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Chasser en famille, une tradition qui perdure

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Des chasseurs dans un bois en Alberta.

De gauche à droite: William Bernier, Éric Rainville, David et Réjean Jacques.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Le mois de novembre est très attendu pour les chasseurs de chevreuils en Alberta. Une famille d'origine québécoise s’y retrouve chaque année pour perpétuer la tradition qui se transmet de génération en génération.

Sur les pas de la bête

Il est 10h du matin quand Éric Rainville commence sa tournée de chasse fine.

Pendant une heure, il va marcher dans les bois à 170 kilomètres d'Edmonton.  Ses yeux sont grands ouverts, attentifs à la moindre trace de sabots.

Quand il y a au moins sept, huit ou dix traverses de chevreuil, tu sais qu’il ne va pas seulement passer une fois, mais plusieurs fois ici, dit-il en montrant des empreintes au sol.

Ce Québécois, installé en Alberta depuis 12 ans, connaît bien ce secteur. Carabine calibre 300 chargée à l'épaule, il se tient prêt à tirer, à condition d'avoir de la chance et de la patience.

Le chevreuil, c’est une bête très farouche. On n'a pas beaucoup de temps, souvent c’est des secondes. Faut être prêt, raconte-t-il.

Réunion de famille

Lors de cette courte promenade, aucune bête n’est à l'horizon. Éric Rainville reprend sa camionnette vers un autre secteur pour récupérer William Bernier, son beau-fils âgé de 25 ans vivant à Calgary.

Le jeune homme vient de passer quatre heures installé dans un mirador à vingt mètres dans un arbre. C'était très tranquille aujourd'hui. C’est pas grave, on va repasser, dit-il une fois redescendu sur la terre ferme.

Après 49h d’attente perché dans les arbres, le cadet de cette famille de chasseurs, William Bernier, a réussi à tuer le gibier dont il rêvait cet hiver, le quatrième chevreuil de sa jeune carrière.

William Bernier est dans les bois en devant une camionnette avec une carabine dans la main.

William Bernier entame sa 5e saison de chasse.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Dans la famille, ils ont la piqûre pour la chasse de génération en génération. On a été élevés dans les bois quand on était enfant. On profite de l’extérieur. J’aime ça parce qu'on est capable de ramasser de la bonne viande. C’est sain. C’est élevé dans la nature, dit-il.

Chaque année depuis neuf ans, une partie de la famille restée au Québec fait le déplacement pour deux semaines de chasse dans les bois en Alberta.

La viande récoltée sera mangée et distribuée à des familles de Calgary dans le besoin.

Des conditions meilleures que dans l'Est

Réjean Jacques et David Jacques vivent dans la région de Québec. Pour eux, l'Alberta s'avère être un bien meilleur terrain de jeu.

Au Québec, il y a beaucoup trop de monde. La pression de chasse est trop forte. Il y n’a plus de gros mâles. Ici, il y a beaucoup de chevreuils. C’est plus naturel, explique Réjean Jacques, chasseur depuis 45 ans.

Éric Rainville à côté du cadavre d'un chevreuil dans les bois en Alberta.

Éric Rainville avec un mâle mature, abattu en novembre 2016.

Photo : Éric Rainville

La transmission de cette tradition se fait spontanément. Je n’ai jamais forcé mes enfants. C’est eux qui nous ont suivis, rajoute-t-il.

Son fils, David Jacques, pense toutefois qu’il est trop tôt pour introduire sa fille à la chasse. Je vais lui donner le temps de vieillir. Elle a le droit de ne pas aimer ça, mais oui je vais essayer, avoue-t-il.

Éric Rainville est plus pessimiste. La tradition pourrait se perdre à cause des pressions sociales, de la pression anti-chasseurs, de la pression qu'il faut manger moins de viande parce que c’est néfaste. Ça va être plus difficile d’amener plus de monde à faire ça, juge-t-il.

Évolution de la chasse au Canada

Pour l'instant, sa crainte n'est pas une réalité. Dans la plupart des provinces, les ventes de permis de chasse ne diminuent pas ces dernières années. 

En Colombie-Britannique, le nombre de permis délivrés aux résidents et non-résidents a augmenté de 14% entre 1995 et 2020.

En Alberta, on observe une hausse de 34% des permis de chasse pour les adultes entre 1995 et 2015.

La Saskatchewan, elle, voit une croissance de 13% depuis 2001.

Au Québec, la tendance est au ralenti avec une croissance de seulement 1,6% depuis 1998.

Selon les données récoltées par Radio-Canada, le Nouveau-Brunswick est la seule province avec une baisse de 25% des ventes de permis de chasse entre 1997 et 2019.

En attendant, pour ceux qui sont déjà passionnés, l'amour de la chasse n'est pas près de s'en aller. Réjean Jacques en est persuadé. Quand tu goûtes à ça une fois, c’est pour la vie, est-il convaincu.

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