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La Première Nation de Neskantaga pourrait bientôt ravoir l'eau potable du robinet

Un avis d'ébullition est en vigueur dans la communauté depuis 25 ans. Aucun avis de ce type n'a été diffusé aussi longtemps au Canada.

Tests d'eau.

La majorité des membres de la Première Nation de Neskantaga a été évacuée et se trouve présentement à Thunder Bay. La découverte d'une écume huileuse dans l'eau avait forcé la fermeture du système d'aqueduc en octobre. (archives)

Photo : Facebook/Matawa First Nations

« Le décompte est lancé », affirme le ministre des Services aux Autochtones Marc Miller en conférence de presse vendredi. La nouvelle usine de traitement des eaux de la Première Nation de Neskantaga, qui se fait attendre depuis 2018, est en voie d’être opérationnelle.

Selon le ministre, celle-ci a été mise en marche il y a quelques jours. L’eau de l’ancien système a ainsi été évacuée. Et depuis jeudi ou vendredi, selon M. Miller, les équipes ont débuté une période de tests de 14 jours.

M. Miller n’a toutefois pas confirmé si l’avis d’ébullition d’eau, qui est en vigueur depuis plus de 25 ans dans la Première Nation du Nord-Ouest de l’Ontario, pourra alors être levé. Il a affirmé par le passé que l'eau potable du robinet devrait être disponible d'ici la fin de l'année.

À l’heure actuelle, la majorité des membres de la Première Nation de Neskantaga a été évacuée et se trouve à Thunder Bay depuis un mois en raison de la découverte d’une écume huileuse dans son eau. Cela avait forcé la communauté à couper l'eau courante.

Selon M. Miller, la date de retour sur leur territoire dépendra de la décision du chef Chris Moonias. On doit d’abord s’assurer que la communauté est bien représentée lors des tests et lors de l’ouverture du nouveau centre de traitement des eaux , dit-il. Ça doit être un processus transparent.

La confiance est si mince. [...] Considérant les difficultés de la communauté avec leur ancien centre de traitement des eaux pendant 25 ans, je comprends son scepticisme.

Marc Miller, ministre des Services aux Autochtones
Marc Miller en conférence de presse devant plusieurs drapeaux du Canada.

Le ministre des Services aux Autochtones du Canada, Marc Miller. (archive)

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Le chef Chris Moonias n’a pas donné suite à la demande d’entrevue de Radio-Canada. Il a toutefois répété à maintes reprises que la communauté ne reviendra pas sur son territoire avant d'être assurée d’avoir accès à l’eau potable.

Un hôtel complet réservé pour la communauté à Thunder Bay

À la demande du chef Chris Moonias, les membres de la Première Nation de Neskantaga seront bientôt les seuls locataires d’un hôtel de Thunder Bay.

Il espère ainsi mettre sa communauté à l’abri de la pandémie avant son retour sur ses terres, alors que la région connaît une croissance marquée des cas de COVID-19.

Services aux Autochtones Canada, qui assure les frais de l’évacuation de la communauté, confirme par courriel soutenir la décision du chef dans le but de protéger les membres de la communauté du risque de contagion de la COVID-19 .

La région de Thunder Bay, qui compte un peu moins de 150 000 habitants, a enregistré 59 nouveaux cas de COVID-19 entre le 14  et le 20 novembre.

Enquête sur les avis d'ébullition à long terme

Le ministre Miller prévoit lancer une enquête conjointe avec la Première Nation de Neskantaga sur les pratiques commerciales des entrepreneurs, des gestionnaires de projets et des sociétés d'ingénierie avec laquelle le gouvernement fait affaire pour mettre un terme aux avis d’ébullition d’eau dans les Premières Nations.

En février dernier, selon les données du ministère des Affaires autochtones, il restait 61 communautés autochtones toujours aux prises avec un avis d’ébullition de l’eau d’une durée de plus de 9 mois sur son territoire.

L'enquête devrait débuter le 6 décembre et se terminer le 25 février 2022. Une autre étude spécifiquement sur le cas de Neskantaga devrait être conclue en mars 2021.

Le chef de la Première Nation de Neskantaga, Chris Moonias.

Le chef de la Première Nation de Neskantaga, Chris Moonias.

Photo : Facebook

Faux départ

Le projet a toutefois débuté dans la mésentente. Une fonctionnaire a fait parvenir jeudi un courriel à M. Moonias indiquant que les termes de l’enquête seraient bientôt finalisés et qu’une firme de consultant externe avait été choisie.

Or, la démarche allait à l’encontre de l’engagement de Marc Miller envers Chris Moonias, qui promettait que ces étapes allaient être réalisées en concertation avec le chef. De plus, la firme choisie par le gouvernement avait supervisé pendant 16 ans les finances de la Première Nation, ce qui a offensé Chris Moonias.

Jeudi soir, Marc Miller a écrit au chef pour lui réitérer son engagement à travailler avec lui. Plusieurs sources ont confirmé à CBC (Nouvelle fenêtre) que le ministre n’était pas au courant du courriel de la fonctionnaire.

En conférence de presse vendredi, il a réitéré que les termes de l’enquête seront élaborés conjointement et qu'une nouvelle firme de consultant sera choisie avec l’appui de la communauté.

Avec les informations de CBC News

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