 millions de dollars et avoir notamment accès à des locaux, des lignes téléphoniques sécurisées et des adresses électroniques gouvernementales.

Avec les informations de Washington Post, et New York Times

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