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Elle meurt 16 jours après une altercation avec des employés d'hôpital

Danielle Stephanie Warriner.

Un rapport du coroner révèle que Danielle Stephanie Warriner était « assise calmement » dans le hall d'un hôpital lorsqu'un groupe de gardes s'est approché et qu'une caméra de sécurité a été « délibérément détournée » pendant plus de deux minutes alors qu'ils la retenaient.

Photo : Photo soumise par Denise Warriner

Radio-Canada

Une altercation entre une patiente et des gardiens de sécurité, une caméra détournée, une mort. Un rapport du coroner de l’Ontario obtenu par CBC raconte une partie de la scène troublante qui a mené à la mort de Danielle Stephanie Warriner des suites de lésions au cerveau à l’Hôpital général de Toronto au printemps dernier.

Le 10 mai, la femme de 43 ans s’est rendue à l'urgence, se plaignant de toux, de difficultés à respirer et de confusion. Le lendemain matin, alors qu’elle cherchait un déjeuner, elle a été vue en train de patienter assise, dans le hall de l’hôpital. 

À 6 h 38, elle a été approchée par plusieurs gardes, dont l'une qui l'a affrontée, ce qui a provoqué une altercation ponctuée de cris, selon le rapport du coroner.

Cette gardienne la soulève ensuite de force hors de sa chaise pour la mettre debout avant de la déplacer sur quelques mètres et de presser son visage avec beaucoup de force contre un mur, indique le rapport, qui s'inspire des déclarations de témoins, d'un relevé policier et d'une enquête menée par les ressources humaines de l'hôpital.

Une entrée de l'Hôpital général de Toronto.

Le Réseau universitaire de santé, qui comprend l'Hôpital général de Toronto représenté ici.

Photo : CBC/David Donnelly

Un autre garde s’est alors approché, dit le rapport, et les deux se sont retrouvés au sol avec Stephanie Warriner.

Une caméra de surveillance détournée pendant l'incident

Ce qui s’est passé au cours des deux minutes et demie suivantes n'a pas été filmé.

Les détails entourant cette partie de l'altercation ne sont pas clairs, car la caméra vidéo a été délibérément détournée à 6 h 38 min 34 s par un autre agent de sécurité qui assistait à la scène, indique le rapport.

Un des gardes a tenté de menotter de force Stephanie alors qu'elle donnait des coups de pied et poussait des cris, avant qu'elle ne soit soulevée du sol en position debout décrite comme "un poids mort" et qu'elle soit transférée dans un fauteuil roulant, où elle apparaît bleue et inconsciente, poursuit le rapport.

Les images de sécurité reprennent à 6 h 41, montrant Mme Warriner poussée dans un ascenseur de service, en fauteuil roulant. Elle est réanimée, note le coroner, mais à cause d'un arrêt cardiaque d'environ 10 minutes, elle a développé une lésion cérébrale dont elle ne s'est jamais remise.

Lésions cérébrales à la suite d'une asphyxie

Seize jours après l’incident, Stephanie Warriner meurt. Ce n'est qu'au 11e jour que l'hôpital a contacté sa famille, qui croyait à l'époque que la femme, qui souffrait de trouble bipolaire et de toxicomanie, était portée disparue.

Le rapport conclut que Stephanie Warriner est décédée de lésions cérébrales résultant d'un manque d'oxygène dû à une asphyxie de contention après une lutte et un effort. La maladie pulmonaire obstructive chronique, associée au tabagisme, dont elle souffrait, a potentiellement contribué à aggraver son état.

La combinaison des pressions exercées sur sa poitrine, lorsqu'elle était allongée sur le ventre, et de sa bataille pendant l'incident aurait pu amener Stephanie Warriner à cesser de respirer, poursuit le document.

Les gardiens licenciés ou soumis à des mesures disciplinaires

Comme l'a rapporté CBC News en juillet, deux membres du personnel hospitalier ont été licenciés à la suite de l'incident et deux autres ont fait l'objet de mesures disciplinaires internes.

Un porte-parole du Réseau universitaire de santé (RUS), dont fait partie l’Hôpital général, ne précise pas si les quatre employés étaient des agents de sécurité ou des professionnels de la santé ni précisément de quelle forme de mesures disciplinaires ils ont été soumis.

Cette affaire fait l'objet d'une enquête du service de police de Toronto et nous coopérons à cette enquête, comme nous l'avons fait avec le bureau du coroner, déclare la porte-parole du RUS, Gillian Howard, ajoutant que les résultats de toutes les enquêtes étaient partagés directement avec les patients ou quelqu'un désigné comme leur décideur.

Le RUS ne fait aucun commentaire sur les patients individuels ni sur les questions d'emploi individuel, a-t-elle ajouté.

Savait-elle que c'était la fin?

Denise Warriner, la soeur aînée de Stephanie, a pu visionner les images de vidéo surveillance après une série de demandes auprès du bureau du coroner. Elle dit être hantée par ce qu’elle y a vu.

Il n'y a pas de mots pour décrire la douleur déchirante d'observer quelqu'un que vous aimez se faire enlever la vie, déclare-t-elle. Et je me dis : "Savait-elle que c'était la fin?"

Denise Warriner montre une photo de sa soeur Stephanie sur son téléphone intelligent.

Alors que le combat de Denise Warriner pour obtenir des réponses se poursuit, elle se retrouve à nouveau dans le rôle de garde du corps de Stephanie, comme elle l'était quand elles étaient enfants - mais cette fois, sa sœur n'est plus là pour demander de l'aide. « J'étais sa protectrice », se souvient-elle.

Photo : CBC/Chris Glover

Elle a eu ses batailles, mais au fond, elle était une femme au tempérament artistique vraiment douce, gentille, aimante, décalée, hors des sentiers battus, qui aimait beaucoup et se souciait profondément des autres, continue-t-elle.

Enquête de la police en cours

Quant à l'enquête policière, Denise Warriner dit qu'elle n'a pas reçu de mise à jour du service de police de Toronto depuis le 28 octobre et qu'elle ne sait pas si des accusations seront portées.

Il faut envoyer un message indiquant que les cas de recours à la force ne seront pas ignorés, qu'il y a une responsabilité, affirme-t-elle.

À ce sujet, en juillet dernier, un porte-parole de la police de Toronto a déclaré que les enquêteurs attendaient les résultats d'une autopsie complète et que l'affaire en était à ses débuts.

Interrogée sur le suivi de l'affaire, la porte-parole Connie Osborne affirme que nous avons reçu les conclusions du coroner et nous examinerons tous les commentaires ou recommandations dans le cadre de notre enquête en cours.

Difficultés à qualifier le décès

Le rapport poursuit en disant qu'il n'y a pas de consensus national sur la manière de classer les décès liés à la contention impliquant des employés de maintien de l'ordre.

Alors que certains recommandent qu'ils soient considérés comme des homicides, d'autres suggèrent de les classer comme indéterminés, en particulier lorsque plusieurs facteurs peuvent y avoir contribué, indique le rapport.

La mort de Stephanie Warriner, conclut le rapport du coroner, est de cause indéterminée.

Avec les informations de CBC News

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