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Profilage racial à Repentigny : des citoyens en ont ras le bol

François Ducas donne une entrevue à la caméra devant sa voiture de marque BMW.

François Ducas a porté plainte à la Commission des droits de la personne contre la Ville de Repentigny et son service de police pour profilage racial.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Des citoyens et des militants antiracistes sont revenus à la charge samedi devant le refus de la Ville de Repentigny et de son service de police de se conformer à une décision rendue par la Commission des droits de la personne dans une affaire de profilage racial.

La commission avait en effet tranché : la Ville de Repentigny et trois de ses policiers devaient débourser 35 000 $ pour dédommager François Ducas, enseignant d'origine haïtienne qui a porté plainte pour profilage racial.

Or, la Ville et son service de police ne se sont pas conformés à cette décision de la commission, qui leur donnait jusqu'au 6 novembre pour dédommager M. Ducas.

L'affaire devrait donc être portée devant le Tribunal des droits de la personne, qui a le pouvoir de rendre des ordonnances juridiquement contraignantes, contrairement à la commission.

Un problème maintes fois dénoncé

Le problème n'est pas nouveau à Repentigny, où le service de police a été accusé à plusieurs reprises de faire du profilage racial. Pour certains, comme François Ducas, les démêlés avec les agents commencent alors qu'ils sont au volant de leur voiture.

Je vais continuer à rouler en BM, avertit l'enseignant, en marge de la conférence de presse que tenaient samedi le groupe Lakay Média et le Centre de recherche-action sur les relations raciales.

Pour François Ducas, sa voiture est un signe de fierté, le fruit de son travail. C'est toujours la même routine, dénonce-t-il. Alors qu'il n'a commis aucune infraction, raconte-t-il, on l'interpelle, on lui demande de s'identifier, on lui pose des questions : la voiture lui appartient-elle? Combien l'a-t-il payée? Combien le compteur cumule-t-il de kilomètres?

En 2017, après maintes altercations du genre, il en a eu assez. Je ne voulais pas obéir. Moi, je suis un citoyen honnête. Et je tenais à me faire respecter.

Pis là, c'était des menaces : "Je vous mets en état d'arrestation." Pis là, ils m'ont menotté, ils m'ont fouillé...

M. Ducas a donc fini par porter plainte.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Un changement de culture

La décision de la Commission des droits de la personne lui donne raison, mais l'enseignant souhaite en outre un changement de culture en profondeur.

En plus du dédommagement financier, la commission intime d'ailleurs au Service de police de la Ville de Repentigny (SPVR) d'améliorer la formation de ses agents en ce qui a trait au profilage racial.

Plus tôt cette semaine, la directrice du SPVR, Hélène Dion, disait elle-même vouloir miser sur l'inclusion avec l'aide d'une firme spécialisée, notamment pour augmenter le nombre de policiers noirs dans les rangs du service de police.

La Ville et le SPVR ont refusé de commenter le dossier de M. Ducas étant donné les procédures en cours.

Un cas similaire à Longueuil

Dans une affaire semblable à celle de François Ducas, le Tribunal des droits de la personne a ordonné la semaine dernière à un ancien policier et au Service de police de l'agglomération de Longueuil (SPAL) de payer des dommages moraux et punitifs de 10 000 $ à Joël Debellefeuille.

Ce dernier disait avoir subi du profilage racial lorsqu'il avait été intercepté par la police en allant mener son fils à la garderie en 2012.

Dominic Polidoro, un autre policier impliqué dans cette intervention, sera forcé de débourser une somme additionnelle de 2000 $, selon la décision.

De plus, le SPAL devra dorénavant recueillir et publier des données statistiques documentant ses interventions auprès de personnes racisées.

Avec les informations de Jacaudrey Charbonneau et La Presse canadienne

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