Malgré le confinement, le niveau des gaz à effet de serre augmente encore
L'Organisation météorologique mondiale de l'ONU estime que la baisse prévue des émissions de CO2 cette année ne constitue qu'un « petit écart ».

Les niveaux de dioxyde de carbone, résultant de la combustion d'énergies fossiles et principal responsable du réchauffement climatique, ont notamment brutalement augmenté en 2019 et la moyenne mondiale annuelle a franchi le seuil significatif de 410 parties par million (ppm).
Photo : Reuters / David Gray
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.
Les concentrations de gaz à effet de serre ont atteint un record en 2019 et devraient avoir encore augmenté cette année malgré une baisse attendue des émissions due aux mesures de restrictions mises en place pour lutter contre la pandémie de COVID-19, a prévenu lundi l'Organisation météorologique mondiale (OMM), l'organe des Nations unies (ONU) chargé du climat.
De nombreux scientifiques s'attendent à ce que l'année 2020 soit marquée par une chute des émissions de dioxyde de carbone (CO2) alors que la crise sanitaire a cloué les avions au sol, bloqué les navires à quai et forcé les gens à rester chez eux.
Malgré cela, l'OMM estime que la baisse prévue des émissions de CO2 cette année ne constitue qu'un petit écart
et que son impact sera limité sur les concentrations de gaz à effet de serre, qui sont le résultat des émissions passées et actuelles cumulées.
Il est impossible de faire la distinction à court terme entre l’impact des confinements dus à la COVID-19 et la variabilité naturelle.
Ce bulletin annuel, publié par l’agence onusienne basée à Genève, renseigne sur la concentration atmosphérique des principaux gaz à effet de serre persistants, soit le dioxyde de carbone, le méthane et le protoxyde d’azote, qui réchauffent la planète et intensifient les événements météorologiques extrêmes.
Il ressort également de ce rapport que les niveaux de dioxyde de carbone, résultant de la combustion d'énergies fossiles et principal responsable du réchauffement climatique, ont brutalement augmenté en 2019 et que la moyenne mondiale annuelle a franchi le seuil significatif de 410 parties par million (ppm).
Nous avons franchi le seuil mondial de 400 parties par million en 2015. Et à peine quatre ans plus tard, nous avons franchi la barre des 410 ppm. Nos archives ne font mention d’aucune augmentation de la sorte.
Le secrétaire général de l'OMM, le professeur Petteri Taalas, appelle désormais à aplatir cette courbe des émissions de façon durable.
Les données mondiales pour 2020 ne sont pas encore disponibles, mais la tendance à la hausse des concentrations de gaz à effets de serre devrait se poursuivre cette année, ajoute l'OMM, citant des rapports initiaux issus de diverses stations.
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