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La Matanie réorganise la récupération du textile

Un conteneur rouillé qui sert de chute à vêtements.

La Matanie compte neuf friperies dont cinq à Matane et quatre autres situées dans les villages de Saint-Adelme, Saint-Ulric, Saint-Jean-de-Cherbourg et des Méchins.

Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

Les friperies de la Matanie peuvent désormais éviter de diriger leurs vêtements invendables vers le site d’enfouissement. Depuis quelques semaines, une remorque de 53 pieds leur sert de dépôt, ensuite acheminée chez un repreneur.

Il aura fallu trois ans aux divers partenaires afin d’atterrir à une solution qui évite d’envoyer 100 tonnes de vêtements usagés par année au lieu d’enfouissement technique (LET) de la Matanie.

C’est une solution pour arrêter l’hémorragie, indique Luc Massicotte, conseiller en écologie industrielle à la SADC de la région de Matane, responsable de Synergie Matanie.

La fermeture de la ressourcerie La Co.mode verte, il y a près de trois ans, a laissé les friperies de la Matanie sans traitement pour leurs invendus.

Dans certaines friperies, ces vêtements représentent parfois jusqu’à 60 % de leurs marchandises. L’ancienne ressourcerie pouvait recycler et revendre environ 90 % de tous ces rebuts.

Des vêtements d'hiver sur des cintres.

Selon Recyc-Québec, chaque ménage québécois jette en moyenne 12 kg de vêtements par année.

Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis

Sans solution de rechange, une bonne partie des invendus des friperies de la Matanie ont pris le chemin du site d’enfouissement au cours des trois dernières années.

Des organismes communautaires ou caritatifs, qui utilisent la revente de vêtements usagés pour se financer, ont dû payer des centaines de dollars pour enfouir jusqu’à une demi-douzaine de conteneurs par mois. Ç’a été comme une mini crise du textile en Matanie, commente Luc Massicotte.

Le conseiller en écologie industrielle ajoute que souvent, les friperies ne disposent pas d’espace suffisant pour entreposer leurs surplus. Quand elles ont un surplus, il faut que ça sorte pour faire place aux nouveaux dons des citoyens, illustre M. Massicotte.

Un des enjeux a donc été de chercher un site où déposer les invendus. On en est venu, dit-il, à une solution simple, mais efficace : c’est une remorque de 53 pieds qui est stationnée sur un terrain qui nous est prêté par l’entreprise Arseno.

Façade de l'entreprise Arseno de Matane.

L'entreprise de conception et de fabrication de vêtements Arseno prête un de ses terrains afin de stationner la remorque qui servira à récupérer les vêtements invendus.

Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

Les neuf friperies de la MRC mettent la main à la pâte. C’est le Regroupement des femmes qui est porteur du projet. C’est Le Grenier [la friperie] de l’organisme Relais Santé, qui garde la clef parce qu’ils sont à proximité de la remorque. Chaque fois qu’une friperie a des surplus, elle vient les déposer dans cette remorque, décrit Luc Massicotte.

La solution évite les coûts d’un lieu d’entreposage. C’est une remorque qui est louée d’une compagnie de transport, explique le porte-parole de la SADC. Quand la remorque est pleine, on appelle cette compagnie. Le chauffeur vient avec une remorque vide puis accroche la remorque pleine et va la livrer chez notre repreneur.

La réflexion se poursuit

Une remorque pleine de vieux vêtements partira ainsi chaque mois de Matane.

Un contrat a été signé avec un acheteur de Québec, ce qui permet aux friperies de financer l’opération. La MRC et le fonds vert de la Ville de Matane ont financé le démarrage du projet, ce qui a permis l’achat d’équipement et le premier mois d'opération.

La maison du Regroupement des femmes de Matane où est aussi située la friperie Les Chiffonnières.

La friperie du Regroupement des femmes s'occupera de gérer le projet.

Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

D’autres projets sont sur la table pour améliorer la récupération du textile en Matanie.

Une meilleure coordination entre les friperies pourrait aider à stimuler les ventes. On cherche à développer des échanges entre les friperies. Des vêtements qui ne se vendent pas dans une friperie peuvent trouver preneurs dans une autre, explique Luc Massicotte.

Il donne l’exemple des vêtements pour enfants qui sont très prisés à la friperie du Regroupement des femmes, mais qui le sont beaucoup moins ailleurs.

Certaines friperies discutent aussi de la possibilité de créer une coopérative. Le nouvel organisme pourrait repriser des vêtements.

Façade de la friperie Le Grenier de l'organisme communautaire de Matane, Relais Santé.

La friperie Le Grenier de Relais Santé s'occupera de gérer le contenu de la remorque stationnée à proximité.

Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

La création de nouveaux produits pourrait aussi se greffer au projet. Luc Massicotte voit les vieux vêtements comme une matière à valoriser. Ça nous permettrait de garder cette ressource en Matanie et de la vendre en Matanie. On veut viser une plus grande circularité des vêtements des friperies.

Selon le site Recyc-Québec, l’industrie du textile est parmi les industries ayant le plus d’impact sur l’environnement, notamment en raison d’un recours massif à l’utilisation de matières non renouvelables.

L’organisme rapporte qu’au Québec, 3 % des matières résiduelles déposées en bord de rue par les ménages sont des produits de textile ou d’habillement. Cela équivaut à un peu plus de 95 000 tonnes de déchets par année.

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