•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un nombre record d’élèves ont des idées suicidaires en Ontario

Un élève sur six dit avoir pensé au suicide, ce qui représente plus de 140 000 jeunes.

Une jeune fille est réconfortée par une amie.

Un nouveau rapport révèle qu'un élève ontarien sur six dit avoir eu de sérieuses pensées suicidaires, selon les données de 2018-2019.

Photo : iStock / FatCamera

Les élèves de l'Ontario vivent les plus hauts niveaux d'idées suicidaires et de détresse psychologique jamais mesurés, selon une étude du Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH). Les données, colligées avant la pandémie, révèlent qu'un jeune Ontarien sur six dit avoir eu de sérieuses pensées suicidaires.

Ce 16 % équivaut à environ 140 300 élèves ontariens et 5 % des répondants ont signalé avoir fait une tentative de suicide au cours de la même période.

Le Sondage sur la consommation de drogues et la santé mentale des élèves en Ontario (SCDSEO) révèle aussi qu'un élève sur sept (15 %) de la 7e à la 12e année dit s'être fait du mal intentionnellement au cours de la dernière année. C'est environ 127 800 élèves ontariens.

L'anxiété et la dépression gagnent du terrain. Un élève sur cinq (21 %) a dit avoir ressenti une détresse psychologique grave, souligne le rapport.

Méthodologie

Au total, 14 142 élèves de la 7e à la 12e année, répartis dans 47 conseils scolaires, 263 écoles et 992 classes, ont participé au cycle 2019 du SCDSEO entre novembre 2018 et juin 2019. Le SCDSEO est la plus ancienne étude canadienne sur la santé mentale et l’utilisation de substances chez les jeunes.

Ces données sont pires qu'avant. L'étude du Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) montre que les jeunes sont de plus en plus en détresse, et la COVID-19 intensifie le problème.

Les résultats du sondage révèlent l’urgence de fournir des services de soutien en santé mentale à cette population pendant la période difficile actuelle.

Dre Hayley Hamilton

Ces données sont préoccupantes. Or, elles sous-estiment probablement le pourcentage d’élèves ontariens ayant des idées suicidaires ou éprouvant une détresse psychologique à l’heure actuelle, car elles ont été recueillies avant la pandémie de COVID-19, pense la scientifique principale à l’Institut de recherche sur les politiques de santé mentale de CAMH et codirectrice du sondage, la Dre Hayley Hamilton.

Un problème qui s'aggrave

Plusieurs élèves ne reçoivent toujours pas les soins en santé mentale dont ils ont besoin.

Le sondage révèle que plus du tiers des élèves qui ont consulté un professionnel en santé mentale disent ne pas savoir à qui s'adresser pour parler d’un problème de santé mentale.

Le pourcentage d’élèves ayant déclaré que l’on n’avait pas répondu à leurs besoins en matière de santé mentale a monté en flèche, passant de 28 % à 35 % au cours des six dernières années, dévoile le sondage.

Il faut mieux faire connaître les services de santé mentale dans les écoles et la communauté, dit pour sa part la directrice du Centre Margaret et Wallace McCain pour la santé mentale des enfants, des jeunes et de leur famille et directrice générale des Carrefours bien-être pour les jeunes de l'Ontario, la Dre Joanna Henderson.

Ne pas avoir peur d'en parler

Malheureusement, les résultats du rapport ne surprennent pas la psychothérapeute, Sophia Labonté, qui travaille auprès des jeunes.

Je trouve que c’est vraiment triste. Je le vois dans ma pratique avec les jeunes avec qui je travaille. Ils ont beaucoup de difficultés. Il y a beaucoup de dépression, beaucoup de pensées suicidaires, confirme-t-elle.

L'étude après COVID-19, ce sera encore plus difficile à entendre, à voir et à vivre.

Sophia Labonté

Les jeunes d’aujourd’hui ont un gros fardeau social, dit-elle. À cela s’ajoute le stress de tous les jours en plus de la pandémie et ses fermetures qui limitent les activités qui leur permettent de gérer cette pression comme les sports et les arts, par exemple, explique la psychothérapeute.

Sophia Labonté.

Sophia Labonté est psychothérapeute au KaZa Family Centre, à Toronto.

Photo : Avec l'autorisation de Sophia Labonté

La professionnelle en santé mentale suggère aux parents de parler à leurs adolescents. Selon elle, la communication doit demeurer ouverte en tout temps.

Ce n'est pas en parlant d'automutilation que vous allez implanter l'idée chez votre enfant, rassure Sophia Labonté.

Il ne faut pas avoir peur de parler de tout ça, conclut-elle.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !