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Le massothérapeute Patrick Chénard contre-interrogé par la Couronne

Patrick Chénard et son avocat Yves Desaulniers devant palais de justice de Mont-Joli. (Archives)

Patrick Chénard (droite) et son avocat Yves Desaulniers (gauche) devant palais de justice de Mont-Joli (archives)

Photo : Radio-Canada / Alexandre Courtemanche

Le procès du massothérapeute et kinésiologue Patrick Chénard s’est poursuivi lundi avec le contre-interrogatoire de l’accusé par la Couronne, au palais de justice de Rimouski.

Les faits allégués par les 10 présumées victimes se seraient produits en novembre 2015 à Trois-Rivières et entre janvier 2016 et avril 2018 à Rimouski. Deux d'entre elles étaient alors mineures.

L’homme de 29 ans fait face à 11 chefs d’accusation d’agression sexuelle et un chef d’exploitation sexuelle.

Une autre plaignante avait témoigné lors du procès qui s’est amorcé en janvier 2020, mais aucune accusation n’a été déposée dans ce dossier précis.

En cour lundi, le procureur aux poursuites criminelles et pénales, Normand Morneau-Deschênes, a d’abord demandé à Patrick Chénard s’il avait touché les parties génitales des présumées victimes par accident, ou s’il était possible qu’il l’ait fait sans s’en rendre compte.

L’accusé a répondu par la négative pour les 11 plaignantes en affirmant qu’il avait toujours utilisé les mêmes techniques de drapage pour couvrir ses clientes et qu’il avait toujours respecté un point d’arrêt relativement éloigné des parties génitales de celles-ci lors des massages.

Le geste en cœur

Le procureur a ensuite interrogé Patrick Chénard sur un geste que l’accusé surnomme le geste en cœur. Selon ses dires, ce geste consiste à glisser ses mains des épaules et du thorax d’une personne vers l’abdomen en passant par ses côtes.

L’accusé a admis que ce geste ne se retrouvait pas dans les manuels scolaires de son programme d’études, mais que cette technique lui avait été enseignée par l’un de ses professeurs à l’université.

Lorsque Normand Morneau-Deschênes a demandé à l’homme de 29 ans pourquoi aucune des images qu’il avait fournies à la cour ne représentait exactement le geste, Patrick Chénard a répondu qu’il n’avait pas présenté au tribunal la vidéo qui illustrait le mieux le passage de ses mains parce que la personne qui se faisait masser sur la vidéo était partiellement dénudée.

Pendant leurs témoignages, des plaignantes ont allégué que l’accusé avait passé ses mains entre leurs seins en effectuant ce geste, ce que l’accusé a de nouveau nié.

Il a également réfuté avoir pu toucher aux parties génitales des présumées victimes par erreur en faisant ce geste.

Tests sur les effets de la musique

Le procureur aux poursuites criminelles et pénales a ensuite posé plusieurs questions à Patrick Chénard concernant ses tests sur les effets de la musique en massothérapie.

L’accusé a confirmé qu’il avait invité de 60 à 80 personnes à participer à ces tests à partir de recommandations d’amis sur Facebook et que, sur ce nombre, il n’avait invité qu’un ou deux hommes.

Il a dit avoir invité surtout des femmes parce qu’elles étaient, selon la littérature scientifique, plus nombreuses que les hommes à se faire masser et parce qu’elles représentaient la majorité de sa clientèle.

Patrick Chénard a également affirmé qu’un échantillon composé uniquement de femmes aurait été plus pratique s’il avait décidé plus tard de faire une étude sur le même sujet.

L’homme de 29 ans a ajouté craindre d'être la cible de commentaires homophobes s'il faisait des massages de détente à des hommes, ce qui s’était produit selon lui à quelques reprises dans le passé.

Il a par contre précisé ne pas limiter sa clientèle aux femmes dans sa pratique normale.

La Couronne lui a aussi demandé à quoi il attribuait le fait que 11 personnes sur les 28 rencontrées dans le cadre des tests n’avaient pas poursuivi les traitements avec lui jusqu’à la dernière des trois séances prévues.

L’accusé a dit ne pas pouvoir l’expliquer, sauf pour certaines qui avaient des empêchements et pour celles qui avaient plus tard porté plainte contre lui.

Le procès doit reprendre mardi au palais de justice de Rimouski.

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