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Neskantaga demande le départ d’une fonctionnaire de Services aux Autochtones Canada

Chris Moonias dans un salle de conférence.

Le chef de Neskantaga, Chris Moonias, affirme qu'il ne peut plus travailler avec la directrice ontarienne de Services aux Autochtones Canada, Anne Scotton.

Photo : CBC/Marc Doucette

Radio-Canada

Le chef de la Première Nation de Neskantaga demande le renvoi de la directrice régionale de l’Ontario pour le ministère des Services aux Autochtones, Anne Scotton, en raison d’une « perte de confiance totale », selon un courriel envoyé lundi matin à la sous-ministre adjointe principale, Lynda Clairmont.

Au lieu de travailler à renouveler les relations respectueuses avec les peuples autochtones, Mme Scotton a fait preuve de paternalisme dans son travail, reflétant les valeurs colonialistes plutôt que la réconciliation, et son implication cause un préjudice continu à notre peuple, écrit le chef Chris Moonias dans son courriel, qui a été obtenu par CBC.

Compte tenu de l’impact du comportement de Mme Scotton, c’est avec une extrême prudence que nous vous écrivons aujourd’hui pour demander la démission immédiate de la directrice générale régionale Anne Scotton.

Chris Moonias, chef de la Première Nation de Neskantaga

L’appel au départ de la directrice intervient quatre jours après que le ministre Marc Miller ait annulé le cadre établi par Mme Scotton pour une enquête sur la crise de l’eau qui dure depuis 25 ans à Neskantaga, car la communauté n’avait pas été consultée.

La firme choisie par le gouvernement pour mener l'enquête a supervisé les finances de la Première Nation pendant 16 ans, ce qui a offensé Chris Moonias.

En conférence de presse vendredi, le ministre Miller a réitéré que les termes de l’enquête seront élaborés conjointement et qu’une nouvelle firme de consultant sera choisie avec l’appui de la communauté.

CBC News a contacté Mme Scotton pour obtenir sa réaction, mais n’a pas eu de réponse.

Dans une déclaration par courriel, le bureau de M. Miller a écrit que la priorité du ministère est la santé et le bien-être des membres de Neskantaga.

L’indépendance des services publics est essentielle pour garantir un gouvernement éthique et efficace, a écrit un porte-parole. Les employés du ministère, et toutes les décisions liées au personnel, y compris celle-ci, sont sous l’autorité de la sous-ministre.

Le député néo-démocrate de Timmins—Baie James, Charlie Angus, a qualifié la réponse du bureau de M. Miller de totalement bidon et a déclaré que c’est le travail du ministre de rétablir la confiance.

Demander la démission du directeur général régional est, je pense, presque sans précédent, mais cela montre à quel point la question de Neskantaga est devenue politiquement toxique.

Charlie Angus

Je pense qu’étant donné la façon dont ce dossier a été traité, Mme Scotton ne devrait pas être celle qui prend les décisions sur la négociation avec Neskantaga, a commenté M. Angus.Je pense que le ministre doit considérer cela comme une question politique. C’est quelque chose qui embarrasse tout le pays.

La goutte qui fait déborder le vase

Après notre dernière expérience avec Mme Scotton, notre tolérance pour son comportement et son manque de respect envers notre nation a dépassé les bornes, a écrit M. Moonias dans le courriel adressé à la sous-ministre Clairmont.

Il ajoute que les autorités de Neskantaga ont été rabaissées par Anne Scotton dans les dernières semaines et que celle-ci leur a manqué de respect.

Chris Moonias affirme que Mme Scotton n’a pas tenu compte des préoccupations concernant la sécurité lorsqu'il a demandé l’évacuation de la communauté après qu’une substance huileuse ait été découverte dans le réservoir de la communauté le 19 octobre et que l’eau courante ait été coupée.

L'eau du réservoir.

Une couche huileuse est apparue dans le réservoir d'eau de la Première Nation Neskantaga.

Photo : Facebook/Matawa First Nations

La quasi-totalité des 300 membres de Neskantaga a depuis trouvé refuge dans un hôtel de Thunder Bay.

Il est pratiquement impossible de continuer à aller de l’avant et de manière satisfaisante, a écrit M. Moonias au sujet de Mme Scotton. Malheureusement, ce n’est qu’un exemple de ce genre de comportement.

L’année dernière, Neskantaga a déclaré l’état d’urgence après que l’approvisionnement en eau de la communauté ait dû être coupé.

Au cours d’une conférence téléphonique le 14 septembre 2019, dont CBC a obtenu un enregistrement, Mme Scotton a déclaré à Moonias que le gouvernement fédéral ne financerait pas une évacuation et que le problème n’était pas qualifié d’urgence.

Ce commentaire a conduit à un échange animé entre M. Moonias et Mme Scotton.

C’est votre infrastructure qui nous fait défaut en ce moment. C’est votre conception qui est en cause... et vous n’allez pas nous aider?

Chris Moonias, chef de la Première Nation de Neskantaga

Mme Scotton avait répondu que le ministère faisait de son mieux, mais que la situation n’exigeait pas une évacuation.

Avec les informations de CBC

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