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Joe Biden obtient le feu vert pour amorcer la transition

Une vue, un peu cachée par des feuilles au couleur d'automne, de la Maison-Blanche, le 12 novembre 2020, à Washington.

Joe Biden pourra maintenant préparer son arrivée à la Maison-Blanche.

Photo : afp via getty images / BRENDAN SMIALOWSKI

Seize jours après avoir remporté l'élection, le président désigné Joe Biden a obtenu l'aval de la directrice de l'agence fédérale américaine autorisant la transition gouvernementale. Sans concéder la victoire, le président sortant Donald Trump a peu après affirmé sur Twitter qu'il recommandait à l'agence et à sa propre équipe d'agir en ce sens.

Au centre de critiques pour sa lenteur à lancer le processus de transition, la responsable de l'Administration des services généraux (GSA), Emily Murphy, a expliqué sa décision par les récents développements concernant des recours judiciaires et la certification de résultats électoraux dans une lettre envoyée à Joe Biden.

Joe Biden a déjà posé plusieurs gestes liés à la transition, procédant par exemple à la nomination de collaborateurs au sein de la Maison-Blanche et de son Cabinet.

Mais la décision de Mme Murphy de signer les documents requis permettra au président désigné et à son équipe de recevoir le budget de quelque six millions de dollars alloué au processus de transition, d'avoir accès à des locaux et d'entrer en contact avec les responsables des différents départements et agences du gouvernement pour prendre connaissance des informations confidentielles essentielles au bon fonctionnement de la prochaine administration.

Mme Murphy a par ailleurs martelé son indépendance.

Personne de la branche exécutive – ce qui inclut ceux qui travaillent à la Maison-Blanche ou à la GSA – n'a exercé de pressions directes ou indirectes pour influencer le contenu ou le moment de ma décision.

Une citation de :Emily Murphy, administratrice de la GSA

Ironiquement, peu après que les médias eurent annoncé ces derniers développements, le président Trump a pourtant écrit sur Twitter qu'il avait lui-même donné son aval à la décision dans le meilleur intérêt de notre pays, remerciant la fonctionnaire pour sa loyauté au pays.

Je recommande qu'Emily et son équipe fassent ce qui doit être fait en ce qui concerne les protocoles initiaux, et j'ai dit à mon équipe de faire de même, a-t-il soutenu. Sur papier, la décision ne relève pas de lui, mais bien de la GSA.

Donald Trump, qui crie aux fraudes électorales depuis des semaines, n'a pas pour autant reconnu sa défaite.

Nous continuons FORTEMENT à défendre notre cause, nous continuons notre combat légitime et je crois que nous vaincrons!

Une citation de :Donald Trump, sur son compte Twitter

Le président Trump et ses alliés, qui ont multiplié les recours judiciaires dans quelques États clés, intentant même plusieurs poursuites par État, ont encaissé une trentaine de revers judiciaires.

Dans un communiqué, le directeur exécutif de la transition de l'équipe Biden-Harris, Yohannes Abraham, a par ailleurs présenté la décision de Mme Murphy comme une étape nécessaire pour commencer à relever les défis auxquels notre nation est confrontée, soulignant que les membres de l'équipe chercheraient à avoir un compte rendu exhaustif de l'information liée à la sécurité nationale et la pandémie.

Des pressions croissantes

Dernière défaite en lice devant les tribunaux, survenue peu avant la décision de Mme Murphy : la Cour suprême de Pennsylvanie a rejeté la requête du camp Trump visant à bloquer le comptage de milliers de votes postaux pour des raisons techniques.

Peu auparavant l'envoi de la lettre, le comité de validation des résultats de l'État du Michigan avait en outre approuvé la confirmation des résultats de l'élection du 3 novembre, à l'instar de la Georgie qui a validé ses résultats électoraux la semaine dernière.

Le camp démocrate, mais aussi quelques élus républicains, qui eux n'allaient pas tous aussi loin que reconnaître la victoire de Joe Biden, avaient mis de l'avant les risques d'une transition retardée.

Lundi, trois autres sénateurs républicains, Lamar Alexander, Rob Portman et Shelley Moore Capito, ont reconnu la victoire apparente de Joe Biden.

Il n'y a pour l'instant aucune preuve de fraudes ou d'irrégularités généralisées qui changeraient les résultats dans un quelque État que ce soit, a reconnu dans une lettre ouverte au Cincinnati Enquirer le sénateur Portman, un allié du président qui a même coprésidé sa campagne en Ohio.

Dans une déclaration rendue publique lundi matin, une centaine d’experts en sécurité nationale républicains ont en outre pressé les républicains du Congrès à exiger du président Trump qu'il concède l'élection et entame immédiatement la transition. Par leur appui ou leur silence, ils mettent en péril la démocratie et la sécurité nationale des États-Unis, ont-ils soutenu.

Plus de 160 dirigeants d'entreprises de New York, dont Mastercard, Goldman Sachs et HSBC, ont eux aussi demandé à l'administration Trump d'aller de l'avant avec la transition, invoquant dans une lettre publiée lundi le besoin de gérer la pandémie et d'investir dans la reprise économique.

Emily Murphy sur la défensive

Emily Murphy qui jure sur la Bible lors de son assermentation.

Emily Murphy a été assermentée à l'Administration des services généraux en 2017 à Washington.

Photo : Reuters / GSA

Dans un plaidoyer occupant les trois quarts de la lettre, Mme Murphy a rejeté tout parti pris et justifié les délais en disant qu'elle ne contrôlait pas les processus de certification des résultats électoraux des États, l'issue des recours judiciaires ou les recomptages.

Se disant victime de milliers de menaces, la fonctionnaire a écrit avoir pris sa décision de façon indépendante en fonction de la loi et [des] faits disponibles, affirmant que la peur ou le favoritisme n'avaient pas motivé les délais derrière le lancement du processus.

Mme Murphy a par ailleurs déploré que cette responsabilité incombe à une agence dont le rôle consiste à fournir des locaux aux agences gouvernementales, invitant les élus du Congrès à modifier la loi de façon à confier ce rôle à une autre personne ou à une autre entité.

Je ne pense pas qu'une agence chargée de l'amélioration des approvisionnements fédéraux et la gestion immobilière devrait se placer au-dessus du processus électoral fondé sur la Constitution, a-t-elle estimé.

Avec les informations de Washington Post

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