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Arrestations lors d’une manifestation antiraciste : le chef de police d’Ottawa s’explique

Le chef de la Police d'Ottawa Peter Sloly accorde une entrevue via vidéoconférence.

Le chef de police d'Ottawa, Peter Sloly, s'est expliqué devant la Commission des services policiers d'Ottawa.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le chef du Service de police d'Ottawa (SPO), Peter Sloly, a dû s’expliquer, lundi, devant la Commission des services policiers sur les actions menées par les agents contre des manifestants samedi matin.

Un groupe de manifestants dont des membres de la coalition de la diaspora noire d’Ottawa et de la coalition Justice for Abdirahman s’était installé, jeudi, à l’intersection de l'avenue Laurier et de la rue Nicholas.

Les manifestations voulaient dénoncer notamment le racisme systémique au sein de la société.

Après deux jours de négociations, les policiers ont décidé de disperser les protestataires jugeant que l’intersection où ils s’étaient installés représentait un risque de danger pour le public.

Nous savons tous que Nicholas et Laurier sont l'une des plus grandes intersections de la ville et aussi la plus fréquentée, a souligné le chef de police.

Il a précisé que les policiers ont été informés de cette manifestation seulement après avoir reçu des appels du public en raison de problèmes de circulation.

Peter Sloly a rappelé lors de son témoignage que cette artère névralgique de la ville était un lieu de passage important pour les services d’urgences et les trajets interprovinciaux entre autres et que le risque pour le public devenait de plus en plus important à mesure que la manifestation prenait de l'ampleur.

Au moment où les manifestants sont arrivés dans cette intersection, nous avons compris que le risque augmenterait d’heure en heure, de jour en jour, que ça n'allait que s’aggraver.

Peter Sloly, chef du Service de police d'Ottawa

Jugeant la situation préoccupante et dangereuse, la police a décidé de mener des discussions avec les manifestations pour les installer dans un endroit plus sécuritaire.

Arrestations

Toutefois, malgré un dialogue continu et plusieurs avertissements, la police a décidé de disperser les manifestants, samedi matin.

Il était clair qu'il y avait très peu de leadership cohésif sur ce site, capable ou disposé à négocier et à coordonner matériellement pour résoudre ces problèmes de sécurité publique avec nous, a souligné Peter Sloly.

Le chef du SPO a expliqué au membre du Commission des services de police que la majorité des protestataires ont répondu positivement aux demandes des policiers de quitter les lieux.

Cependant une poignée d’entre eux est demeurée sur le site, ce qui a mené initialement àl’arrestation de 13 personnes à 3 h 30, samedi matin. Un jeune a été libéré sans être accusé, mais les 12 autres manifestants font face à des accusations.

On a choisi le matin très tôt pour diminuer l'impact sur toute la ville et améliorer la sécurité des manifestants, a-t-il confié.

Le chef de police d’Ottawa s’est dit heureux que les événements se soient conclus de façon la plus sécuritaire possible.

La police d'Ottawa a géré une manifestation de 36 heures dans l'une des zones les plus à risque de la ville et nous avons pu arriver à un résultat sûr face à une situation très longue et compliquée.

Peter Sloly, chef du Service de police d'Ottawa

Une manifestation regroupant près d'une centaine de personnes a par la suite eu lieu devant le quartier général du SPO, dans la journée de samedi afin de dénoncer les arrestations policières.

Trahison

Parmi les 12 manifestants arrêtés samedi matin, Vanessa Dorimain, co-présidente de la coalition de la diaspora noire d’Ottawa, a dit s'être sentie trahie.

Ces arrestations sont intervenues quelques heures avant que les manifestants ne rencontrent la conseillère et présidente de la Commission des services policiers, Diane Deans, le conseiller Rawlson King et Daljit Nirman dans le but d'établir un dialogue constructif. La réunion a été annulée après les arrestations.

Interrogée par CBC, lundi, pour savoir si elle était toujours ouverte à participer à une réunion, Mme Dorimain a répondu par la négative.

Non, a-t-elle répondu. Parce que nous étions prêts ce matin-là. Nous disions à tout le monde sur place que nous avions obtenu une réunion [...] Nous étions prêts et préparés à avoir une conversation.

J'ai été arrêtée. J'ai été détenue, mise en garde à vue. C'est une expérience très traumatisante. Je souffre actuellement à cause de cette arrestation.

Vanessa Dorimain, co-présidente de la coalition de la diaspora noire d’Ottawa

Plusieurs militants, dont des membres de la coalition Justice for Abdirahman participaient à la manifestation.

Les protestataires campaient depuis jeudi après-midi à l'intersection de l'avenue Laurier et de la rue Nicholas, près de l'Université d'Ottawa.

Mme Dorimain a raconté que des manifestants étaient en train de redresser des tentes que le vent avait affaissées, quand ils ont réalisé que les policiers s'approchaient du campement. Elle a dit que les agents ont averti le groupe de protestataires par haut-parleur qu'ils avaient 10 minutes pour quitter les lieux.

Juste après cette annonce, nous avons vu des policiers en ligne qui venaient vers nous, et nous avons réalisé qu'ils étaient prêts à nous arrêter sur place cette nuit-là, a poursuivi Mme Dorimain. On ne comprenait pas pourquoi ils arrivaient maintenant.

Un groupe de manifestants était présent lundi lors de l’étude du budget de la police d’Ottawa par la Commission des services policiers pour dénoncer les tensions de la fin de semaine et réclamer un gel du budget de la police d'Ottawa.

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