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La prévention des surdoses, un défi imminent à Toronto

le portrait d'une femme

Roxie Danielson est infirmière de rue à Toronto.

Photo : Radio-Canada / Nicholas Boisvert/CBC News

CBC News

Des voix s'élèvent pour demander à la Ville de Toronto d'étendre et d'améliorer les services au sein de son système de refuges pour sans-abri. Celui-ci est déjà mis à rude épreuve durant la pandémie. Or, une hausse potentielle des surdoses dues aux opioïdes semble guetter cette population cet hiver.

Toronto a enregistré 132 décès de surdose présumée entre le 1er avril et le 30 septembre, soit près du double du taux de décès enregistré les deux années précédentes.

Parmi ces décès, 18 ont eu lieu dans des refuges pour sans-abri gérés par la Ville. L’arrivée de l’hiver pourrait compliquer la situation dans ces refuges.

C'est effrayant, a déclaré en entrevue avec CBC News Roxie Danielson, une infirmière de rue du centre-ville de Toronto. Beaucoup plus de gens meurent.

Selon elle, la pandémie a aggravé la crise des opioïdes. Les services de réduction des risques et les sites de consommation supervisés ont réduit leurs heures d’ouverture et leur capacité, a-t-elle expliqué, tandis que davantage de personnes se retrouvent sans abri et isolées en raison des perturbations économiques et d'autres restrictions.

Ceux qui se sont tournés vers les refuges ont reçu un soutien inadéquat, selon Mme Danielson, ajoutant que les personnes consomment trop souvent [des drogues] seules dans les toilettes plutôt que dans un environnement supervisé en présence de travailleurs de la santé.

Il serait bon d'avoir plus de soins de santé et de services de réduction des risques intégrés dans le système des refuges, selon Mme Danielson.

Les sites de consommation supervisés sont réglementés par le gouvernement provincial. La Ville gère un site de consommation supervisé à The Works, mais des services similaires ne sont pas disponibles dans les refuges.

Toronto a temporairement étendu son système de refuges pendant la pandémie, en ajoutant près de 2300 lits supplémentaires. Nombre d'entre eux se trouvent dans des hôtels et des motels.

Le Conseil de la santé de Toronto a adopté lundi un certain nombre de nouvelles mesures pour lutter contre la crise des opioïdes, notamment un appel à élargir d'urgence les programmes de prévention des surdoses et de réduction des risques disponibles dans les refuges.

Le président du Conseil de la santé, le conseiller Joe Cressy, a déclaré que le nombre de décès dus aux opioïdes à Toronto pourrait monter en flèche cet hiver sans une amélioration des services de santé et sans financement supplémentaire. 

Il a déclaré qu'un système de refuges amélioré doit faire partie de toute stratégie visant à prévenir les surdoses mortelles.

Les gens dans notre système de refuges n'ont pas seulement besoin d'un endroit sûr pour dormir, a déclaré M. Cressy. Ils ont besoin d'un soutien global en matière de soins de santé, et c'est urgent maintenant.

M. Cressy a souligné un investissement de 7,7 millions de dollars que la Ville a fait pour étendre les services de réduction des risques dans les refuges pendant la pandémie, mais a déclaré que la province doit intervenir avec un financement supplémentaire et des changements de réglementation.

Il a accusé le gouvernement Ford de rejeter [pour des raisons] idéologiques des conseils de santé publique dans sa gestion de la crise des opioïdes.

Dans un rapport publié ce mois-ci, la médecin hygiéniste de Toronto, Dre Eileen de Villa, a déclaré que la province devrait convoquer un groupe de travail d'urgence sur les surdoses et étendre les services de consommation supervisée.

Dans un courriel adressé à CBC Toronto, le ministère de la Santé de l'Ontario n'a pas indiqué s'il examinerait les changements proposés par Toronto pour renforcer les services au sein du système de refuges de la ville.

Nous savons que les conséquences de l'épidémie de COVID-19 ont été difficiles pour de nombreuses personnes et familles de l'Ontario, en particulier pour celles qui vivent avec des problèmes de santé mentale et de toxicomanie, a écrit un porte-parole du ministère.

La province a plutôt mis en avant son plan Vers le mieux-être, un engagement de 3,8 milliards de dollars sur 10 ans pour améliorer les programmes de santé mentale et de lutte contre les dépendances de l'Ontario. Ce plan a été mis en place avant la première vague de la pandémie.

Le gouvernement ontarien gère 21 sites de consommation supervisés dans la province.

Mme Danielson a déclaré que les solutions qui permettraient d'éviter d'autres décès par surdose sont claires et bien connues, mais elle craint que l'inaction du gouvernement finisse par l'emporter.

Je doute que les choses changent du côté politique, a-t-elle déclaré.

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