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Des demi-classes réclamées pour contrer l’isolement des étudiants

Un mortier, un ordinateur portable, un diplôme et des livres posés sur une table dans une bibliothèque.

La FECQ croit qu'une solution à l'isolement des étudiants passe par les demi-classes.

Photo : Getty Images / Chinnapong

Kassandra Nadeau-Lamarche

Un sondage de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) révèle que la majorité des étudiants collégiaux ont vu leur état de santé psychologique se détériorer depuis mars dernier. La solution des demi-classes est réclamée par plusieurs d'entre eux pour sortir de l’isolement et développer une routine.

Selon le sondage effectué auprès de 6215 étudiants du collégial, 64 % des étudiants au cégep considèrent que leur état de santé mentale s'est détérioré depuis le début de la pandémie.

Les conséquences psychologiques de la crise sanitaire sur les étudiants des cycles supérieurs sont à nouveau mises à l’avant-plan.

Les causes principales de l’augmentation de la détresse psychologique sont l’isolement lié aux mesures de confinement (86 %) ainsi que la charge de travail (73 %), d'après les répondants.

Les demi-classes pour contrer l’isolement

La FECQ recommande que le gouvernement agisse rapidement afin que l’enseignement devienne moins une source de stress et de détresse psychologique pour les étudiants.

La solution des demi-classes, où une partie de la classe serait sur place et l’autre à la maison en alternance, est privilégiée. On demande à ce qu’il y ait un standard minimal en matière de présentiel, explique la présidente de l’association étudiante, Noémie Veilleux.

Noémie Veilleux.

Noémie Veilleux est présidente de la Fédération étudiante collégiale du Québec.

Photo : Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ)

Pour l’instant, quelques enseignants, chargés de cours et professeurs ont adopté le modèle des demi-classes selon des circonstances spécifiques. Mais cette pratique n’est pas la norme, ce que voudraient pourtant plusieurs étudiants.

Différent du primaire et du secondaire

Au primaire et au secondaire, les préoccupations émises par les enseignants touchaient la difficulté de gestion d’une classe séparée en deux modes d’enseignement. En raison de l’autonomie des étudiants du cégep et de l’université, la présidente de la FECQ ne croit pas que c'est un enjeu dans leur cas.

C’est un mode d’enseignement qui fonctionne très bien au niveau universitaire et qui a le potentiel de fonctionner au collégial, explique-t-elle.

Félix Bhérer-Magnan, étudiant à la maîtrise en affaires publiques à l’Université Laval, a récemment écrit une lettre d’opinion s’adressant au premier ministre François Legault dans laquelle il réclame lui aussi une meilleure gestion de l’enseignement supérieur en temps de crise.

Il croit lui aussi que l’enseignement multimodal représente une solution idéale. Je crois qu’il serait possible de faire des petits groupes à l’université [...] Je crois que simplement le fait de revoir des gens, d’augmenter nos contacts sociaux, ça va faire une grande différence aussi.

Félix Bhérer-Magnan

Félix Bhérer-Magnan est étudiant à la maîtrise en affaires publiques à l’Université Laval.

Photo : Radio-Canada / Félix Bhérer-Magnan

Le sondage révèle aussi que plus du quart (27 %) des étudiants ne peuvent bénéficier d'un endroit calme et propice à la concentration pour étudier. La FECQ recommande donc aussi que des endroits soient aménagés sur les campus pour donner cette option à ceux qui en ont besoin.

Risque d'éclosions trop élevé

Dans une déclaration, une représentante du ministère de la Santé et des Services sociaux a coupé court les espoirs de ces étudiants en affirmant que l'implantation du concept des demi-classes n'était pas envisagée pour le cégep et l'université puisque les étudiants ne font pas partie de groupes-classes stables.

Ils ont généralement des groupes différents pour chaque cours, des horaires qui ne sont pas les mêmes chaque jour de la semaine, des changements de salles de cours, etc. […] Les établissements d’enseignement postsecondaires comprennent également des milliers d’élèves, ce qui augmente le risque d’éclosion et ce, même si uniquement la moitié des élèves étaient présents.

Marie-Claude Lacasse, porte-parole, ministère de la Santé et des Services sociaux

Il est donc encore demandé aux établissements d'enseignement supérieur de privilégier l'enseignement à distance.

Trop de technologies différentes

Une autre des revendications de l’Association étudiante touche le nombre trop diversifié de technologies utilisées pour l’enseignement à distance. La gestion des apprentissages va être aussi énergivore que les apprentissages en eux-mêmes , ajoute Noémie Veilleux.

Dans une déclaration écrite, la ministre de l’Enseignement supérieur Danielle McCann affirme avoir pris connaissance des préoccupations des étudiants. Elle indique d’ailleurs avoir récemment parlé avec les directions des cégeps pour les sensibiliser au recours à un trop grand nombre de plateformes technologiques. 

Depuis août dernier, nous avons investi 10 M$ pour bonifier les services psychosociaux dans nos cégeps et universités. Mon collègue Lionel Carmant a récemment ajouté 10 M$ pour la santé mentale de nos étudiants .

Danielle McCann, ministre de l’Enseignement supérieur

Elle a également rappelé les récents investissements en santé mentale pour les cégeps et universités.

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