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Déclin du français : l'opposition dénonce l'inaction du gouvernement fédéral

Affichette de bureau qui indique un service dans les deux langues officielles.

Des débats font rage à la Chambre des communes depuis que la députée libérale Emmanuella Lambropoulos a mis en doute le recul de la langue française au Québec.

Photo : Radio-Canada

Laurianne Croteau

Les partis fédéraux d’opposition sont unanimes : le français est en recul au Québec et il est temps d’agir pour le promouvoir et le défendre. Même s’ils ne s’entendent pas sur les moyens pour y parvenir, ils mettent leurs divergences partisanes de côté pour dénoncer « les belles paroles » des libéraux.

Le français, on le vit, on l’a dans les tripes, a affirmé le lieutenant de Justin Trudeau au Québec, Pablo Rodriguez, au micro de l’émission Les faits d’abord samedi, en réponse aux accusations d’opportunisme politique.

Jeudi, la députée libérale Emmanuella Lambropoulos annonçait son intention de quitter le comité permanent des langues officielles après avoir provoqué une tempête à la Chambre des communes pour avoir mis en doute le recul de la langue française au Québec.

Une bonne décision, selon l’ancien whip Pablo Rodriguez, puisqu’elle a manqué de sensibilité et que le débat tournait autour d’elle plutôt que de faire avancer la question du français.

Le député conservateur Alain Rayes abonde dans le même sens, mais dénonce la lourdeur des procédures administratives. Encore faut-il que le bureau du premier ministre et le whip acceptent [sa démission].

L’opposition fait front commun

Dans son discours du Trône prononcé en septembre, le gouvernement fédéral s’est avancé comme il l’a rarement fait dans le passé en reconnaissant l’inégalité qui existe entre les francophones et les anglophones au pays.

Il s’est alors engagé à renforcer la Loi sur les langues officielles du Canada, mais le dépôt du projet de loi, prévu en juin, a été reporté à l’an prochain à cause de la pandémie.

Le Bloc a quant à lui déposé deux projets de loi cet automne pour protéger le français au Québec et au Canada.

Le premier, déposé en septembre et calqué sur une proposition du gouvernement Legault, vise à assujettir les entreprises sous compétence fédérale présentes au Québec à la loi 101. Tous les partis ont appuyé le projet de loi, sauf les libéraux.

C’est le seul parti qui n’est pas capable [d’appuyer le projet de loi], à part pour dire que "c’est important de soutenir le français, d'en faire la promotion et de le protéger". Quand c’est le temps de passer à l'action, ça ne se fait pas.

Le deuxième, déposé jeudi, compte faire de la connaissance du français un critère d'obtention de la citoyenneté canadienne pour les habitants du Québec. Une occasion de voir si l'enjeu concerne également les partis fédéraux, selon le député bloquiste Mario Beaulieu.

Ça fait longtemps qu’on amène des projets de loi pour renforcer le français, donc c’est un test de volonté politique.

Mario Beaulieu, député de La Pointe-de-l'Île

Le NPD a déjà refusé d’appuyer le projet de loi, toutefois, estimant qu’il n’est pas efficace et qu'il est difficilement applicable, selon le député Alexandre Boulerice.

Un test de français, ça pourrait priver du droit de vote des gens qui habitent et qui travaillent chez nous, déplore le néo-démocrate. Et que faire des transferts interprovinciaux?, demande-t-il.

Quelqu’un qui obtient sa citoyenneté en Nouvelle-Écosse ou en Ontario, le jour où il veut venir vivre au Québec, est-ce qu’on va le retracer, l'empêcher de déménager ici et de travailler chez nous?

Le projet de loi est une fausse bonne idée, croit Alexandre Boulerice, une mauvaise solution à un problème qui est réel.

Des solutions sur la table

La solution réside dans la modernisation de la Loi canadienne sur les langues officielles et de la Loi sur la radiodiffusion, qui permettra notamment de bonifier l’offre culturelle francophone au pays, selon Pablo Rodriguez. Il ajoute que le gouvernement fédéral travaille avec le Québec dans les domaines de la francisation et de l’immigration.

Ce sont justement les deux avenues préférées par le NPD. Il faudrait franciser les gens, envoyer les enfants d’immigrants à l’école française et donner des cours de français aux nouveaux arrivants, affirme Alexandre Boulerice.

Mario Beaulieu souligne que 90 % des nouveaux arrivants devraient choisir le français pour que les francophones conservent leur poids démographique. Il estime lui aussi que le renforcement du français passe notamment par l'immigration, en augmentant par exemple la proportion d'immigrants provenant des pays de la francophonie.

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