•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un appel pour reconnaître l'internement d'immigrants ukrainiens en 14-18

Photo d'archive d'un camp montrant des files d'hommes à pied et d'autres armés et à cheval.

Le camp d'internement de Monashee, où les internés dormaient dans des tentes et des dortoirs.

Photo : Soumis par Lawrna Myers

Radio-Canada

Des descendants de milliers d’immigrants ukrainiens qui ont été internés dans des camps au Canada pendant la Première Guerre mondiale, notamment en Colombie-Britannique, demandent la reconnaissance de ce pan d’histoire peu connu.

Les contributions du Canada aux efforts alliés pendant la Première Guerre mondiale sont bien documentées, mais la façon dont le pays a emprisonné certains de ses propres habitants pendant le conflit l'est moins.

Le Canada a enregistré plus de 80 000 immigrants ukrainiens et autres immigrants d'Europe de l'Est comme étrangers ennemis pendant la guerre qui a duré de 1914 à 1918. Plus de 8500 ont été envoyés dans des camps d'internement et de travail, tout comme le pays l'a fait avec les Canadiens d'origine japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le plus ancien camp était à Vernon, mais il en avait aussi à Edgewood, Monashee, Fernie et Nanaimo.

Une histoire à rappeler

C'est un élément important de notre histoire canadienne et les gens doivent le savoir, a déclaré Andrea Malysh, qui habite à Vernon et dont l'arrière-grand-père, Wasyl Luchak, a été envoyé dans un camp d'internement au Québec pendant la guerre.

Il faut y remédier pour le bien de toutes nos familles, dit-elle.

M. Luchak a immigré au Canada en 1903 pour cultiver une terre en Alberta. Il est arrivé avec un passeport austro-hongrois, car il venait d'une région d'Ukraine dominée par l'empire austro-hongrois.

Il ne savait pas que, plus tard, son passeport deviendrait son détriment, a déclaré Mme Malysh, qui travaille pour le Fonds canadien de reconnaissance de l'internement durant la Première Guerre mondiale

La guerre éclate

Le 28 juillet 1914, l'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie, déclenchant la Première Guerre mondiale.

Au Canada, les Ukrainiens et d'autres immigrants d'Europe de l'Est liés à l'empire austro-hongrois ont été contraints de se déclarer étrangers ennemis et beaucoup ont été envoyés dans des camps d'internement en vertu de la Loi sur les mesures de guerre.

Plus de 500 personnes ont été envoyées au camp de Vernon, selon l'historien Don McNair, alors qu'il ne devait en recevoir que 80.

De nombreux camps à travers le Canada sont devenus des camps de travail, les prisonniers étant forcés de construire des routes.

Mme Malysh dit qu'une grande partie de cette histoire est inconnue, car les registres officiels d'internement ont été délibérément détruits par le gouvernement fédéral. De plus, de nombreux survivants ont choisi de ne pas parler de leurs expériences, a-t-elle déclaré.

Cette partie de notre histoire est enterrée et a été détruite. C'est très tragique ... elle n'a jamais été inscrite dans nos livres d'histoire.

Andrea Malysh de Vernon

En 2005, Ottawa a adopté la Loi sur l'indemnisation des Canadiens d'origine ukrainienne, qui reconnaissait l'injustice envers les personnes internées pendant la Première Guerre mondiale. Maintenant, les efforts sont concentrés vers une reconnaissance par la province.

Plus tôt cette semaine, Mme Malysh a envoyé une lettre au premier ministre de la Colombie-Britannique, John Horgan, demandant une rencontre pour en discuter. La question est « urgente », selon Mme Malysh, d'autant plus que beaucoup de descendants qui connaissent l'histoire vieillissent et que certains sont morts.

C'est un élément important de notre histoire canadienne et les gens doivent le savoir, a-t-elle déclaré, non seulement pour reconnaître ce qui s'est passé, mais aussi pour rappeler ce qui pourrait être.

Cela pourrait se reproduire. Et soyons clairs, cela ne devrait plus se reproduire, a-t-elle déclaré.

Avec les informations de Joel Ballard.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !