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Les déléguées de la FIQ rejettent l’entente de principe conclue avec Québec

Le conseil national du syndicat a jugé que les gains obtenus n'étaient pas suffisants.

Une membre de la FIQ tenant une pancarte entourée de dizaines d'effigies représentant des patients de CHSLD.

Les syndiquées dénoncent depuis des mois les ratios infirmière-patients.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Les élues de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) opposent une fin de non-recevoir à l'accord conclu entre leur comité de négociation et le gouvernement Legault.

Sitôt annoncée, l'entente de principe a été rejetée par les déléguées lors d'un conseil national extraordinaire qui s'est tenu lundi soir, a indiqué la FIQ mardi matin.

Dans un communiqué, sa présidente Nancy Bédard a expliqué que, malgré certains gains importants, les déléguées ont jugé que, dans le contexte actuel, ces derniers n'étaient pas suffisants pour donner le coup de barre nécessaire dont les professionnelles en soins ont tant besoin.

L'entente de principe concernait les conditions de travail des infirmières du secteur public. Mais après avoir pris connaissance de son contenu, une majorité de déléguées ont voté contre.

Nous avons eu des échanges francs, respectueux et difficiles par moments. Les déléguées ont voté. Nous sommes une organisation démocratique et nous allons retourner à la table de négociation au cours des prochains jours.

Nancy Bédard, présidente de la FIQ

En attendant la reprise des discussions avec le gouvernement, le syndicat ne fera aucun autre commentaire, a-t-il fait savoir dans son communiqué.

La FIQ est actuellement engagée dans un front commun avec l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) en ce qui concerne les salaires, la retraite, les droits parentaux et les disparités régionales. Ces négociations intersectorielles ne sont pas terminées.

L'accord conclu lundi concernait donc uniquement les conditions de travail des membres de la Fédération, comme la charge de travail, le ratio infirmière-patients, les horaires, les congés, la stabilité des équipes de soins et la création de postes à temps complet, ce que le syndicat présente comme les matières sectorielles.

Sa conclusion avait été annoncée simultanément par la FIQ et le Conseil du Trésor, lundi après-midi. Tous les espoirs étaient alors permis. Mme Bédard évoquait même un accord permettant d'améliorer significativement les conditions de travail des infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et perfusionnistes du Québec.

Les déléguées de la FIQ en ont décidé autrement.

Francois Legault en conférence de presse mardi.

Francois Legault en conférence de presse mardi.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Malgré ce rejet, le premier ministre François Legault s'est dit déterminé à améliorer les conditions de travail des infirmières, mardi.

On veut actuellement, dans les négociations, trouver tous les moyens possibles d'alléger la tâche, entre autres, des infirmières, a-t-il affirmé. C'est très, très clair. C'est l'objectif numéro un.

Preuve de l'importance de cette négociation, le premier ministre a abordé cette question de sa propre initiative, dès l'ouverture de sa conférence de presse sur la pandémie de COVID-19.

Son objectif : faire en sorte que le système public compte davantage que 50 % d'infirmières à temps complet, comme c'est le cas actuellement.

Ce qu'on essaie de faire aussi, c'est de trouver toutes sortes de moyens, de mettre des incitatifs, incluant des incitatifs financiers, pour que plus d'infirmières choisissent de travailler à temps plein.

François Legault, premier ministre du Québec

Le Conseil du Trésor, lui, s'est dit déçu de la réaction des élues de la FIQ. La prochaine étape sera de bien comprendre les raisons qui ont fait en sorte que les délégués ont rejeté cette entente, a indiqué l'attaché de presse Florent Tanlet dans un courriel.

La conclusion d'un accord de principe sur l'ensemble des clauses sectorielles en jeu aurait représenté une avancée importante au moment où les syndicats des 550 000 employés de l'État renégocient actuellement leurs conventions collectives, échues depuis la fin mars.

Seuls deux autres syndicats, dans le milieu de l'éducation, ont conclu une telle entente avec le gouvernement Legault jusqu'à maintenant, soit le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) et l'Union des employés et employées de service, section locale 800 (UES 800), tous deux affiliés à la FTQ.

Ces ententes, explique la centrale syndicale, n'ont pas été publicisées, car elles seront soumises aux membres en même temps que les résultats des négociations intersectorielles, qui se poursuivent.

La FIQ compte quelque 76 000 membres infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et perfusionnistes cliniques travaillant dans les établissements de santé publics du Québec. Près de 90 % sont des femmes.

Outre l'augmentation du ratio infirmière-patients dans les différents établissements, le syndicat réclame notamment la fin des heures supplémentaires obligatoires. Il souhaite aussi de manière générale que le gouvernement offre plus de stabilité à ses membres afin de rendre la profession plus attrayante.

De nombreuses manifestations se sont tenues au cours des derniers mois pour dénoncer les conditions de travail des infirmières. Certaines se sont même enchaînées devant le Conseil du Trésor, la semaine dernière.

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