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Québec solidaire veut bâtir un « bouclier anti-austérité » à 9 milliards de dollars

Gabriel Nadeau-Dubois en entrevue à l'extérieur tandis qu'il neige.

Le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois.

Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana

Radio-Canada

« Qui va payer pour la crise? » C'est sous ce thème que Québec solidaire (QS) a réuni 250 de ses membres en conseil virtuel ce week-end. C'est également une question à laquelle le parti a offert une réponse chiffrée dimanche, mettant en garde, du même coup, contre le retour des mesures d'austérité.

Alors, qui paiera pour la crise sanitaire et les difficultés économiques provoquées par l'épidémie de COVID-19 qui touche le Québec depuis mars dernier?

À une question difficile, le parti offre une réponse sans équivoque : les grandes entreprises, les grands pollueurs et les grandes fortunes du Québec, et non pas les gens ordinaires, à qui on en demande toujours plus, a dénoncé le co-porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois.

Dimanche, lors de la dernière journée du conseil, le parti a chiffré son plan et dévoilé sa feuille de calcul.

Comment trouver 9 milliards?

QS compte aller chercher de 9 milliards de dollars pour l'exercice financier en cours grâce à trois mesures temporaires : l'impôt de pandémie, l'impôt sur les grandes fortunes et une taxe sur les grands pollueurs.

Premièrement, l'impôt de pandémie serait une augmentation de 50 % du taux d'imposition des profits des grandes entreprises. Le taux de base, qui est actuellement de 11,6 % pour les grandes entreprises, serait augmenté à 17,4 %, a expliqué Gabriel Nadeau-Dubois.

Pour protéger les petites et moyennes entreprises, QS propose une exemption sur les premiers 500 000 $ de profit. Cette première mesure à elle seule générerait 3,4 milliards de dollars.

Deuxièmement, les solidaires estiment qu'un impôt spécial sur les grandes fortunes québécoises permettrait d'aller chercher 5 milliards de dollars supplémentaires.

Il s'agirait d'un impôt progressif, commençant à 1 million de dollars et passant graduellement de 0,1 % à 3 %. Par exemple, une personne avec une fortune estimée à 1 million payerait cette année 1000 $ de plus, a-t-on illustré.

Enfin, une hausse de 30 % du prix du carbone pour les grands pollueurs industriels – des cimenteries et des alumineries, par exemple, qui font déjà partie du système de plafonnement et d'échange – pourrait générer 549 millions sur cinq ans.

Réinvestir et financer

Cette cagnotte de 9 milliards servirait à réinvestir dans les services publics et à financer la relance économique. On peut faire les deux! Il faut faire les deux, a déclaré Gabriel Nadeau-Dubois.

Le 9 milliards de dollars que va générer notre bouclier anti-austérité, il va à la fois permettre un réinvestissement historique dans nos services publics, à commencer par la santé et les services sociaux  – parce que les femmes qui travaillent là ont besoin de meilleures conditions de travail –, et des programmes de relance économique, notamment pour les petites entreprises qui ont besoin d’aide pour se relever de la crise, a-t-il indiqué.

Le parti s'est par ailleurs engagé à traduire sa prochaine plateforme électorale dans toutes les langues autochtones, une première au Québec, où l'on en compte une dizaine.

Nous voulons que les Autochtones saisissent bien le projet de société que porte Québec solidaire, parce qu'en bout de ligne, on est pas mal convaincus qu'ils risquent de s'y intéresser de façon importante, a commenté la co-porte-parole Manon Massé en point de presse.

Avec les informations de Valérie Gamache et de La Presse canadienne

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