•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une présentation du budget de la police d'Ottawa sous haute tension

Le quartier général du Service de police d'Ottawa.

La présentation du budget de la police devant la Commission de services policiers d’Ottawa s'est déroulée dans un climat tendu.

Photo : Dereck Doherty

Radio-Canada

Près de 100 personnes issues de la société civile ont assisté à la présentation du budget de la police devant la Commission de services policiers d’Ottawa dans un climat tendu. Le chef de la police a demandé à la Commission d'augmenter de 13 millions dollars le budget opérationnel net de son service.

Peter Sloly a présenté un budget de 332,5 millions de dollars pour 2021, soit une hausse de 13,2 millions de dollars comparativement au budget de 2020 .

Cette présentation avait lieu dans un contexte très tendu dans le sillage de 12 arrestations tôt samedi matin à la suite de la dispersion d'une manifestation qui durait depuis jeudi.

Plusieurs membres de la société civile qui étaient présents, lundi, à la Commission des services policiers d’Ottawa ont dénoncé la hausse du budget réclamé par le chef de police.

Je suis ici aujourd’hui pour demander à la Commission de geler le budget de la police et d’abandonner toutes les charges contre les manifestants arrêtés en fin de semaine, a expliqué Cassie Slacke, designer indépendante et artiste d’Ottawa.

Parmi les personnes qui se sont exprimées devant les membres de la Commission, certaines sont membres ou sympathisants de la coalition de la diaspora noire d’Ottawa et de la coalition Justice for Abdirahman.

Ces groupes ont partagé sur les réseaux sociaux une liste de 10 demandes. Parmi celles-ci, ils réclament que le conseil municipal vote contre une augmentation de 13,2 millions de dollars pour le budget de la police, la modification de politiques policières et des interventions concernant des appels en santé mentale.

Ils exigent aussi la fin du racisme dans les écoles et le système de soins de santé.

Sentiment de frustration

L’émotion était vive pendant le témoignage des membres du public.

Bon nombre de personnes ont exprimé leur colère face au comportement des policiers samedi qui a mené à l’arrestation de 13 personnes dont 12 font face à des accusations de méfaits.

En me basant sur les événements de cette fin de semaine, j’ai honte de vivre dans une ville qui supporte des droits qui ressemblent de plus en plus aux droits préciviles qui existaient dans le sud des États-Unis, a confié émue Roxane Buckle.

Pour le vice-président du Comité de l'équité au Service de police d'Ottawa, Gérard Étienne, la mort d'Abdirahman Abdi à la suite d'une intervention policière musclée est devenue le symbole des injustices que vivent les populations racisées d’Ottawa.

M. Abdi est devenu tout comme George Floyd un symbole pour demander une justice sociale, a expliqué M. Étienne qui souhaite que les gens comprennent la colère des manifestants.

Une perturbation [comme la manifestation de samedi] au contraire, c‘est un cri légitime qui demande justice, qui demande qu’on arrête de victimiser les populations racialisées et marginalisées.

Une citation de :Gérard Étienne, vice-président du Comité de l'équité au Service de police d'Ottawa

La colère est montée d'un cran lorsque la présidente de la Commission des services policiers d'Ottawa Diane Deans a averti qu’elle n’allait pas soutenir le gel du budget de la police.

Beaucoup pensent que des solutions peuvent être rapidement trouvées en réduisant ou en gelant le budget de la police. Mais, je ne peux pas vous soutenir sur cette demande pour le moment. Je sais que vous serez déçu d'entendre cela, mais le travail sur lequel nous voulons nous pencher nécessite une réponse et nous voulons bien faire, a soutenu Mme Deans.

Le conseil municipal d'Ottawa doit accepter ou rejeter le budget de la police le 9 décembre.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !