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Une candidature de Québec pour les Jeux olympiques de 2030?

La plaque de l'UNESCO devant la statue de Champlain et le Château Frontenac.

Maintes fois évoquée depuis les échecs de 2002 et 2010, l’idée d’une nouvelle candidature de Québec a de nouveau été balayée par le maire Régis Labeaume en juin.

Photo : Radio-Canada / Véronique Lessard

Un promoteur tente de relancer le projet d’accueillir les Olympiques à Québec. Mark Charest dit avoir eu des discussions encourageantes avec le Comité olympique canadien et il espère maintenant que des gens d’affaires de la région embarquent dans l’aventure d’une candidature pour les Jeux d’hiver 2030.

Maintes fois évoquée depuis les échecs de 2002 et 2010, l’idée d’une nouvelle candidature de Québec a de nouveau été balayée par le maire Régis Labeaume, en juin.

Mark Charest n’en est toutefois pas à son premier projet ambitieux. C’est lui qui, au milieu des années 2000, avait porté le projet infructueux d’un nouvel amphithéâtre à Saint-Augustin-de-Desmaures pour permettre le retour des Nordiques.

Le promoteur dit avoir travaillé dans l’ombre ces deux dernières années avec une panoplie d’intervenants, mais pas de gros noms. Sa décision de dévoiler le projet publiquement avec un site web (Nouvelle fenêtre) est venue après des discussions avec la présidente du Comité olympique canadien, Tricia Smith, et Walter Sieber, ex-vice-président de l’organisation.

Une foule réunie à la place D'Youville regarde un écran géant.

La population de Québec s'était réunie à la place D'Youville, le 16 juin 1995, pour regarder en direct la décision du Comité international olympique quant à la présentation des Jeux olympiques de 2002.

Photo : Radio-Canada

Un contexte différent de 2002

Pour Mark Charest, rien ne sert de pousser davantage l’idée si l’acceptabilité sociale n’y est pas. Un référendum avait notamment mis la hache dans le projet de Calgary 2026.

Il faut donc prendre le pouls de la population d'abord et avant tout. On veut sonder la communauté d’affaires, a précisé le promoteur à l'émission C'est encore mieux l'après-midi, lundi.

Il assure que le contexte a bien changé depuis la candidature de Québec 2002. Québec a toujours les mêmes atouts : une ville hivernale où toutes les infrastructures sportives se trouvent à proximité. Le Centre Vidéotron et le nouveau Centre des glaces se sont ajoutés depuis.

Le fait que les Jeux d’hiver auront été tenus en Asie en 2018 et 2022, et en Europe en 2026, favorise également une candidature canadienne en 2030, souligne-t-il. Mais c’est surtout l’agenda 2020 du Comité international olympique (CIO), une réforme annoncée depuis quelques années, qui encourage Mark Charest.

Le système de réfrigération de l'anneau de glace est déjà en place.

Le chantier du Centre de glaces, lors d'une visite en septembre. La nouvelle infrastructure doit ouvrir ses portes en septembre 2021.

Photo : Radio-Canada / Bruno Savard

La montagne, un dossier toujours problématique

Québec a toutefois le même problème qu'il y a 25 ans : une montagne qui peut accueillir la prestigieuse épreuve de descente selon les standards de la Fédération internationale de ski (FIS). Les pistes de bobsleigh et les tremplins de saut à ski seraient aussi à construire.

Or, le CIO a ouvert la porte dans son horizon 2020 à des candidatures conjointes de plusieurs villes.

Ça allège la problématique des infrastructures. Québec pourrait très bien être hôte avec Vancouver, par exemple

Le promoteur Mark Charest

En ayant peu d’infrastructures à construire, son comité évalue la facture pour accueillir les Olympiques en 2030 à un peu plus de 6 milliards $. Un montant inférieur aux coûts estimés de toutes les éditions des Jeux depuis Turin, en 2006.

Des intervenants sceptiques

Très impliqué dans le dossier de la montagne de ski avec le comité Québec 2002 au milieu des années 90, Jacques Hérisset est sceptique quant à l’idée d’une candidature conjointe. La descente, une épreuve reine des Jeux d’hiver, devrait avoir lieu à Québec ou à tout le moins dans la province, selon lui.

Je ne serais pas en faveur de partager ça. Si la FIS est prête à faire deux manches de descente de 500 m plutôt qu’une de 800 m, alors on aurait tout ce qu’il faut avec le cap Maillard, estime-t-il.

Historiquement, toutefois, la FIS ne s'est pas montrée flexible, surtout que la deuxième partie de l’épreuve de descente est ce qui départage les hommes des enfants.

Photo en noir et blanc du prince en vêtements de ski.

Membre du comité Québec 2002, Jacques Hérisset (à droite), avait notamment accueilli à Québec le prince de Monaco (au centre), membre du Comité international olympique.

Photo : Radio-Canada

Directeur général d’Excellence sportive Québec-Lévis, Côme Desrochers exprime également des réserves. Dans un contexte économique d’après-pandémie qui s’annonce difficile, il faudra d’abord s’assurer d’investir dans les infrastructures sportives pour la population.

Il donne l’exemple du Centre des glaces, un projet qui a mûri longtemps pour qu’il puisse desservir non seulement l’élite, mais aussi la communauté avec une vocation multifonctionnelle. Il mentionne également le Centre Acrobatx, à Lac-Beauport, qui tente encore de boucler le financement pour la reconstruction des rampes d’eau.

Un projet trop précipité?

Je ne suis pas contre l’idée des olympiques, mais on pourrait commencer par grossir progressivement notre réseau d’infrastructures régionales, plaide Côme Desrochers.

Jacques Hérisset abonde dans le même sens. La ville de Québec sera toujours considérée par le CIO, mais il ne faut pas tomber dans le piège que ça devienne un gouffre financier.

Mark Charest, lui, voit plutôt l’après-pandémie comme un moment où le gouvernement voudra investir dans de grands projets d’infrastructure. Québec 2030 pourrait très bien être un stimulateur d’économie, lance-t-il. Le projet aura toutefois rapidement besoin, admet le promoteur, du soutien du maire de Québec.

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