•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Présidentielle au Burkina : hélicoptères et lampes-torches pour le dépouillement

Le président sortant, Roch Marc Christian Kaboré, brigue un second mandat.

Un bureau de vote à Ouagadougou.

Des membres de la commission électorale vérifient les documents des électeurs dans un bureau de vote situé dans une gare routière de Ouagadougou, le 22 novembre 2020.

Photo : afp via getty images / Olympia de Maismont

Agence France-Presse

« Nul! » annonce un scrutateur à Ouagadougou en inspectant un bulletin de vote à la lumière de son téléphone portable. Le dépouillement de l'élection présidentielle de dimanche au Burkina Faso s'effectue à la bougie, à la lampe-torche ou à la lampe-tempête.

Le dépouillement du double scrutin présidentiel et législatif a commencé à la tombée de la nuit, peu après 18 h, à Ouagadougou.

Le président Roch Marc Christian Kaboré est le favori de cette élection sous haute tension en raison de la spirale d'attaques djihadistes dans laquelle le pays est aspiré depuis 2015.

Le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré.

Le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, candidat à la présidence, sort d'un isoloir dans un bureau de vote à Ouagadougou.

Photo : Getty Images / ISSOUF SANOGO

Institutrice, Fatimata Kaboré était dimanche dans son école, mais en tant que présidente de bureau de vote numéro 7 du quartier de la Patte-d'Oie de la capitale du Burkina Faso, pays sahélien parmi les plus pauvres du monde.

L'urne est posée sur une table de classe sortie pour l'occasion. La journée a été relativement calme après l'excitation survenue lors du vote du président Kaboré.

Fatimata a passé la plus grande partie de la journée à attendre patiemment les électeurs. Un calme et un ennui qui contrastent avec le ballet des hélicoptères qui survolent en permanence l'école située en bout de la piste de l'aéroport.

Les appareils transportent urnes et personnel depuis les bureaux des zones enclavées où les groupes djihadistes font la loi. Dans le nord et l'est du pays, des bureaux de vote ont dû fermer sous la menace d'hommes armés.

Des membres des forces de sécurité à Ouagadougou.

Des membres des forces de sécurité vérifient la liste des bureaux de vote à Ouagadougou.

Photo : Getty Images / OLYMPIA DE MAISMONT

Début novembre, la Cour constitutionnelle avait constaté que l'élection ne pourrait se tenir sur 17,7 % du territoire, faute d'une présence de l'État, administrative et sécuritaire, suffisante

Dieu merci, à Ouagadougou, ça va!, dit sans révéler son nom un surveillant pénitentiaire en uniforme gris, reconverti ce dimanche en surveillant de bureau de vote.

Pénurie de personnel

Au moment du dépouillement, il y a un léger flottement. La Commission électorale (CENI) a fait une formation, la semaine passée, ils nous ont tout expliqué, assure Iboudo Abdoulraïm, élève de 18 ans tiré au sort pour participer au processus dans ce pays qui a connu de nombreux coups d'État et tentatives de coups d'État.

Il manque les scrutateurs! On ne fait rien!, intervient Nana Boureima, délégué du bureau.

Fatimata Kaboré part, sac à main en bandoulière, dans la cour de l'école chercher des électeurs qui accepteraient de remplir ce rôle. En vain.

Finalement, on brise quand même le sceau de l'urne et on extirpe les bulletins, de grandes feuilles pliées en quatre où figurent les portraits des 13 candidats.

Ablasse Ouedraogo et Zéphirin Diabre.

Le candidat à la présidence du Burkina Faso, Ablasse Ouedraogo (à gauche), et Zéphirin Diabre, lors d’une conférence de presse, au cours de laquelle ils dénoncent les "fraudes massives" à la veille de l’élection.

Photo : Getty Images / OLYMPIA DE MAISMONT

Les électeurs ont dû tremper leur doigt dans de l'encre indélébile et l'apposer dans la case à côté de la photo de leur champion.

Lentement, les scrutateurs annoncent solennellement le nom inscrit sur chaque bulletin tandis qu'un assesseur note les résultats dans un petit calepin aux couleurs de la CENI, sous le regard attentif de Fatimata.

Roch Marc Christian Kaboré semble se détacher, mais le chef de file de l'opposition, Zéphirin Diabré, et Eddie Komboïgo, candidat du parti de l'ancien président Blaise Compaoré, recueillent aussi de nombreuses voix.

Derrière les délégués occupés au dépouillement, Adama, un étudiant de 21 ans représentant un petit parti d'opposition, observe.

L'opposition a accusé samedi le pouvoir d'avoir organisé une fraude massive pour garantir une réélection du président Kaboré au premier tour.

Pour être franc, je m'intéresse peu à la politique, mais je m'y retrouve dans le programme de ce candidat aux législatives, explique d'abord Adama. Avant d'avouer que le parti lui a promis 4000 francs (8 euros) pour ses services.

C'est important d'être là, pour qu'on ne puisse pas dire ensuite qu'il y avait fraude, dit-il.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !