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Les déplacements interprovinciaux chamboulés en Atlantique

Un camion sur le pont s'apprête à passer sous l'affichage numérique d'un message rappelant l'état d'urgence.

Le message affiché en mars 2020 sur le pont de la Confédération qui mène à l'Île-du-Prince-Édouard demande aux voyageurs de respecter les ordres de santé publique.

Photo : Getty Images / shaunl

Radio-Canada

Les quatre premiers ministres des provinces de l'Atlantique ont demandé aux citoyens de limiter leurs déplacements interprovinciaux. À l’approche du temps des fêtes, l'éclatement de la bulle atlantique fait craindre des répercussions économiques pour les entreprises de la région.

Dès mardi, tout voyageur arrivant à l'Île-du-Prince-Édouard devra s’isoler pendant 14 jours. Les voyageurs arrivant à Terre-Neuve-et-Labrador devront faire de même dès mercredi.

L'économiste Pierre-Marcel Desjardins, directeur de l’École des hautes études publiques de l’Université de Moncton, croit pour sa part que ces nouvelles mesures sanitaires pourraient permettre à la région de l'Atlantique de tirer son épingle du jeu à moyen terme.

Un homme barbu qui parle sérieusement.

Pierre-Marcel Desjardins, économiste

Photo : Radio-Canada / Patrick Lacelle

« Si on veut que l’économie puisse connaître une certaine prospérité dans le malheureux environnement où l'on se retrouve, il faut quand même que l’on contrôle cette pandémie-là. »

— Une citation de  Pierre-Marcel Desjardins, économiste et directeur de l’École des hautes études publiques de l’Université de Moncton

Pierre-Marcel Desjardins estime que la conséquence économique à court terme la plus importante pour la province touchera le magasinage du temps des fêtes.

Magasinage interrompu

À la veille du Vendredi fou et à l’approche des vacances d’hiver, les résidents de l’Île-du-Prince-Édouard ne viendront effectivement pas faire leurs emplettes à Moncton, comme c’est parfois le cas.

Ce n'est vraiment pas une surprise. Espérons que la suspension sera seulement de deux semaines et que nous pourrons revenir à une bulle complète. C'est le moment de l'année où les commerçants réalisent une bonne partie de leurs profits. Mais cela démontre l'importance de soutenir les entreprises locales, indique John Wishart, président de la Chambre de commerce du Grand Moncton

Pierre-Mercel Desjardins souligne que le sud du Nouveau-Brunswick sera sûrement plus touché que le Nord. Le Nord, c’est beaucoup plus loin de l’Île-du-Prince-Édouard, donc automatiquement ça aura moins d’impact, explique-t-il.

Les transports perturbés

On demande à toute personne qui considère un voyage pour du magasinage ou pour une autre raison non essentielle d'annuler son voyage, a indiqué pour sa part lundi le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Stephen McNeil.

Mike Cassidy, propriétaire de Maritime Bus, assure que les horaires ne seront pas perturbés, mais les voyageurs en direction de l'Île-du-Prince-Édouard devront démontrer que le voyage qu'ils font est essentiel. Il craint cependant une baisse du nombre de passagers à l'approche de la période achalandée des Fêtes.

Du côté de l'aéroport international Roméo-LeBlanc de Moncton, des vols mis en place récemment entre Moncton et Saint-Jean à Terre-Neuve sont passés de deux à un.

 Entrée de l'aéroport de Moncton.

L'aéroport international Roméo-LeBlanc de Moncton

Photo : Radio-Canada / Guy R. Leblanc

Tout le monde souffre, observe la porte-parole de l'aéroport Julie Pondant. Les gens qui veulent voyager souffrent parce qu'ils ne seront pas capables d'aller à leur destination. Du côté des retombées économiques, à la fois pour l'aéroport et pour les compagnies aériennes, les deux en souffrent. Espérons que ça ne va pas durer longtemps.

Des changements pour les travailleurs essentiels

En plus des consommateurs et des vacanciers, de nombreux travailleurs essentiels des provinces atlantiques doivent se déplacer de province en province, dont, entre autres, les camionneurs.

Pour Jean-Marc Picard, directeur général de l’Association des camionneurs de l’Atlantique, ces nouvelles mesures sanitaires annoncées lundi ne changent pas beaucoup de choses pour ses employés. Dans les dernières semaines, on s’y attendait un peu, dit-il.

Les camionneurs de l’Association sont depuis le mois de mars habitués à se déplacer dans des zones rouges, hors de la bulle atlantique, parfois même aux États-Unis.

Une affiche à la frontière entre les États-Unis et le Canada

La frontière américaine est fermée aux voyages non essentiels depuis le début de la pandémie.

Photo : Radio-Canada

À ce jour, l’association n’enregistre d’ailleurs aucune infection à la COVID-19 de ses membres depuis le début de la pandémie. On s’isole dans notre camion presque toute la journée, souligne Jean-Marc Picard..

Si les chauffeurs doivent maintenant s’isoler et se faire tester au retour sur l’île, cela pourrait effectivement mettre hors service quelques employés un peu plus longtemps qu’à l’habituel.

Le directeur général de l'Association des camionneurs de l'Atlantique, Jean-Marc Picard, en entrevue télévisée.

Le directeur général de l'Association des camionneurs de l'Atlantique, Jean-Marc Picard.

Photo : Radio-Canada / Michèle Brideau

Avec les informations de Jean-Philippe Hughes et Karine Godin

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