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Agression sexuelle : David Chaput St-Pierre acquitté sur trois chefs, coupable sur un

Une affiche du gouvernement du Québec indique «Palais de justice».

Le palais de justice de Rouyn-Noranda (archives)

Photo : Radio-Canada / Jean-Marc Belzile

David Chaput St-Pierre a été déclaré coupable d’agression sexuelle ce matin au palais de justice de Rouyn-Noranda. Le trentenaire a aussi été acquitté des trois autres chefs d’accusation auxquels il faisait face. De son côté, la victime s’est dite « soulagée » par le jugement rendu par la juge Marie-Claude Bélanger.

Plus de trois ans et demi après avoir porté plainte contre David Chaput St-Pierre, la plaignante dont l’identité est frappée par un interdit de publication, affirme être en paix avec elle-même, car son agresseur devra faire face aux conséquences de ses actes.

Peu importe la peine que le Rouynorandien recevra, la victime soutient que l’essentiel pour elle est que le tribunal valide ce qu’elle a vécu.

J’ai été cru tout au long du processus, un policier, un enquêteur m’a cru, un procureur m’a cru et aujourd’hui, un juge confirme que je suis cru ce que j’ai vécu, c’est une belle finalité à tout ça, ajoute celle qui a entamé les procédures judiciaires le 8 mars 2017.

Quatre chefs, trois acquittements

Chaput St-Pierre faisait face à deux chefs d’agression sexuelle. Il était aussi accusé d’avoir causé des lésions lors d’une agression sexuelle et d’avoir utilisé une arme lors d’une agression sexuelle, en l’occurrence, un jouet sexuel.

Mardi matin, la juge Marie-Claude Bélanger a acquitté David Chaput St-Pierre sur trois de ces chefs et l’a condamné sur un chef d’agression sexuelle. Après analyse, elle a qualifié les deux témoignages reçus, de contradictoires.

Selon elle, les deux parties ont livré des témoignages complètement différents en ce qui concerne le consentement.

Marie-Claude Bélanger a toutefois expliqué que l’absence de crédibilité de l’accusé lors de certains passages de son témoignage n'équivaut pas automatiquement à une preuve hors de tout doute.

La juge a toutefois mentionné ne pas croire l’accusé lorsqu’il a dit qu’une de ces relations sexuelles était normale quelques instants avant de le trouver coupable du chef d’accusation numéro deux.

Les observations sur la peine auront lieu le 16 décembre.

Un long processus

Selon, la coordonnatrice de la maison d’hébergement Alternative pour Elles, Cathy Allen, les délais engendrés pour ce type de processus judiciaires sont trop longs.

La femme pose dans les marches à l'intérieur du palais de justice de Rouyn-Noranda. Elle ne sourit pas.

Pour Cathy Allen, il est difficile pour les présumées victimes de traverser tout le processus.

Photo : Radio-Canada / Piel Côté

Dans le cas du dossier de David Chaput St-Pierre, les procédures ont duré trois ans et huit mois.

C’est épouvantable comme délai, ça ne peut plus durer, c’est insoutenable pour les victimes de traverser les procédures sur une aussi longue période. On se demande pourquoi il y a des vagues de dénonciations comme #MeToo et que les gens n’utilisent pas le processus traditionnel, lance la coordonnatrice de la maison d’hébergement Alternative pour Elles.

Et avant même la pandémie, c’est déjà beaucoup trop long, souligne Cathy Allen. Il y a eu suspension des services judiciaires et il y a eu un report d’environ 8 mois.

Le jugement

La victime estime qu’un jugement comme celui qu’elle a obtenu pourra encourager d’autres personnes qui vivent ce qu’elle a vécu à s’engager dans le processus judiciaire.

C’est sûr que d’avoir eu un verdict positif, ça donne plus le goût aux autres d’aller vers là. Le processus est difficile, mais le sentiment de soulagement que j’ai vécu aujourd’hui en vaut vraiment la peine, raconte-t-elle.

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