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La CAQ dirige le Québec tout droit vers l'austérité, clame Québec solidaire

Manon Massé.

Manon Massé, co-porte-parole de QS (archives)

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

La Presse canadienne

Les Québécois renoueront très bientôt avec l'austérité des années libérales si rien n'est fait, croit Québec solidaire (QS).

Le parti a réuni 250 de ses membres ce week-end pour un conseil national virtuel ayant comme thème Qui va payer pour la crise?

En point de presse samedi, la co-porte-parole de QS, Manon Massé, a affirmé que les compressions dans les services publics sont inévitables, si l'on se fie à la mise à jour économique.

La semaine dernière, le ministre des Finances, Eric Girard, a confirmé que le déficit atteindrait cette année 15 milliards de dollars, un sommet historique.

S'ensuivra un déficit anticipé de 8,3 milliards de dollars en 2021-2022, puis de 7 milliards l'année suivante. De 2020 à 2023, cela donne un total de 30 milliards de dollars écrits à l'encre rouge dans le budget du Québec.

Le gouvernement s'est engagé à ne pas augmenter les taxes et les impôts, malgré le contexte difficile causé par la pandémie. Le mini-budget ne comporte aucun accroissement du fardeau fiscal des Québécois.

Ils préfèrent compter sur le fédéral, espérer le retour d'une forte croissance économique; honnêtement, ces deux facteurs-là sont plus ou moins rassurants, a déclaré Mme Massé.

Quand on refuse d'augmenter la colonne des revenus, bien inévitablement, c'est la colonne des dépenses qu'on doit compresser. Ça annonce déjà l'austérité.

Manon Massé, co-porte-parole de Québec solidaire

« Cette nouvelle perspective d'austérité est vraiment tough pour les Québécois », a-t-elle ajouté, disant vouloir discuter ce week-end d'alternatives pour éviter le sacrifice annoncé de la CAQ.

Proposition d'urgence

Samedi, les membres de QS ont adopté une proposition d'urgence afin de répondre à la mise à jour économique du gouvernement Legault.

Le parti veut faire contribuer les grandes corporations, les géants du web, les grands pollueurs et les contribuables les plus fortunés en instaurant :

  • un impôt de pandémie;
  • un impôt sur les grandes fortunes;
  • de nouvelles mesures d'écofiscalité visant les entreprises les plus polluantes.

QS ramène donc en partie une proposition du printemps dernier dont l'objectif était d'imposer les grandes entreprises qui ont vu leurs profits croître durant la crise (Dollarama, Walmart, Metro, etc.).

Si vous avez profité de la crise pendant que tous les citoyens faisaient des sacrifices [...], vous avez la responsabilité de faire votre juste part.

Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de QS

L'impôt sur les grandes fortunes toucherait le patrimoine et non les revenus, a-t-il expliqué. Il ne s'agit pas d'imposer le patrimoine des gens de la classe moyenne qui ont une petite maison unifamiliale.

Il s'agit [...] d'une ponction sur les fortunes des gens qui sont parmi les plus riches de notre société, [...] une proposition qui a été faite [...] par Bernie Sanders et Elizabeth Warren aux États-Unis, a-t-il dit.

Des mesures d'écofiscalité

Au chapitre des mesures d'écofiscalité, M. Nadeau-Dubois a assuré ne pas vouloir d'une taxe carbone mur à mur. Il a dit prôner plutôt une taxation ciblée sur les grands pollueurs industriels.

Le parti de gauche promet de revenir sur ces trois mesures dimanche, avec une annonce détaillée et chiffrée.

La députée de Rouyn-Noranda-Témiscamingue, Émilise Lessard-Therrien, a ajouté lors des débats que l'impôt de pandémie permettrait un juste retour du balancier pour nos petits commerces.

Militer en faveur d'un tel impôt pourrait avoir comme avantage supplémentaire d'attirer à QS des alliés qui sont peut-être moins naturels à l'approche des élections générales de 2022, a-t-elle fait valoir.

Mme Lessard-Therrien a également soutenu la proposition de faire de la lutte à GNL-Québec une priorité, une mobilisation nationale.

Cet hiver, Québec solidaire mettra une fois pour toutes le dernier clou au cercueil du projet GNL-Québec, a même lancé Manon Massé.

Le projet GNL-Québec consiste en la construction d'un gazoduc de 750 km qui transporterait du gaz de l'Ouest depuis l'Ontario jusqu'à une usine de liquéfaction à Saguenay, pour acheminer ensuite le gaz naturel liquéfié vers l'Europe, notamment.

Le pan gazoduc [...] passe dans plusieurs régions et permet de faire des mobilisations vraiment très concrètes sur le terrain, notamment en Abitibi-Témiscamingue et en Mauricie, a affirmé Mme Lessard-Therrien.

Ça peut être vraiment porteur pour toutes nos associations, a-t-elle conclu.

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