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Analyse

Québec doit-il améliorer son soutien aux entreprises fermées?

Malheureusement, la hausse des cas dans les dernières semaines va continuer de faire pression sur l’économie, mais la perspective de vaccins efficaces pour 2021 donne quand même de l’espoir.

Une affiche dans une vitrine indique qu'un commerce est fermé.

L'augmentation des cas de COVID-19 des dernières semaines va continuer de faire pression sur l'économie et les entreprises.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Ça va bientôt faire neuf mois que nous devons respecter différentes consignes sanitaires et vivre avec des contraintes de toutes sortes : confinement, fermetures d’activités économiques, distanciation sociale, télétravail et j’en passe.

Les messages de la santé publique au Canada sont clairs : il faut réduire nos contacts sociaux, puisque la situation se détériore. Le nombre de cas quotidiens de COVID-19 pourrait quadrupler d’ici la fin de l’année si les Canadiens ne le font pas.

Sur le plan économique, cette situation a des conséquences franchement préoccupantes. Les commerces qui ont dû fermer leurs portes le 1er octobre dernier devront patienter encore jusqu’en 2021. Québec a annoncé que les salles à manger des restaurants, les bars, les salles de sport, les salles de spectacle, les cinémas, les musées et d’autres activités devront rester fermés au moins jusqu’au 11 janvier.

De plus, la frontière avec les États-Unis demeure elle aussi fermée, au moins jusqu’au 21 décembre 2020. Et l’exigence d'une quarantaine à l’entrée au Canada demeure en vigueur. Les gouvernements demandent toujours aux entreprises de privilégier le télétravail. L’impact, vous le savez, sur les centres-villes, le tourisme, le voyage, l’hébergement et la restauration est tout simplement désastreux.

Selon la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), le tiers des PME perdent de l’argent actuellement. La Fédération affirme que les gouvernements doivent geler les cotisations au Régime de pensions du Canada et au Régime des rentes du Québec. L’organisme est d’avis que la hausse prévue pour 2021 devrait être annulée.

Faut-il en faire plus?

Compte tenu de l’état des choses, il faut encore se demander si les gouvernements, qui décident de suspendre les activités économiques de milliers d’entreprises, en font assez pour aider et soutenir les milliers d’entrepreneurs qui ont dû fermer leurs portes depuis deux mois.

Nous avons appris il y a quelques jours que l’argent promis par le gouvernement Legault pour aider les entreprises ayant dû cesser leurs activités n’est toujours pas disponible.

Au fédéral, c’est facile! Au fédéral, tu fais tes demandes, 10 jours plus tard, maximum deux semaines, l’argent est dans le compte! nous a dit Philippe Desrosiers, propriétaire de la Brasserie Inox à Québec, dans un reportage à Zone économie.

C’est tough en tabarouette de se faire fermer, ajoute l’entrepreneur, qui dit avoir fait une demande d’aide au gouvernement québécois le 6 octobre. Plus de six semaines plus tard, il affirme n’avoir rien reçu. Pendant ce temps-là, on les paie nos taxes municipales, on paie notre Hydro-Québec, on paie notre loyer, on paie toutes nos choses, et l’argent ne rentre pas!

15 000 $, trop peu?

Québec a prévu une aide pour les entreprises qui sont obligées de fermer leurs portes et qui subissent ainsi une chute de revenus. Le soutien vise à les aider à payer leurs frais fixes, soit les taxes, le loyer, les intérêts hypothécaires, les services publics, les assurances, les frais de télécommunications, les permis et les frais d’association, jusqu’à 15 000 $ par mois.

Selon le professeur Robert Dutton de HEC Montréal, et ex-PDG de Rona, ce soutien n’est pas suffisant. Je suis encore désolé que le gouvernement n’ait pas monté sa prime pour les aider, a-t-il dit à Zone économie jeudi soir. Ça va faire trois mois et demi, le 11 janvier, qu’ils sont fermés. Ça fait vraiment mal. Ce n’est pas suffisant, 15 000 $. J’aimerais ça entendre Monsieur Legault et ses représentants [...] trouver un compromis et une solution pour les aider. Parce qu’après la pandémie, on aura besoin d’eux.

Ce soutien est absolument essentiel pour éviter une explosion du nombre de faillites. Pour l’instant, bien que plusieurs entrepreneurs aient décidé de cesser leurs activités, le nombre de faillites et de propositions est plus bas cette année au Canada qu’à la même période l’an passé. Le nombre de faillites a toutefois augmenté du deuxième au troisième trimestre de 2020.

Aux États-Unis, les économistes de la banque JP Morgan prévoient une baisse du PIB de 1 % au premier trimestre de 2021 avant une remontée dans les trimestres suivants avec la vaccination de la population qui va débuter. Au Canada, avec les restrictions qui s’additionnent en Ontario, au Manitoba, en Colombie-Britannique, il faut s’attendre à un lent début d’année.

La situation pourrait être pire sans des restrictions supplémentaires, toutefois. C’est pour cette raison que les autorités de santé publique à Ottawa appellent à la réduction des contacts pour éviter une hausse des cas d’infection d’ici la fin de l’année.

Les premiers vaccins arriveront au début de l'année 2021 et quelque part dans l’année, il y aura une vaccination massive, possiblement l’été prochain, selon le scientifique en chef du Québec, Rémi Quirion, qui était à Zone économie vendredi soir. En attendant, prudence!

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