•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le G20 discute monde post-pandémie, allègement de la dette et combat pour le climat

La lutte contre la COVID-19, au coeur des débats, impose une solidarité internationale.

Charles Michel, président du Conseil européen, assis à une table vide devant un écran.

Charles Michel, président du Conseil européen, fait partie des dirigeants du G20 se réunissant virtuellement pour discuter d'une plus grande coordination dans la lutte contre la pandémie.

Photo : pool/afp via getty images / YVES HERMAN

Radio-Canada

Un sommet virtuel pour des défis bien réels, à commencer par une pandémie qui tue en masse et secoue l'économie mondiale : les dirigeants du G20, réunis dans un format virtuel inédit, appellent à la solidarité face à la COVID-19, en particulier pour l'accès aux vaccins.

Nos peuples et nos économies souffrent encore de ce choc, mais nous ferons tout notre possible pour surmonter cette crise grâce à la coopération internationale, a déclaré le roi saoudien Salmane à l'ouverture de cette rencontre de deux jours, par écrans interposés.

Même si le G20 est organisé sous format virtuel, pandémie oblige, c'est la première fois qu'un pays arabe accueille un sommet des représentants des principaux pays riches et émergents.

L'Arabie saoudite, royaume ultraconservateur, voulait profiter de sa présidence du G20 pour se montrer sous son meilleur jour, mais la pandémie a transformé la vitrine attendue en visioconférence sans grand éclat.

Des journalistes saoudiens devant un écran diffusant le G20.

Le centre des médias du G20 à Riyad

Photo : afp via getty images / Fayez Nureldine

Des proches de militants emprisonnés ont exhorté les dirigeants mondiaux à faire pression sur les dirigeants saoudiens pour qu'ils libèrent les prisonniers politiques.

Les investisseurs ne sont pas des journalistes, ils cherchent des pays où ils peuvent faire confiance à un gouvernement efficace, a répliqué samedi Khaled al-Faleh, ministre saoudien de l'Investissement, lors d'un point de presse.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Le G20, qui regroupe notamment les États-Unis, la Chine, le Japon, l'Allemagne, le Royaume-Uni, la France, l'Inde, le Brésil, la Corée du Sud, la Russie, l'Australie, l'Indonésie et l'Arabie saoudite, représente les deux tiers de la population de la planète, 80 % du commerce mondial et plus de 85 % de la richesse produite.

Diplomatie sur écran

La visioconférence entre grands dirigeants n'a pas dérogé au format traditionnel, désormais familier au temps de la distanciation sociale tous azimuts.

Non sans quelques images insolites : le président français, Emmanuel Macron, plaisantant avec un interlocuteur hors champ, son homologue chinois, Xi Jinping, faisant appel à un technicien armé d'une télécommande. Le président américain Donald Trump a quant à lui fait une brève apparition, essentiellement pour évoquer son propre bilan selon deux participants interrogés par l'AFP. Il s'est ensuite rendu à son golf proche de Washington.

La photo officielle du sommet du G20 projetée au Salwa Palace, en Arabie saoudite.

La photo officielle du sommet du G20 projetée au Salwa Palace, en Arabie saoudite

Photo : Reuters / NAEL SHYOUKHI

Accessibilité des vaccins

Plusieurs appels adressés au G20 pour aider notamment l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ont été lancés après la multiplication d'annonces prometteuses pour la commercialisation des vaccins tant attendus.

Serons-nous prêts à garantir l'accès [aux vaccins] à l'échelle planétaire et à éviter à tout prix le scénario d'un monde à deux vitesses, où seuls les plus riches pourraient se protéger du virus? a demandé samedi le président français, Emmanuel Macron, dans une adresse par visioconférence à ses homologues, qu'il a ensuite tweetée.

Le roi Salmane d'Arabie saoudite a également défendu un accès abordable et équitable à ces outils pour tous les peuples.

Nous devons faire preuve de solidarité mondiale.

