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Plan vert : « de bonnes intentions, mais rien de contraignant », déplore Laure Waridel

Elle porte un coeur vert sur son chandail.

L’écologiste Laure Waridel déplore le manque de mesures « contraignantes et structurantes » dans le nouveau Plan vert du gouvernement Legault, lors de son passage à Tout le monde en parle dimanche.

Photo : Radio-Canada

Laurianne Croteau

Le Plan pour une économie verte ne répond pas à l’urgence climatique, déplore l’écologiste Laure Waridel, car il manque de mesures « contraignantes et structurantes » qui feraient en sorte que polluer, ça coûte cher. Mais ces mesures toucheraient d'abord les familles, répond le ministre de l'Environnement Benoit Charette, déjà durement éprouvées par la crise économique cette année.

On trouve plusieurs incitatifs positifs dans ce plan, admet la professeure associée à l’Institut des sciences de l’environnement de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) en entrevue à Tout le monde en parle dimanche, mais les courbes d’émissions polluantes continuent d’augmenter malgré plein de mesures volontaires qui ont été tentées par les gouvernements précédents.

Le ministre rétorque qu’au contraire, ce plan comprend des mesures structurantes, notamment en électrification des transports, autant du véhicule personnel que des autobus scolaires et urbains.

L'absence de mesures punitives n’est pas due au hasard. On vit une crise économique [engendrée par la pandémie de COVID-19] qui est sans précédent, et c’est un engagement qui est propre à la CAQ : on ne veut pas imposer davantage de frais ou de tarifs aux ménages.

Le gouvernement Legault préfère ainsi inciter la population à mieux faire plutôt que de punir les mauvais comportements.

Benoit Charette en entrevue à Tout le monde en parle

Les mesures d'écofiscalité augmentent normalement le coût de l’essence à la pompe ou taxent les véhicules énergivores. Deux mesures qui touchent avant tout les familles, explique le ministre de l'Environnement et des changements climatiques, Benoit Charette.

Photo : Radio-Canada

Le plan, accompagné d’une enveloppe de 6,7 milliards de dollars sur cinq ans, compte mettre en œuvre diverses politiques visant à verdir l'économie québécoise et à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES).

L’objectif : diminuer les émissions polluantes de 37,5 % par rapport à 1990, l'année de référence, d’ici 2030. Laure Waridel rappelle toutefois que le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) vise plutôt une réduction de minimum 45 % pour avoir une certaine chance d’éviter le réchauffement global de 1,5 ou 2°C.

Un tel réchauffement signifie que des quantités phénoménales de méthane vont se retrouver dans l'atmosphère à cause de la fonte du pergélisol, dans le nord. À ce moment-là, on aura beau avoir une voiture électrique, ça ne changera plus rien, lance Laure Waridel. C’est pourquoi il faut agir maintenant.

Un plan ambitieux, mais incomplet

Le programme climatique de la CAQ est loin d’être parfait, juge notre analyste Étienne Leblanc, mais il va plus loin que les propositions précédentes. On ne s’attendait pas à moins, écrit-il toutefois, puisque les dirigeants mondiaux commencent à intégrer cette idée selon laquelle la question climatique est indissociable du développement économique ces dernières années.

De nombreuses organisations syndicales et environnementales ont aussi trouvé le plan incomplet. Le programme manque de mesures contraignantes et de cibles concrètes selon la Confédération des syndicats nationaux (CSN), il est insuffisant pour respecter les engagements climatiques pour Greenpeace et manque d'ambition gouvernementale, selon le Réseau environnement.

Le Plan pour une économie verte a d’ailleurs été délesté de plusieurs mesures phares développées avec le ministère de l'Environnement après l'intervention du bureau du premier ministre. Une précédente version dudit plan visait ainsi une diminution de 20 millions de tonnes de CO2 d'ici une décennie.

Samedi, quelque 150 personnes ont manifesté pour dénoncer le plan vert, qui ne permettra pas d'atteindre les objectifs de réduction des gaz à effet de serre selon eux. Ils estiment que l'environnement est éclipsé des priorités du gouvernement Legault et réclament des actions en matière de justice climatique et sociale.

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