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Des appels à l’action pour mieux protéger l’eau en Abitibi-Témiscamingue

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La Société de l'eau souterraine Abitibi-Témiscamingue propose 19 mesures pour mieux protéger l'eau.

Photo : Radio-Canada / Trevor A Bothorel

La Société de l'eau souterraine Abitibi-Témiscamingue (SESAT) souhaite trouver un meilleur équilibre entre l'exploitation industrielle de l'eau et sa protection. Elle a publié en ce sens un cadre de gouvernance, contenant 19 appels à l’action, afin de mieux protéger cette importante ressource pour l’Abitibi-Témiscamingue.

Selon le président de la SESAT, Serge Bastien, le cadre de gouvernance répond à une préoccupation bien présente dans la région quant à la protection de l’eau.

L’origine de ça vient de la grande préoccupation que la population en général et l’ensemble des organisations du territoire ont à l’égard de l’eau de surface, c’est bien sûr, mais aussi à l’égard de l’eau souterraine, notamment l’eau souterraine de qualité de nos eskers et moraines, souligne-t-il.

Serge Bastien parle au micro devant des affiches de l'Organisme du bassin versant du Témiscamingue et de la Société de l’eau souterraine Abitibi-Témiscamingue.

Serge Bastien, président de la Société de l’eau souterraine Abitibi-Témiscamingue

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

Pour chacune des propositions, on a déterminé un porteur, ou responsable. Dans certains cas, il s’agit du ministère de l’Environnement, alors que, dans d’autres, les municipalités qui exploitent un réseau d’aqueduc ou des élus spécifiques sont interpellés. Selon M. Bastien, certaines propositions pourraient être plus difficiles à appliquer, notamment lorsqu’il est question de changer ou de créer des lois ou règlements.

Quand on parle de modifications réglementaires, de modifications d’habitudes quant à l’usage des redevances, qui sont utilisées par le gouvernement, de faire des modifications au niveau des règlements sur les mesures d’utilisation d’eau par les industries et les commerces, ce sont des règles qui ne sont pas établies, par loi ou règlement. Donc, ces modifications requièrent beaucoup plus d’énergie et de temps avant de pouvoir les voir appliquées, indique M. Bastien.

En contrepartie, selon le président de la SESAT, plusieurs entreprises sont déjà prêtes à mettre de l’avant certains changements. Il cite l’exemple des entreprises minières, dont plusieurs seraient proactives à l’égard de la protection de l’eau dans leurs activités.

Certaines vont déjà au-delà de ce que le cadre réglementaire peut exiger. Donc, de demander des règles plus coercitives ou plus exigeantes à cet égard-là, ça devrait être plus facile à appliquer par rapport aux citoyens de la région, y compris les citoyens corporatifs, souligne-t-il.

Un meilleur équilibre pour les redevances

Selon le directeur général de la SESAT, Olivier Pitre, il existe trois déséquilibres qui nuisent à l’Abitibi-Témiscamingue dans le système de redevances sur l’eau. Le premier déséquilibre, c’est que le règlement prévoit que ces fonds-là [les fonds tirés des redevances] soient versés au Fonds vert pour la gouvernance de l’eau, et les informations qu’on a compilées par demande d’information semblent indiquer que la majorité de ces revenus-là restent à l’intérieur du ministère, stipule-t-il.

Les deuxième et troisième déséquilibres soulignent pour leur part la forte contribution de la région au système de redevances sur l’eau, et le peu de retours obtenus en échange.

Si on avait un retour régional de ces ressources-là, sur les redevances, il y a beaucoup, beaucoup de choses qu’on pourrait faire ici en région.

Le directeur général de la SESAT, Olivier Pitre

En Abitibi-Témiscamingue, étant donné que les papetières, les minières, la fonderie et les embouteilleurs sont assujettis au régime de redevances, la région va, par personne, contribuer très fortement à ce régime de redevances là, plus que beaucoup d’autres régions. On se rend compte que, finalement, il n’y a pas de retour en région de ces revenus-là qui sont générés par les entreprises et les commerces de la région, ajoute Olivier Pitre.

Serge Bastien et Olivier Pitre debout de chaque côté d'une pancarte de la SESAT.

Serge Bastien, président de la Société de l’eau souterraine Abitibi-Témiscamingue et Olivier Pitre, directeur

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

Au sein du cadre de gouvernance, des propositions sont également faites dans le but de mieux encadrer les prélèvements d’eau des grands consommateurs et de prévoir une taxation proportionnelle aux débits de consommation. L’installation de compteurs d’eau pour toutes les industries approvisionnées par aqueduc fait donc partie des appels à l’action.

Au niveau de l'eau potable, la région a un retard sur la connaissance de ses débits sectoriels de consommation. Dans un premier temps, il y a une acquisition de connaissances à faire. Et puis, tant qu’on n’a pas de débit établi par des compteurs d’eau, ça reste des impressions et des opinions. Dans un deuxième temps, quand on aura ça, et seulement quand on aura ça, on pourra faire une mise à jour du cadre de taxation et des règlements de tarification de l’eau potable municipale. Parce qu’en ce moment, ça va vraiment dans tous les sens en région, note M. Pitre.

Un ralliement régional autour des propositions

Au cours de la prochaine année, la SESAT compte entreprendre une campagne d’adhésion régionale. L’organisation souhaite récolter une douzaine d’adhésions parmi des institutions variées de la région.

On ne cherche pas des appuis qui viennent tous du même secteur. J’aimerais bien dans un an avoir un réseau d’appuis de municipalités, avec un réseau d'aqueduc, d’entreprises, de MRC et de Premières Nations. Plus il y aura d’appuis à ce cadre-là, plus il y aura des bénéfices, pour un porteur de ballon, à se saisir des propositions d’action qu’on a mises de l’avant, estime M. Pitre.

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