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne

Dans une lettre, la première ministre norvégienne, Erna Solberg, le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, le directeur de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, ainsi que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ont appelé les pays du G20 à aider à combler un manque de 4,5 milliards de dollars dans le fonds de l'OMS pour distribuer des vaccins, notamment.

Le patron de l'ONU, Antonio Guterres, a affirmé que les vaccins doivent être traités comme un bien public accessible à tous. C'est le seul moyen d'arrêter la pandémie, a-t-il insisté.

Le président chinois, Xi Jinping, a défendu une approche économique : Nous devons réduire les taxes et les barrières douanières et nous pencher sur la libéralisation des échanges d'équipements médicaux essentiels, a-t-il ainsi estimé.

Fonds insuffisants

Depuis sept mois, 10 milliards de dollars ont été investis pour concevoir des vaccins, des diagnostics, des thérapies, a ajouté M. Guterres. Mais il manque 28 milliards, dont 4,2 avant la fin de l'année. Ces fonds sont fondamentaux pour l'industrialisation, l'acheminement et la fourniture des vaccins, et les pays du G20 ont les moyens de financement.

Angela Merkel assise devant le drapeau de l'Allemagne et celui de l'Europe.

La chancelière allemande, Angela Merkel, a réclamé une meilleure coopération internationale afin de faciliter l'accessibilité au futur vaccin contre la COVID-19.

Photo : via reuters / Guido Bergmann

Les pays du G20 ont dépensé plus de 21 milliards pour combattre le coronavirus. Ils ont aussi débloqué quelque 11 000 milliards pour sauver l'économie mondiale, selon les organisateurs.

L'accès à la vaccination doit être possible et abordable pour chaque pays. Les fonds promis jusqu'à présent ne sont pas suffisants pour y parvenir. Je demande donc à tous de soutenir cette initiative importante. Cette aide à court terme est dans notre intérêt, a averti la chancelière Angela Merkel.

Le sommet du G20 cherchera à renforcer la coopération internationale pour soutenir la reprise économique mondiale, a affirmé le ministre saoudien des Finances, Mohammed al-Jadaan.

Y aura-t-il un engagement pour les pays pauvres?

Le sommet du G20 doit d'ailleurs s'attaquer à la dette des pays pauvres, aux prises avec un effondrement de leurs financements extérieurs.

La semaine dernière, les ministres des Finances du groupe ont convenu d'un cadre commun impliquant pour la première fois la Chine et les créanciers privés, afin d'alléger le fardeau de la dette.

Une avancée jugée insuffisante par les ONG et par M. Guterres. Celui-ci a appelé à des mesures plus audacieuses, soutenant qu'un nouvel allègement de la dette sera nécessaire.

Le G20 a adopté en avril un moratoire sur le paiement du service de la dette de six mois, prolongé en octobre jusqu'en juin 2021.

Lueur d'espoir contre le réchauffement climatique

La victoire de Joe Biden à l'élection présidentielle américaine – que Donald Trump conteste toujours – ranime aussi les espoirs d'un effort commun des pays du G20 dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Nous attendons un élan de la part de la nouvelle administration américaine sur cette question, après la déclaration du président désigné selon laquelle les États-Unis adhéreront de nouveau à l'Accord de Paris, a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Conformément aux directives de Donald Trump, les États-Unis, qui figurent parmi les principaux pays émetteurs de gaz à effet de serre (GES) avec la Chine, sont formellement sortis le 4 novembre dernier de l'Accord de Paris sur le climat conclu en 2015 à l'issue de la COP-21, devenant ainsi le seul pays parmi les 197 signataires à s'en être retiré.

Joe Biden a cependant promis des mesures radicales pour rendre l'économie américaine neutre en carbone d'ici 2050 et prévoit notamment réintégrer le cadre de cet accord.

Pour financer la lutte contre le réchauffement climatique, l'Union européenne insistera pour que le G20 adopte des normes mondiales communes sur ce qui constituera un investissement vert.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !