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Incursion dans « l'hôtel COVID » du CISSS de l'Outaouais

Un lit d'hôpital dans une chambre d'hôtel à Gatineau.

Une chambre de l'hôtel transformée pour accueillir des patients qui ont contracté la COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Christian Milette

Pour la deuxième fois depuis le début de la pandémie, l’hôtel Quality Inn de Gatineau a été transformé début septembre afin d’accueillir des patients. Radio-Canada a eu un accès privilégié à ce nouveau centre de soins, qui vise à ajouter de la stabilité au système de santé de l’Outaouais.

Sur place, 116 chambres sont disponibles et deux salles de conférence ont été transformées en zone de débordement, avec 30 lits supplémentaires prêts à être utilisés si la situation venait à se détériorer.

Plusieurs employés surnomment l’endroit l’hôtel COVID. Mais ce surnom n’empêche pas que les mesures sanitaires soient prises au sérieux. Les visiteurs doivent se munir d’un masque et se désinfecter les mains, et ne doivent toucher à rien. C’est au personnel du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l’Outaouais de leur ouvrir les portes et de les guider.

L’hôtel, qui héberge actuellement une trentaine de patients, a dû être séparé en plusieurs zones afin de pouvoir prodiguer des soins selon les besoins. Trois secteurs ont été créés : la zone froide (verte), la zone tiède (jaune) et la zone chaude (rouge).

Un distributeur de gel hydroalcoolique à l'entrée d'un hôtel.

À l'entrée de l'hôtel, les visiteurs doivent se laver les mains et suivre les consignes du personnel du CISSS de l’Outaouais.

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Chaque zone a son propre accès afin d’éviter les contaminations croisées. Impossible de passer d’une zone à l’autre de l’intérieur. Pour se rendre de la zone froide à la zone rouge, il faut sortir de l’édifice.

Stéphane Pleau, directeur des services techniques et de la logistique au CISSS de l’Outaouais, explique que cette transformation a nécessité beaucoup d’ajustements dans l’organisation afin de rendre l’endroit conforme.

Stéphane Pleau, directeur des services techniques et la logistique pour le CISSS de l’Outaouais, en entrevue à Radio-Canada.

Stéphane Pleau est directeur des services techniques et la logistique pour le CISSS de l’Outaouais.

Photo : Radio-Canada

Le plus grand défi, c’est au niveau de la gestion des incendies… Il faut s’assurer que les protocoles d’évacuation sont efficaces surtout dans un édifice comme celui-là, où il y a des partitions de zones.

Stéphane Pleau, directeur des services techniques et de la logistique pour le CISSS de l’Outaouais

Froide, tiède ou chaude?

Une affiche sur la porte d'une chambre mentionne que l'on est en zone froide.

La zone froide est réservée aux patients qui ont besoin de soins, mais qui n'ont pas contracté la COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

La zone froide

Elle est réservée aux patients qui ne sont pas atteints de la COVID-19, mais qui ont besoin de soins ou d’encadrement sur une base quotidienne.

Dans cette zone, les chambres de l’hôtel ont été modifiées afin de répondre aux besoins de leurs usagers. Des rampes d’accès ont été posées sur le seuil des portes afin de permettre aux fauteuils roulants et autres matériels lourds qui doivent être déplacés de bien circuler entre le corridor et les chambres. Des bains thérapeutiques munis de soulève-personnes ont également été placés dans certaines chambres.

Un bain thérapeutique dans une chambre d'hôtel.

Les chambres ont été réaménagées pour accueillir des patients, comme ici un bain thérapeutique a été installé.

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Le style des chambres de l’hôtel est encore visible, mais on remarque que la configuration a été modifiée. Le mobilier a été déplacé, enlevé, voire caché, et des ouvertures ont été faites dans les murs afin de faire passer des fils ou des conduits d’eau pour installer le matériel de soins.

Une rampe au sol facilite l'accès des patients en fauteuil roulant

Des aménagements ont été faits pour faciliter l'accès des patients.

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

La zone tiède

On trouve dans cette zone les personnes qui sont en attente de résultats de test de COVID-19 ou qui présentent des symptômes, ainsi que des gens qui ont été en contact avec une personne ayant la maladie. Il s’agit d'une zone tampon entre la zone froide et la zone chaude.

La zone chaude

Cette dernière est la zone critique. Les patients accueillis ici sont ceux qui ont contracté le virus. L’accès y est fortement limité et les allées et venues sont contrôlées pour permettre un isolement étanche. La zone rouge est utilisée pour la clientèle qui serait difficile à isoler, explique Suzanne Denis, adjointe à la direction du programme de soutien à l’autonomie des personnes âgées du CISSS de l’Outaouais.

