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L’album du peuple – tome XI de François Pérusse, ou la bonne nouvelle de 2020

La pandémie a donné une tape dans le dos à François Pérusse pour sortir un nouvel Album du peuple très attendu.

François Pérusse à la table des invités.

L'humoriste François Pérusse

Photo : Avanti Groupe

Angie Landry

La pandémie n’aura pas changé grand-chose aux habitudes de François Pérusse en matière de création. « Ça fait 30 ans que je suis confiné dans mon studio! », s’exclame-t-il. La pandémie lui a plutôt donné une tape dans le dos et le sentiment de faire œuvre utile, lui permettant de sortir un 11e tome très attendu.

C’est très différent, cette fois. Parce que j’ai l’impression qu’on me l’a demandé, confie l’humoriste.

Pourtant, au printemps dernier, François Pérusse était sollicité de toutes parts, surtout sur ses réseaux sociaux. On lui demandait entre autres de créer de nouvelles saynètes mettant en scène d’anciens personnages, comme si la nostalgie avait quelque chose de réconfortant dans la tourmente.

Comme si les sketches de ses précédents albums mettaient un baume sur l’incertitude du moment, à grands coups de Jean-Charles, de Bob Hartley, ou du gars qui magasine.

Les gens demandaient, et là, je me sentais utile. On fait notre métier, on gagne notre vie. Mais quand on se sent utile, là, c’est une autre paire de manches. Je me suis dit que je servais à quelque chose. J’ai été le premier touché de ça.

Portrait devant un micro de radio.

François Pérusse

Photo : Radio-Canada / Christian Côté

C’était en quelque sorte le sceau d’approbation dont avait besoin celui qui n’avait pas sorti de nouveau chapitre du peuple depuis 5 ans pour retourner à la création.

Une façon de savoir que le public est toujours au rendez-vous, estime l’humoriste; et c'est une façon de compenser la pression qui vient avec l’élaboration de chaque tome.

Ça reste un Album du peuple. Jusqu’à maintenant, et je touche du bois, les albums ont été bien reçus. Ça a un côté très plaisant pour le passé et pour le présent. Mais ça donne beaucoup de pression pour l’avenir. Quand tu en fais un nouveau, tu ne veux pas être en dessous de ça.

Francois Pérusse

Moi, je suis un gars nerveux, un inquiet, ajoute-t-il. Donc malgré toute l’approbation des gens et l’amour qui vient à la suite de la sortie de ces albums, j’ai peur de décevoir. Je travaille bien fort pour faire les suivants, et particulièrement celui-ci.

En règle générale, c’est d’environ un an, même plus, qu'il a normalement besoin pour créer un nouveau tome Cette année, il a dû retrancher quatre mois à ce processus pour être en mesure de sortir sa nouvelle fournée à temps pour les Fêtes, comme la tradition le veut.

Le miroir Pérusse en 2020

Si l’humour de François Pérusse est parfois frondeur (on le réalise après une deuxième ou troisième écoute d’un tome quelconque, tant il y a de niveaux de blagues à la seconde), sa mission est de ne jamais aborder de front un débat ou un enjeu. Pour lui, il est nécessaire de ne jamais rire de l’infortune de quelqu’un.

Je ne ferai jamais de blagues directement en lien avec le racisme, ou directement par rapport au sexisme. Je vais plutôt ridiculiser le sexisme, avec plaisir, pour ceux qui sont arriérés à ce niveau.

François Pérusse

Il ressort ainsi son miroir à la Pérusse en 2020, une année payante quand on est un artiste qui s’abreuve de l’actualité pour créer, surtout en cette ère où l’on remet en question de multiples fondements.

Sur un fond orange, un homme est assis sur le capot d'une voiture.

La pochette de « L’album du peuple – tome XI », de François Pérusse

Photo : Zero Musique

Ça fait 30 ans que je fais des miroirs de ce qu’on est, et j’aime ça. Ce n’est pas un regard que je pose seulement sur les gens, je le pose d’abord sur moi, dit-il, mentionnant au passage que sa naïveté est sans doute son inspiration première.

En fait, François Pérusse ne veut aucunement se targuer d’avoir la meilleure façon de faire en humour. Mais il demeure convaincu que pour rire des choses, il faut savoir se regarder, individuellement et collectivement.

Comment nos travers évoluent-ils?

On ne change pas une formule gagnante, et Pérusse a saisi le principe. C’est un autre album miroir, admet-il.

Mais si la nostalgie a rattrapé ses fans dans les derniers mois, elle a aussi gagné l’humoriste, qui, dans ce nouvel Album du peuple, se permet plusieurs clins d’œil aux années 1970, tant dans les sketches que dans les pièces musicales.

L'homme porte un casque et regarde devant lui.

François Pérusse au micro de Stéphan Bureau

Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Pourquoi cette décennie et pas la dernière année? Pour se comparer un peu, avoue Pérusse.

On commençait à s’apercevoir, dans [les années 1970], que la démographie allait exploser, qu’on était en train de sérieusement polluer la planète avec nos combustibles, il y avait la guerre du Vietnam, la guerre froide, l’affaire Watergate, explique l’artiste.

Il y en avait de la marde dans les années 1970, mais disons que ce n’était pas aussi multiplié qu’aujourd’hui!

François Pérusse

Sur L’album du peuple – tome XI, François Pérusse pointe les travers des médias, du monde politique, des enjeux environnementaux et s'amuse à exposer sa vision personnelle des réseaux sociaux, des influenceurs et des conspirationnistes.

Alors, parce que son public le lui a demandé, le maître des jeux de mots revient. Il nous offre son regard sur l’évolution de la société… ou pas.

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