•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'édifice d'un ancien détachement de la GRC converti en logements abordables

Le détachement de la GRC de la rue Sparks à Sudbury.

L'édifice de l'ancien détachement de la Gendarmerie Royale du Canada de la rue Sparks sera converti en édifice de logements abordables.

Photo : Radio-Canada / Zacharie Routhier

Radio-Canada

La Municipalité du Grand Sudbury, en collaboration avec le gouvernement fédéral, va convertir l'édifice d'un ancien détachement de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) en immeuble de logements abordables.

Paul Lefebvre, député fédéral de Sudbury, en a fait l'annonce lundi matin au nom du ministre des Familles, Ahmed Hussen.

[Le détachement] a bien servi la communauté de Sudbury durant toutes ces années. C'est une journée pleine de fierté de savoir que le site continuera de le faire et d'offrir plus de maisons qui répondent aux besoins des résidents de Sudbury et qu'ils peuvent se payer.

Paul Lefebvre, député fédéral de Sudbury
Paul Lefebvre prononce un discours devant une ancienne caserne de la GRC.

Paul Lefebvre, le député de Sudbury, annonce un investissement du fédéral de plus de 500 000 $ afin d'acquérir l'édifice situé au 1310 rue Sparks.

Photo : Radio-Canada / Zacharie Routhier

Le maire de Sudbury, Brian Bigger, qui était également présent, a confirmé que le fédéral octroyait 566 400 $ à sa municipalité afin d'acquérir l'édifice situé au 1310 rue Sparks dans le quartier New Sudbury. Il espère que le projet de conversion en 14 appartements sera complété pour 2022.

Nous continuons de chercher de nouvelles occasions de travailler avec le gouvernement fédéral pour développer et améliorer les conditions de vie de nos communautés.

Brian Bigger, maire de Sudbury
Brian Bigger tient ses notes de discours à la main devant l'ancienne caserne de la GRC à Sudbury.

Le maire de Sudbury, Brian Bigger, a annoncé la conversion de l'édifice de la GRC de la rue Sparks en logements abordables.

Photo : Radio-Canada / Zacharie Routhier

Pas de construction en 30 ans

Cindi Briscoe, la directrice des services de logement de la Ville du Grand Sudbury, estime que cette nouvelle est d'une grande importance face au manque de logements, notamment dans la catégorie des une chambre à coucher.

En ce qui concerne les logements abordables, cela fait au moins 30 ans qu'aucun appartement n'a été construit.

Cindi Briscoe, directrice des services de logement de la Ville du Grand Sudbury

Selon la directrice, environ 1400 familles sont en attente afin d'obtenir un logement social. Le temps d'attente peut varier de 5 à 15 ans selon l'édifice que vous tentez d'intégrer.

Des immeubles de logement social.

Des édifices de logements sociaux du Grand Sudbury (archives)

Photo : CBC/Angela Gemmill

Des loyers à 50 % du prix du marché

L'édifice du détachement de la GRC sera transformé en 14 logements à loyer modique.

Ils seront d'ailleurs maintenus au minimum, à 50 % du loyer moyen du marché, pour au moins 55 ans.

Le loyer moyen sur le marché pour un logement d'une chambre à coucher dans le Grand Sudbury en date d'octobre 2019 s'élève à 1000 $ par mois, selon les données de la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL).

Rapport sur le marché locatif, région du Grand Sudbury (2019)

Marché locatif primaire :

  • Studios : Loyer moyen : 676 $ - Taux d'inoccupation : 3,1 %

  • Une chambre : Loyer moyen : 904 $ - Taux d'inoccupation : 2,5 %

  • Deux chambres : Loyer moyen : 1114 $ - Taux d'inoccupation : 1,9 %

  • Trois chambres ou plus : Loyer moyen : 1183 $ - Taux d'inoccupation : 0,6 %

Source : Statistique Canada

Conformité aux normes Maison Passive

Ces nouveaux logements sociaux seront bâtis conformément aux normes de rendement environnementales de la certification des Maisons Passives.

La conversion de l'édifice s'inscrit dans un plan d'investissement du gouvernement fédéral doté d'une enveloppe de 180 millions de dollars sur 12 ans.

Ces sommes sont consacrées notamment à des projets de transport en commun et de développement d'infrastructures vertes et sociales.

Pour obtenir une certification de Maison Passive, le bâtiment doit répondre aux principaux critères suivants :

  • Besoin de chauffage maximal de 15 kWh/m²a OU charge de chauffage maximale de 10 W/m²

  • Résultat maximal du test de mise sous pression de 0,6 ACH @ 50 Pa (en dépression et en surpression)

  • Besoin annuel d’énergie primaire maximale de 120 kWh/m²a

Source : Maison Passive Canada

Augmentation du temps d'attente

En ce moment, le Grand Sudbury compte environ 4600 logements abordables, allant des appartements avec une seule chambre à coucher aux maisons unifamiliales.

Tous nos logements sont pleins, explique Cindi Briscoe, directrice des services de logement de la Ville du Grand Sudbury.

Tant qu’il n’y a pas de place libre, il n’y a pas de mouvement sur la liste d’attente. Les gens attendent donc plus longtemps.

Cindi Briscoe, directrice des services de logement de la Ville du Grand Sudbury
Une femme derrière un micro

La directrice des services de logement à la Ville du Grand Sudbury, Cindi Briscoe (archives)

Photo : CBC/Markus Schwabe

Surtout avec la COVID-19, au cours de cette dernière année, nous avons remarqué que beaucoup de gens ne déménagent plus. Ils restent sur place, ils ne veulent pas prendre le risque de déménager, donc cela a essentiellement bloqué la liste d’attente, précise Mme Briscoe.

La COVID-19 aggrave la situation

C’est une situation qui s’aggrave depuis quelques années maintenant, plus encore en raison de la crise de la COVID-19, note Raymond Landry, coordonnateur du Réseau des sans-abri de Sudbury.

Un homme qui porte des lunettes et une chemise noire.

Raymond Landry est le coordonnateur du Réseau des sans-abri de Sudbury qui regroupe six agences fournissant des services aux personnes n'ayant pas de logement permanent (archives).

Photo : CBC/Markus Schwabe

C’est aggravé par le fait qu’il y a plus de gens qui sont moins nantis à cause des conséquences sur l’économie en général.

Raymond Landry, coordonnateur du Réseau des sans-abri de Sudbury.

Ça vient mettre en lumière sur le fait qu’il n’y a simplement pas assez de logements à Sudbury en général, et encore moins de logements abordables, commente Raymond Landry.

L'entrée d'un bâtiment est condamnée par du ruban jaune.

En novembre 2020, la maison de chambres Ledo Hotel a été évacuée en raison d'importantes fuites d'eau, jetant à la rue plusieurs personnes. (archives).

Photo : Radio-Canada / Yvon Thériault

La directrice des services de logement, Cindi Briscoe rappelle que la province et le fédéral ont signé en 2019 une entente pour créer une allocation au logement.

Ils peuvent être dans un logement qu’ils aiment, dans le quartier qu’ils aiment, dit-elle, mais ils trouvent simplement le loyer trop élevé.

L’allocation leur est donc versée directement et ils n’ont plus qu’à payer au propriétaire la totalité de leur loyer, explique-t-elle, ajoutant que la personne ou la famille est alors rayée de la liste d’attente.

Des minimaisons à Sudbury ?

Dans le but d’améliorer la situation du logement abordable, Sudbury envisage de permettre la construction notamment de minimaisons sur son territoire.

On voit trois petites maisons en rangée. Une jaune, une rouge et une bleue.

Des minimaisons dans le quartier Northwest End de Détroit (archives)

Photo : Radio-Canada / Colin Côté-Paulette

La semaine dernière, le conseil municipal a approuvé plusieurs initiatives afin d’encourager la construction d'habitations, comme les minimaisons.

Un rapport sur le sujet a été remis au conseil par le comité de planification de Sudbury.

La communauté a partagé son intérêt [pour ce type d’habitation].

Melissa Riou, planificatrice principale, Sudbury

Selon Mélissa Riou, planificatrice principale pour la Ville, «les minimaisons ne sont pas encore très présentes à Sudbury, mais avec des initiatives municipales adéquates, la situation pourrait changer ».

La planificatrice explique qu’une minimaison typique représente une superficie entre 9 et 37 mètres carrés, alors qu’une maison est désignée petite par le Urban Land Institute lorsque sa superficie est inférieure à 130 mètres carrés.

Kenton Zerbin dans sa minimaison.

Kenton Zerbin vit dans une minimaison près d'Edmonton (archives).

Photo : Radio-Canada / Andréane Williams

Toutefois, selon la réglementation de zonage municipale en vigueur, une minimaison sur roues est considérée comme un véhicule de voyage. Ce type d’habitation n’étant pas soumis au Code du bâtiment de l’Ontario, il est interdit sur le territoire de Sudbury.

Rien n’empêche un citoyen de se construire une minimaison, pour autant qu’elle ait une fondation permanente.

Melissa Riou, planificatrice principale, Sudbury

Mme Riou estime que l’obligation de construire des fondations permanentes ne devrait pas être un problème pour la majorité des résidents.

30 % du revenu pour le loyer

Selon le rapport du comité de planification de Sudbury, près de 10 000 ménages dans le Grand Sudbury utilisent 30 % de leurs revenus pour payer leur loyer.

Nous espérons qu’en encourageant le développement d’habitations abordables à travers la ville, nous aurons potentiellement un impact pour réduire les listes d’attentes des logements sociaux.

Melissa Riou, planificatrice principale, Sudbury

En plus d'une campagne d'éducation au sujet des minimaisons, le comité de planification de Sudbury va tenter d'identifier quels sont les freins actuels, s'il y en a, à la construction de ces habitations.

Éventuellement, des modifications aux règles de zonages du Grand Sudbury pourraient être proposées.

Avec les informations de Zacharie Routhier et d'Ezra Belotte-Cousineau

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !