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Des « snowbirds » migrent vers le sud, malgré la pandémie

Un homme et une femme répondent aux questions de Radio-Canada.

Des « snowbirds » ont pris l'avion pour la Floride, dimanche matin, à l'aéroport de Montréal.

Photo : Radio-Canada

Malgré les recommandations du gouvernement fédéral qui suggère d’éviter les voyages non essentiels pour se protéger de la pandémie de COVID-19, de nombreux Canadiens ont tout de même décidé de se diriger vers le sud cet hiver.

On ignore exactement combien de personnes traverseront la frontière, mais Johanne Blain, directrice pour le Québec et la francophonie de l’Association canadienne des snowbirds, estime qu’environ 30 % de ces vacanciers hivernaux, qui sont près d’un million au Canada, devraient cette année prendre l’avion pour se diriger vers la chaleur.

C’est sûr que depuis quatre, cinq semaines, on voit l’engouement des Canadiens, pas juste des Québécois, de se rendre en Floride en utilisant l’avion et en faisant transporter leur voiture ou leur motorisé, indique Mme Blain en entrevue à RDI Matin.

Contrairement à leur habitude, les « snowbirds » sont en effet obligés d’utiliser la voie aérienne pour se rendre à destination, puisque la frontière terrestre entre le Canada et les États-Unis est fermée.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Un choix sécuritaire?

Mme Blain affirme qu’elle-même et son conjoint ont décidé de rester au Québec cette année, surtout en raison des risques pour la santé.

On ne peut pas prendre de chance. On a quand même plus de 60 ans, on a des petits problèmes de santé, donc on se sent mieux s’il arrive quelque chose d’être au Québec, dit-elle.

Quant à ceux qui ont fait le choix de partir, ils estiment qu’il vaut mieux être confiné au chaud qu’au froid, et qu’ils agiront là-bas tout comme ils le font ici pour tenter de se protéger, selon des personnes tout près du départ vers la Floride interrogées par Radio-Canada à l’aéroport de Montréal dimanche matin.

Denise Dumont, rédactrice en chef et directrice du journal Le Soleil de la Floride, avoue pour sa part que ceux qui se dirigent vers cette destination soleil devront prendre des précautions.

Bien entendu, il y a plus de cas de COVID-19, suivant tous les rassemblements qu’il y a eu en octobre et début novembre. Ça ne peut faire autrement. Par contre, selon ce que je peux lire, il y a moins de personnes qui ont des symptômes de COVID, alors il y a plus d’asymptomatiques. Les gens sont moins malades, mais il faut faire très attention justement, parce que les asymptomatiques sont présents plus qu’avant, avertit-elle.

Elle mentionne que la situation est aussi plus précaire depuis que le gouverneur DeSantis a ouvert complètement la Floride en septembre.

C’est sûr que c’est plus difficile, par exemple sur les plages. […] Les maires des grandes villes veulent que M. DeSantis leur redonne le pouvoir de sévir contre ceux qui n’observent pas les simples lois du port du masque et de distanciation physique. Ils aimeraient être capables de donner des amendes, mais ils n’ont pas ce pouvoir présentement, explique-t-elle.

Mme Dumont précise qu'arrivés en Floride, les « snowbirds » n’ont pas de quarantaine à observer, mais doivent porter le masque dans les magasins.

Vêtues de maillots de bain, des personnes se trouvent sur la plage et dans l'eau.

Les Floridiens profitent de la plage à Sunny Isles Beach, malgré la pandémie de coronavirus.

Photo : Associated Press / David Santiago/Miami Herald

Primordial d’être bien assurés

Johanne Blain rappelle pour sa part qu’il est très important que les « snowbirds » qui passeront l’hiver aux États-Unis se munissent de très bonnes assurances et soient informés de ce que couvrent les différentes compagnies, car toutes ne remboursent pas les frais liés à la COVID-19.

C’est aussi l’avis de Nicolas Ryan, de CAA Québec, qui spécifie que bien que certaines compagnies offrent des dédommagements pour certaines de ces dépenses, le montant qu’elles accordent pourrait ne pas couvrir ce qu'il en coûte d'être soigné correctement.

Certains assureurs mentionnent qu’ils assurent la COVID-19, mais par contre ils vont offrir un montant d’environ 100 000 $. Entre vous et moi, c’est un montant très insuffisant pour quelqu’un qui aurait des complications. 100 000 $ aux États-Unis dans un hôpital, c’est peut être une ou deux journées d’hospitalisation, dit-il.

Et ceux qui comptent sur le gouvernement canadien pour les dépanner en cas de pépin seront déçus. Celui-ci avertit sur son site web destiné aux voyageurs que ces derniers pourraient devoir composer avec les conséquences de leur décision.

Nous ne prévoyons pas offrir d’autres vols de rapatriement au pays. Si vous décidez de voyager malgré nos avertissements, sachez qu’il est possible que vous ayez à demeurer à l’étranger plus longtemps que prévu, déclare-t-il.

Samedi matin, plus de 8200 nouveaux cas de COVID-19 étaient répertoriés en Floride, et 53 266 personnes étaient hospitalisées pour cette raison.

Au total, l’État a enregistré 931 827 cas depuis le début de la pandémie. Ils ont été de plus de 12 millions dans l’ensemble des États-Unis, pour une population de 330 millions de personnes.

Le Mexique, une destination également prisée par les « snowbirds », n’a pas non plus été épargné par la maladie. Officiellement, le pays compte un total de plus de 1 million de personnes infectées, pour plus de 126 millions d’habitants, et a dépassé les 100 000 morts.

La majorité des cas ont cependant été concentrés dans les grands centres urbains. Les destinations les plus courues par les « snowbirds » ont été relativement épargnées, comme la région de Puerto Vallarta ou celle de la Riviera Maya.

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