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Les ambulanciers perdent des milliers d'heures dans les urgences de Québec

Une ambulance doit attendre en moyenne près d'une heure lors du transfert d'un patient à l'hôpital.

Des ambulances stationnées près de l'hôpital de l'Enfant-Jésus à Québec

Des ambulances stationnées près de l'hôpital de l'Enfant-Jésus à Québec

Photo : Radio-Canada / Guylaine Bussière

Les ambulanciers qui doivent transférer des patients dans les centres hospitaliers de la région de Québec ont passé 56 000 heures à attendre au triage au cours de la dernière année. Des délais pendant lesquels ils ne peuvent répondre à d'autres appels, même urgents.

Selon une compilation de données du CIUSSS de la Capitale-Nationale demandée par Radio-Canada, la durée moyenne d'un transfert d'un patient d'une ambulance vers un hôpital était de 54 à 60 minutes, d'octobre 2019 à septembre 2020.

Les données ont été fournies pour les cinq hôpitaux du CHU de Québec et pour l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ).

À l'hôpital de l'Enfant-Jésus, par exemple, pour les 15 530 transports par ambulance comptabilisés au cours de la période de référence, la moyenne du temps de rétention par admission a été d'une heure.

L'urgence de l'Enfant-Jésus, à Québec

L'urgence de l'Enfant-Jésus est celle où le temps de rétention est le plus long à Québec.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

En comparaison, la cible souhaitée par le CHU de Québec est de moins de 40 minutes, et idéalement de 30 minutes. Au total, les ambulanciers ont donc passé au moins 4 900 heures de trop à attendre à l'urgence de l'Enfant-Jésus.

Pour les cinq hôpitaux du CHU de Québec, et en ajoutant l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec, ce sont plus de 16 300 heures qui ont été perdues sur les 56 000 passées en attente au triage.

Plus concrètement, si ces heures étaient récupérées, elles permettraient la mise en service de près de deux ambulances à temps plein par semaine, 24 heures sur 24, pendant toute une année.

Problème connu

Le CHU de Québec admet que les délais d'attente constituent un problème pour les paramédicaux. Dans chacun de ses hôpitaux, l'objectif est clair : libérer le plus rapidement les ambulances.

La consigne est de faire le triage le plus rapidement et d'attribuer une civière (si requis) afin de libérer les ambulanciers afin qu’ils soient disponibles sur la route pour la population, explique Bryan Gélinas, porte-parole du CHU de Québec.

Nous sommes tout à fait conscients qu'il s'agit d'un enjeu important.

Bryan Gélinas, porte-parole, CHU de Québec

Le CHU de Québec évoque une série de facteurs pouvant influencer le délai avant de pouvoir libérer une ambulance. On cite une arrivée importante de patients qui va au-delà de notre capacité d'accueil par heure, l'arrivée simultanée de plusieurs ambulances et le taux d'occupation des urgences au moment d'une telle affluence.

Pire avec la pandémie

L'année avait relativement bien commencé, peut-on par ailleurs constater en consultant les données. En octobre 2019, par exemple, les temps d'attente oscillaient de 44 à 55 minutes.

Une hausse des temps de transfert s'est ensuite amorcée. Et dès mars 2020, au moment où la COVID-19 débarque au Québec, la moyenne n'a fait qu'augmenter pour culminer en septembre dernier, où la moyenne dépasse l'heure pour les six établissements concernés.

Des ambulanciers en combinaison transportent un malade sur une civière.

La COVID-19 complique le travail des ambulanciers.

Photo : The Canadian Press / Ryan Remiorz

Depuis mars dernier, en raison de la COVID-19, les transferts des patients entre les services préhospitaliers d’urgence et les salles d’urgence prennent davantage de temps, confirme le CIUSSS de la Capitale-Nationale. Des directives et procédures spécifiques ont dû être mises en place.

Même son de cloche au CHU de Québec, où l'on affirme que l'ajout de protocoles [...] à l'arrivée aux urgences en lien avec la COVID a fait augmenter les délais.

Mesures encourageantes

Reste que les problèmes de rétention existaient avant la pandémie et divers moyens ont été mis en place pour y remédier. Depuis décembre 2019, un nouvel outil informatique permet la répartition plus efficace des ambulances en fonction de la capacité des urgences, indique le CIUSSS.

Un projet pilote mis sur pied en avril a aussi montré des résultats encourageants. Une équipe multidisciplinaire (technicien ambulancier paramédic, infirmière, infirmière praticienne spécialisée en soins de première ligne) a la tâche de réorienter certains appels non urgents vers d'autres services que les ambulanciers.

Depuis avril, quelque 600 appels ont ainsi été transférés vers des cliniques médicales, des GMF ou vers la ligne Info-Santé 811.

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