L'adjointe à la direction du programme de soutien à l’autonomie des personnes âgées du CISSS de l’Outaouais en entrevue à Radio-Canada.

Suzanne Denis est adjointe à la direction du programme de soutien à l’autonomie des personnes âgées du CISSS de l’Outaouais.

Photo : Radio-Canada

Je pense à la clientèle qui serait en situation d’itinérance, c’est difficile de pouvoir les isoler pendant 14 jours ou pendant le temps qu’ils ont besoin pour guérir.

Suzanne Denis, adjointe à la direction du programme de soutien à l’autonomie des personnes âgées du CISSS de l’Outaouais

Ce n'est pas un hôpital

L’équipe de gestion en place le dit et le répète : l’hôtel n’est pas un hôpital, même si l’endroit dispose de tout ce qu’il faut pour prodiguer les meilleurs soins aux occupants.

C’est un milieu qui est très semblable à une structure de soins d’hébergement de longue durée, explique Suzanne Denis. Il y a une couverture en soins infirmiers 24-7, il y a des préposés aux bénéficiaires, on a des aides de service qui travaillent avec nous.

Pour chaque usager ou bénéficiaire ici, il y a une couverture médicale s’il y a une problématique. [...] Nous avons adapté la clientèle aux soins que l’on peut donner. On ne souhaitait pas reproduire un milieu hospitalier.

Suzanne Denis, adjointe à la direction du programme de soutien à l’autonomie des personnes âgées du CISSS de l’Outaouais

Vendredi dernier, le centre n’était pas encore complètement autonome. Tous les repas des bénéficiaires et du personnel proviennent encore de l’hôpital. Chaque jour, une livraison de nourriture arrive à l’hôtel pour les repas de la journée. Tout est assemblé et réchauffé sur place dans le seul micro-ondes disponible.

Un homme qui tient dans ses mains un plateau repas.

Tous les repas des bénéficiaires et du personnel proviennent de l’hôpital.

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Mais la situation est sur le point de changer. Le personnel hospitalier est sur le point de prendre le contrôle de la cuisine du restaurant de l’hôtel. Ce qui veut dire que les repas seront préparés sur place. Le personnel pourra ainsi se concentrer uniquement sur les soins à prodiguer. Cet ajout apportera une certaine stabilité dans le fonctionnement du centre.

On est capables de connaître et de savoir que tout notre personnel est bien outillé au niveau des mesures de protection à mettre en place, quelles sont ses mesures à appliquer en zone verte, en zone jaune et en zone rouge.

Suzanne Denis, adjointe à la direction du programme de soutien à l’autonomie des personnes âgées du CISSS de l’Outaouais
Une pancarte indique l’hôtel Quality Inn de Gatineau.

Cet hôtel de Gatineau accueille des patients.

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

L’ouverture d’un tel centre de soins mobilise également bon nombre d’employés, un enjeu de taille dans une région où la pénurie de personnel de santé se fait sentir. L’administration affirme avoir dû faire preuve de créativité.

On essaie de s’organiser avec nos équipes, mais on a quand même dû ajouter des équipes et du personnel parce qu’on opère 24/7 ici, donc c’est certain que ça demande un peu plus d’efforts de notre personnel.

Stephane Pleau, directeur des services techniques et la logistique pour le CISSS de l’Outaouais

Vendredi, une quinzaine d’employés travaillaient au centre de soins, un nombre qui est appelé à augmenter.

Mieux vaut prévenir que guérir

Officiellement, le CISSS de l'Outaouais loue le Quality Inn jusqu'au 15 mars 2021, et ce au coût de 100 700 $ par mois.

La réouverture et la transformation de l’hôtel en centre de soins n’est pas due au hasard. La situation actuelle au Québec et dans la région de l'Outaouais, dont deux secteurs se trouvent en zone rouge, laisse présager un hiver inquiétant au niveau des cas de COVID-19. Le CISSS ne voulait pas être dépassé par une possible explosion de cas graves dans la région.

L'entrée d'un hôtel de Gatineau.

Le passage d'une zone à l'autre doit se faire par l'extérieur pour éviter les contaminations.

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

On s’est rapidement rendu compte avec tous nos partenaires dans le communautaire, de la situation de l’itinérance, que ça devenait nécessaire d’avoir un site de débordement.

Stéphane Pleau, directeur des services techniques et la logistique pour le CISSS de l’Outaouais

Ça nous offre une certaine flexibilité si l’on doit fermer une unité de soins pour y faire des travaux pour y recevoir des patients atteints de COVID, ajoute Stéphane Pleau. Ça nous permet d’amener des gens ici et les retourner dans leur milieu après.

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